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Pourquoi vous pouvez gagner gros en Bourse en lisant les petites lignes des rapports

samedi 29 juin 2019 à 08h00
Les rapports financiers contiennent de précieuses informations

(BFM Bourse) - Les rapports financiers périodiques publiées par les entreprises révèlent des informations précieuses sur l'avenir des sociétés cotées. L'évolution, même discrète, des éléments de langage d'un rapport à l'autre se révèle une mine à exploiter pour orienter ses investissements.

A l'instar des astérisques dans les contrats, les investisseurs ont tout intérêt à lire très attentivement les petites lignes des rapports annuels des sociétés cotées. Et en particulier de regarder les changements de ton ou de vocabulaire employé. D'après une étude menée par trois chercheurs américains, et repérée par Les Echos, les mauvais résultats se dissimulent en effet souvent dans les rapports plusieurs mois avant leur annonce officielle.

Les chercheurs en question, Lauren Cohen (Harvard), Christopher Malloy (Harvard) et Quoc Nguyen (Université de l'Illinois à Chicago), ont épluché 20 ans de rapports trimestriels et annuels (sur la période 1995-2014) pour toutes les entreprises cotées des Etats-Unis. À l'aide d'un logiciel qui a analysé tous les textes (les formulaires 10-K et 10-Q déposés à la SEC, le gendarme boursier), ils ont pu isoler deux groupes différents de sociétés cotées : celles dont les rapports ne changent pas ou très peu sur le long terme et celles dont le contenu des rapports change régulièrement. Or, durant une certaine période suivant la publication, le premier groupe fait mieux en Bourse que le second. En composant un portefeuille vendant à découvert les actions de ces derniers (les "changers") et achetant les titres du premier groupe (les "non-changers"), un investisseur peut dégager un rendement "anormal" annualisé de 4 à 7% dans l'année qui suit le dépôt des rapports financiers. Cette anomalie n'est en outre pas liée à la taille de l'entreprise ni à son secteur d'activité.

Selon cette étude, les changements parfois subtils dans le vocabulaire employé donnent des indices précieux aux investisseurs sur l'avenir de l'entreprise. Des informations qui finiront ensuite par être progressivement intégrées par les marchés et donc dans les prix des actions. Mais dans l'intervalle, un investisseur peut en tirer profit. Les chercheurs suggèrent que cette "faille" (ou inefficience du marché) est possible car les investisseurs ne reconnaissent pas les informations que révèlent de petits changements dans les rapports financiers.

La section "risk factors" à regarder de près

Si des changements dans la partie "management's discussion" (analyse par les dirigeants de la performance de l'entreprise) du rapport permettent de prédire déjà assez bien ce qui va arriver, les changements qui interviennent dans la rubrique "risk factors" (facteurs de risque) sont encore plus significatifs. Parmi les autres changements à regarder de près : ceux qui concernent les propos rapportés des CEO et CFO, ceux qui ont trait à des contentieux ou des procédures judiciaires, ou encore la répétition de certains mots lourds de sens. Dans 86% des cas, les changements traduisent un sentiment négatif sur un sujet. Inversement, dans 14% des cas, ces changements portent sur un sentiment plus positif, ce qui permet là aussi de prédire de façon significative les bonnes nouvelles à venir, notent les auteurs. "Nous montrons que des changements dans le formulaire 10-K prédisent les revenus futurs, la rentabilité, les futures annonces, et même les futures faillites", assurent les chercheurs.

En résumé, les sociétés qui ne changent pas leur communication financière tous les quatre matins affichent de meilleures performances que les autres. Serait-ce le signe que ces entreprises disposent d'une stratégie claire, avec un management stable et un business model éprouvé ? A contrario, les changements intempestifs de business model ou de dirigeants se traduisent naturellement dans la communication de l'entreprise et donc dans ses rapports financiers.

Quoi qu'il en soit, au-delà de cette question, les chercheurs soulignent l'augmentation substantielle des informations disponibles dans les rapports financiers. D'ailleurs, ces rapports sont six fois plus épais aujourd'hui qu'en 1995. Encore faut-il savoir où chercher l'aiguille dans cette meule de foin toujours plus grande.

Jean-Louis Dell'Oro - ©2022 BFM Bourse
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