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Pour gagner en Bourse, faut-il choisir des actions en fonction d'un ticker amusant ?

samedi 12 octobre 2019 à 12h00
Les actions au ticker évocateur surperforment dans la durée

(BFM Bourse) - Egalement appelé "code mnémo", le "ticker" permet de désigner une action par quelques lettres seulement (AI pour Air Liquide, GLE pour Société Générale, VIV pour Vivendi etc.). De façon surprenante, miser spécifiquement sur les actions dont le ticker retient l'attention se révèle une stratégie rentable sur la durée.

De l'importance de choisir avec soin le code mnémonique de sa société en Bourse... Les tickers ont été imaginés aux Etats-Unis aux débuts de Wall Street, lorsque le télégraphe inaugurait l'ère des télécommunications. Pour transmettre plus vite les cours aux agences de presse et aux institutionnels, on attribua à chaque action un code unique de quelques lettres (une à trois sur le NYSE, quatre à cinq sur le Nasdaq) permettant de ne pas avoir à écrire l'intégralité du nom. D'autant que l'époque était plutôt aux appellations à rallonge : voir par exemple la liste des 12 premiers titres du Dow Jones. Depuis, l'habitude s'est répandue à l'ensemble des marchés et les boursicoteurs au fil des générations ont pris l'habitude de désigner les actions par leur ticker.

Les entreprises optent généralement pour le code le plus évident qui soit: GE pour General Electric, F pour Ford, MCD pour McDonal's, NKE pour Nike, UTX pour United Technologies... Mais certaines choisissent des tickers évoquant plus concrètement leur activité ou leurs ambitions, qui puisse se lire comme un mot. Le loueur automobile Avis Budget s'appelle ainsi "CAR" et la banque Meta Financial "CASH". "PZZA" désigne Papa John's, le numéro 3 de la pizza aux USA. Un fabricant de matériels pour les infrastructures internet, Boingo Wireless, a jeté son dévolu sur "WIFI". Un pétrolier, positionné sur la pétrole de schiste, dénommé Mammoth Energy a retenu "TUSK", en anglais défense. Olympic Steel se présente comme ZEUS. Etc.

Et de façon étonnante une équipe d'économistes de l'université Ponoma, en Californie, vient de démontrer qu'un portefeuille composé d'actions avec ce type de code mnémonique tend à surperformer le marché dans la durée.

Les chercheurs en l'occurrence se sont appliqués a vérifier les résultats d'une étude réalisée il y a dix ans au sein de la même institution sous l'égide du professeur Gary Smith. Il avait alors été mis en évidence qu'un portefeuille composé seulement d'actions dont le code attirait l'attention, souvent formant un mot, sur la période de 1984 à 2005 aurait rapporté en moyenne 23,5% l'an, contre 12% pour un portefeuille représentant la totalité du NYSE et du Nasdaq.

Un début d'explication pourrait être que les tickers qui se distinguent du lot via une sonorité amusante ou en permettant une association d'idée amusante facilitent le processus de mémorisation, et amènent les investisseurs à s'intéresser aux titres en question plus souvent que la moyenne. De fait, il semble plus facile de se rappeler de CHIC pour un fabricant de prêt-à-porter appelé Charotte Russe Holding ou de WOOF pour un groupe de cliniques vétérinaires, VCA Antech, au lieu de VCAA ou VCAN.

Derechef, une équipe de doctorants de Ponoma a donc réédité l'expérience sur la période 2006 à 2018. Les résultats ont été relatés dans la dernière édition de la Quarterly Review of Economics and Finance. Et cette fois encore, un portefeuille de 82 actions désignées par un ticker sortant du lot -BABY, GEEK, COW, BEER ou encore VINO- s'est montré plus performant que les indices.

Sur le marché parisien, cette stratégie apparaît toutefois entièrement vaine, les émetteurs tricolores manquant cruellement d'imagination en la matière.

Un bref examen des "tickers" du CAC all-shares ne laisse apparaître que de très rares exemples. Citons ainsi NK pour Imerys, qui évoque phonétiquement le métal nickel (plutôt que son symbole dans la table périodique des éléments, Ni) dont le groupe Imétal (Peñarroya), à l'origine de la société actuelle, était un important producteur. Dans un autre domaine, le leader européen du marché volailler LDC a opté pour LOUP, qui peut se lire comme une contraction de LOUé et Poulet - mais POUL aurait sans doute été encore plus parlant.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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