(BFM Bourse) - L’indice parisien cède du terrain à la mi-séance de ce lundi 22 juin, lesté par l'absence de réelle avancée pour parvenir à un accord de paix entre Téhéran et Washington.
La Bourse de Paris débute la semaine du mauvais pied. Le CAC 40 abandonne 0,7% à la mi-séance de ce lundi 22 juin, à 8.359,56 points.
Le marché parisien est lesté par l'absence de percées claires dans les négociations entre l'Iran et les États-Unis pour parvenir à une paix durable au Moyen-Orient.
"Les deux parties ont annoncé des progrès et défini une feuille de route vers un éventuel accord, les revirements des dernières heures rappellent qu’aucune percée diplomatique n’est encore acquise, ce qui entretient une forte incertitude sur l’évolution des tensions au Moyen-Orient", note John Plassard, de Cité Gestion.
"Dans ce contexte, les marchés oscillent entre l’espoir d’une désescalade durable, favorable au pétrole et à l’inflation, et la crainte qu’un nouvel incident ne ravive rapidement l’aversion au risque", ajoute-t-il.
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Pas une grande révolution
Les investisseurs doivent surtout composer avec l'annonce en fin de matinée de la démission du Premier ministre britannique travailliste, Keir Starmer, devenu très impopulaire, y compris au sein de son propre parti.
Sa position avait été grandement fragilisée après l'élection de son plus important rival interne au sein du Labour (socialiste), Andy Burnham, au Parlement, une condition sine qua non pour prendre la direction du parti puis du gouvernement britannique.
Burnham a d'ailleurs déjà confirmé qu'il se portait candidat au poste de Premier ministre.
Reste que la révolution de palais du côté de Downing Street ne fait guère de vagues du côté des marchés. Le FTSE 100, l'indice principal de la Bourse de Londres prend 0,2%, la livre est quasi stable face au dollar (+0,05%) et le rendement de l'obligation britannique à 10 ans recule un peu, de 0,03 point de pourcentage.
Comme le souligne la banque japonaise Nomura, Burnham a récemment changé son fusil d'épaule en matière de politique économique, pour tenir une ligne plus orthodoxe.
"Au cours de l’année écoulée, il est passé d’une position selon laquelle les responsables politiques étaient à la merci des marchés à celle où il affirme qu’il respecterait les règles budgétaires", écrit l'établissement.
"Pour rassurer les marchés, il s’appuie notamment sur les conseils de personnalités réputées pour leur fiabilité : l’ancien président de l’OBR (un organe indépendant chargé de la surveillance du budget, NDLR), Richard Hughes, l’ancien économiste en chef de la Banque d’Angleterre, Andy Haldane, et l’ancien secrétaire commercial au Trésor, Jim O’Neill. Il est essentiel d’éviter un 'moment Truss'", poursuit Nomura.
Carrefour se reprend, Hermès souffre
"Nous nous attendons à ce que tout impact négatif initial lié au changement politique reste modeste", explique pour sa part Lee Hardman, de MUFG, cité par l'AFP et qui relève notamment qu'Andy Burnham "s'est engagé à respecter les règles budgétaires du gouvernement", calmant les inquiétudes des marchés sur un potentiel virage politique coûteux et financé par l'emprunt.
"Un ministre des Finances moins dépensier serait un atout bienvenu au sein du gouvernement britannique. Les 'vigilante bonds' (les 'justiciers de la dette', des investisseurs susceptibles de sanctionner le moindre écart sur les finances publiques, NDLR) rôdent, comme Andy Burnham ne manquera pas de le constater", note de son côté Kathleen Brooks de XTB Research.
Du côté des valeurs, Carrefour reprend 2,38%, soutenu par Morgan Stanley qui a repris le suivi du titre à "surpondérer", équivalent d'acheter. A contrario, Hermès recule de 4% pénalisé par plusieurs notes "preview" des résultats du premier semestre avec une tonalité négative.
Hors CAC 40, Pierre & Vacances prend 5,1% après avoir annoncé faire l'objet d'une OPA de la part d'un fonds émirati. 2Crsi chute encore de 20% après avoir pourtant livré une réponse point par point aux attaques du vendeur à découvert Grizzly Research.
Sur les autres marchés, l'euro cède 0,17% face au dollar à 1,1452 dollar. Le pétrole recule. Le contrat d'août sur le Brent de mer du Nord cède 2,15% à 78,33 dollars le baril tandis que celui de même échéance sur le WTI coté à New York abandonne 1,23% à 74,95 dollars le baril.
