(Zonebourse.com) - Le premier succès orbital commercial européen constitue une étape importante pour l'industrie spatiale du Vieux Continent, estime Berenberg. Le courtier tempère toutefois l'enthousiasme : la montée en cadence des nouveaux lanceurs européens prendra plusieurs années et ne permettra pas, à court terme, de répondre à l'ensemble des besoins. Parmi les valeurs suivies, Berenberg recommande notamment OHB et Rocket Lab à l'achat, tandis qu'il reste neutre sur Avio.
Coup de tonnerre dans le ciel européen : après un premier échec en mars 2025, la start-up allemande Isar Aerospace a réussi ce week-end à placer des satellites en orbite lors de la mission "Onward and Upward", une première pour un nouvel acteur commercial européen du lancement spatial. Le décollage a eu lieu depuis son complexe de lancement dédié à Andøya Space, en Norvège.
Chez AlphaValue, on estime que ce lancement apporte une concurrence indispensable à Arianespace/ArianeGroup (coentreprise détenue à parts égales par Safran et Airbus), qui n'a réagi que lentement à la concurrence de SpaceX.
Ce matin, les analystes de Berenberg reviennent sur cette opération qui permet à Isar de franchir une étape déterminante dans le cadre de l'European Launcher Challenge : le contrat de 197,8 millions d'euros signé fin août était en effet conditionné à l'atteinte de l'orbite avant fin 2027. Cette condition est désormais remplie.
Néanmoins, Berenberg souligne l'ampleur du chemin qui reste à parcourir. En 2025, seulement 11 des 164 charges utiles européennes (soit 7%) ont été lancées par les lanceurs européens Ariane 6 ou Vega C. Et depuis le début de l'année, cette proportion est même tombée à... une charge utile sur 119 ! Dans le même temps, Falcon 9, le lanceur développé et exploité par SpaceX, a vu sa part passer de 1% en 2020 à 81% en 2025 et 94% depuis le début de l'année.
Ariane 6 et Falcon 9 gardent la main sur les charges lourdes
Le programme européen Launcher Challenge représente 902 millions d'euros d'engagements, dont 543,6 millions déjà contractualisés avec Isar Aerospace, Rocket Factory Augsburg et PLD Space. Mais les capacités de ces nouveaux acteurs restent principalement concentrées sur les charges inférieures à une tonne.
Or, Berenberg estime qu'environ 70% de la masse annuelle des charges utiles européennes concerne des satellites de plus d'une tonne, trop lourds pour les lanceurs du programme. Ceux-ci continueront donc à dépendre d'Ariane 6 ou de Falcon 9.
La montée en puissance prendra également du temps. Electron, de Rocket Lab, a mis six ans après son premier succès orbital pour atteindre une cadence annuelle à deux chiffres, rappellent les analystes.
Les opérateurs américains bien installés
Berenberg juge ainsi réaliste que les nouveaux lanceurs européens n'effectuent avant 2028 qu'un nombre de vols annuel à un chiffre. Dans ces conditions, le courtier estime que des opérateurs américains implantant leurs capacités en Europe constituent les solutions les plus pragmatiques à court terme.
Cette analyse conforte notamment l'intérêt du broker pour Rocket Lab, qui a créé en août Rocket Lab Germany afin de proposer ses lanceurs Electron et Neutron aux programmes souverains européens. Berenberg recommande le titre à l'achat, avec un objectif de 83 dollars.
Le courtier affiche également une recommandation "acheter" sur OHB, avec une cible de 358 euros, ainsi que sur AST SpaceMobile (92 dollars), HawkEye 360 (24 dollars) et Planet Labs (25 dollars). En revanche, Berenberg reste à "conserver" sur Avio, avec un objectif de cours de 33 euros.
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