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Quand les faux comptes certifiés sur Twitter font vaciller les géants de Wall Street

lundi 14 novembre 2022 à 15h28
Elon Musk peine à stabiliser Twitter

(BFM Bourse) - Un faux compte Eli Lilly a posté un message Twitter qui a été suivi de la chute du cours du groupe pharmaceutique. De son côté, Lockheed Martin, a dû faire face à un imposteur clamant que la société de Défense allait suspendre ses ventes d’armes dans plusieurs pays. Tout ceci en raison du fameux badge bleu payant que le réseau social a d’ailleurs suspendu.

Les tergiversations – pour ne pas dire le chaos – du nouveau Twitter, occasionnent des dommages collatéraux sur les grands groupes cotés.

Depuis le rachat pour 44 milliards de dollars du réseau social par le fondateur de Tesla et Space X, l’entreprise enchaîne les déconvenues et les utilisateurs essuient les plâtres. Au coeur de la cacophonie ambiante se trouve le système d’authentification. Pour monétiser son audience, le groupe américain a introduit un système payant de badge bleu, Twitter Blue, qui permet à quiconque d’obtenir une certification officielle en échange d’un abonnement de 8 dollars par mois. Cette idée repose sur le principe que la certification bleue de Twitter est devenue de plus en plus recherchée pour des raisons de notoriété voire davantage que pour des motifs de sécurité.

Ce badge bleu a engendré une multiplication de faux comptes se faisant passer pour des célébrités ou des entreprises. Face au torrent de désinformation, Twitter n’a eu d’autres choix que de suspendre ce système de tarification.

"LockheedMartini"

Mais en Bourse le mal a, a priori, déjà été fait. A plusieurs reprises. Comme le souligne CNBC, le groupe de défense Lockheed Martin a dû faire face à un faux compte qui avait reproduit le logo de la société et bénéficiait du badge bleu. Cet usurpateur avec pour nom de compte @LockheedMartini - notez bien le "i"- avait annoncé que l’entreprise suspendait ses ventes d'armes à l’Arabie saoudite, à Israël et aux Etats-Unis dans l’attente d’un examen du bilan de ces pays en matière de violation des droits de l’homme.

A la suite de la publication de cette "fake news", le titre a perdu plus de 5%. Certes, la baisse de l’action de Lockheed Martin est survenue lors d'une séance au cours de laquelle l’ensemble des titres du secteur de la Défense ont pâti de rotation d’actifs vers des valeurs plus risquées. Mais le faux tweet a également pu peser sur la tendance.

Le groupe pharmaceutique Eli Lilly s’est également retrouvé piégé. Un faux compte certifié @EliLillyandCo a posté un message assurant que l’insuline du groupe était désormais gratuite, ce qui a été suivi vendredi d’une chute de l’action allant jusqu’à 6% (avec une clôture en baisse de 4,4%). Ce malgré le démenti sur Twitter de l’entreprise, qui s’est d’ailleurs excusée.

Les annonceurs désertent Twitter

Là encore, si l’ensemble des groupes de santé ont reculé vendredi – Sanofi et Ipsen à Paris ont perdu 5% et 4% respectivement à Paris – la fausse information a pu accélérer le mouvement.

D’autant que cette péripétie a eu pour répercussion de remettre sur les feux des projecteurs les prix élevés de l’insuline aux Etats-Unis, de 1.000 dollars par mois pour les Américains sans assurance-maladie, selon Forbes.

Le sénateur démocrate Bernie Sanders s’est ainsi fait une joie de tweeter les prix de l'insuline dans différentes pays, dont les Etats-Unis, affirmant qu'il était "temps d'en finir avec la cupidité de l'industrie pharmaceutique".

Face à la déferlante de problèmes rencontrés par Twitter, nombre d’annonceurs ont suspendu leurs campagnes publicitaires sur le réseau social. Reuters cite notamment General Motors, Mondelez ou encore Pfizer.

Julien Marion - ©2022 BFM Bourse
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