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Pierre Schang : "La décote d'Atari devrait se résorber"

Pierre Schang, Amilton Assez ManagementPierre Schang, Amilton Assez Management

(Tradingsat.com) - Pierre Schang est analyste et co-gérant du fonds Amilton Premium investi sur les actions européennes de petites et moyennes capitalisations. Il nous donne son éclairage sur le marché et livre ses idées d’investissement.

Tradingsat.com : Quel est votre sentiment après le dernier statuquo de la Banque centrale américaine sur ses taux ?

Pierre Schang : La décision était attendue. Etant donné les statistiques macroéconomiques mitigées des derniers mois, la Fed avait préparé le marché à une action en fin d’année plutôt qu’en septembre. Pour autant, le discours de Janet Yellen confirme que nous sommes entrés dans une phase de rétablissement graduel de la situation monétaire aux Etats-Unis. La perspective d’une hausse de taux en décembre se renforce. Sur le plan sectoriel, l’immobilier, les banques, et les métiers à cash-flow récurrents comme les télécoms ou les utilities vont donc continuer à sous-performer sur les prochains trimestres. L’immobilier affiche d’ailleurs la plus mauvaise performance du DJ Stoxx 600 sur le mois écoulé, signe que le marché a bien le sentiment que le point bas sur les taux a été touché.

Tradingsat.com : Comment gérez-vous la situation au sein du fonds Amilton Premium ?

Pierre Schang : Nous sommes sous-pondérés sur ce secteur depuis plusieurs semaines déjà et ne détenons plus que très peu d’utilities et de télécoms. Nous apprécions toujours énormément le thème de la digitalisation de l’économie qui représente un peu plus de 15% de l’encours d’Amilton Premium avec des valeurs comme Econocom, Infotel, Visiativ, High Co, Groupe Open…. Le secteur connaît une forte croissance depuis dix ans et devrait maintenant aussi bénéficier d’une remontée des marges. Nous misons également sur la thématique du vieillissement, notamment les maisons de retraite avec Le Noble Age, qui vient encore de publier de très bons résultats. Les valeurs industrielles occupent également une forte place… Nous avons une approche « top down », qui part de l'analyse de l'environnement macroéconomique pour trouver ensuite les valeurs qui expriment le mieux nos convictions. Nous faisons aussi beaucoup de stock picking.

Tradingsat.com : Quelles sont les premières positions du fonds ?

Pierre Schang : La première est le constructeur ferroviaire espagnol CAF. Sa valorisation est très attractive, le carnet de commandes est historiquement élevé, et de grosses commandes pourraient arriver cet automne, notamment une commande de la RENFE, les chemins de fers espagnols, un contrat de plus de 2 milliards d’euros pour des trains à grande vitesse. Il y aura aussi un appel d’offres de 3 milliards d’euros de la RATP d’ici la fin de l’année pour lequel CAF est également positionné. La deuxième position du fonds est le spécialiste des centres d’appel externalisés Teleperformance. La troisième est Groupe Open.

Tradingsat.com : Quelles sont vos idées de stock picking du moment ?

Pierre Schang : Nous croyons beaucoup en Atari, ex star des jeux-vidéos des années 80/90, qui a connu une descente aux enfers jusqu’à frôler la faillite. Heureusement, l’arrivée en 2013 à sa tête de Frédéric Chesnais - un ancien d’Infogrames - a permis de remettre l’entreprise en ordre de marche en débarrassant le groupe de toutes ses dettes. Le désendettement a été achevé cette année. Au dernier exercice, le chiffre d’affaires était de 12,6 millions d’euros et le résultat opérationnel positif. Atari c’est aujourd’hui un portefeuille de 200 jeux des années 90 et une licence phare, « Rollercoaster Tycoon ». Le modèle économique a été redéfini pour générer des revenus récurrents sans brûler de cash, le risque est donc extrêmement limité. Pour sa croissance, le groupe va bénéficier de plusieurs leviers : le lancement à venir de la quatrième édition de « Rollercoaster Tycoon », les casinos en ligne et la signature possible de licences pour des émissions de télévision basées sur des jeux… Selon les dires du management, des discussions pourraient déboucher sur une signature d’ici la fin de l’année.

Tradingsat.com : Quel est le potentiel d’Atari ?

Pierre Schang : On peut espérer 20 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice en cours et un potentiel de 50 millions d’euros d’ici trois à quatre ans, pour un résultat opérationnel de 10 à 15 millions d’euros. Dans ces conditions, Atari pourrait atteindre 150 à 200 millions d’euros de capitalisation en Bourse. D’autant que les années difficiles de l’entreprise ont généré des reports déficitaires de 750 millions d’euros, qui représentent 250 millions d’euros d’économies d’impôts ! Ce qui signifie qu’Atari ne paiera pas d’impôt dans un futur prévisible. Le dossier offre donc de nombreux catalyseurs, non reflétés dans le cours de Bourse. Le titre souffre en effet d’une « décote de faciès », héritée de l’histoire difficile de l’entreprise. Mais cette décote va se résorber à mon avis au cours des 12 à 18 prochains mois, ou du moins fortement diminuer, ce qui pourrait occasionner un doublement du cours. Un coup de pouce pourrait venir de la reprise du suivi du titre par un analyste ou d’un éventuel regroupement d’actions.

Tradingsat.com : Quel(s) autre(s) dossier(s) vous intéresse(ent) ?

Pierre Schang : Il y a notamment la société de travail temporaire DLSI, présente en France mais aussi en Suisse pour environ 25% de son chiffre d’affaires. La hausse du franc suisse a fortement pénalisé l’activité sur la première moitié de l’année, mais le second semestre de cette année devrait voir un rattrapage comme l’a suggéré la direction à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires semestriel. Dans le même temps, la France devrait continuer à afficher une croissance à deux chiffres notamment soutenue par la reprise de la construction en Ile de France. Ces éléments plaident pour un pour un très beau momentum sur les prochains trimestres, les marges en Suisse étant plus élevées qu’en France. Le tout combiné avec une valorisation ridicule d’à peine 3 fois le résultat opérationnel 2017. L’action peut logiquement valoir 22 euros d’ici la publication des résultats annuels en début d’année prochaine soit un potentiel d’appréciation de +20%.

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