PARIS, 16 mai (Reuters) - Un juge d'instruction français va enquêter sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, tué en octobre 2018 dans les locaux du consulat d'Istanbul, à la suite d'une plainte déposée il y a quatre ans contre le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane par deux associations, a-t-on appris samedi auprès du Parquet national antiterroriste (PNAT).
Trial International, ONG suisse "qui lutte contre l'impunité des crimes internationaux", a déposé plainte en juillet 2022 contre le prince héritier saoudien, alors en visite en France, au nom de la compétence universelle. Reporters sans frontières a également déposé plainte par la suite.
"A la suite d'un arrêt du 11 mai 2026 de la Chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, les plaintes de Trial International et Reporters sans Frontières, des chefs de torture et disparition forcée, ont été jugées recevables", a déclaré le PNAT, confirmant une information de l'Agence France-Presse. "Un juge d'instruction en charge des crimes internationaux est donc chargé de mener des investigations sur les crimes de torture et disparition forcée ainsi dénoncés."
La plainte déposée par l'association DAWN, qui employait Jamal Khashoggi, journaliste saoudien proche du pouvoir avant d'en devenir un critique virulent, n'a en revanche pas été jugée recevable, a-t-il ajouté.
D'après un rapport des services de renseignement américains, Mohamed ben Salmane a approuvé l'enlèvement et l'assassinat de Jamal Khashoggi, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Le prince héritier a nié avoir commandité cette opération, tout en disant en assumer la responsabilité en tant que dirigeant de facto de l'Arabie saoudite.
Le centre des médias du gouvernement saoudien n'a pas donné suite dans l'immédiat à une demande de commentaire.
(Jean-Stéphane Brosse, avec Mathieu Rosemain)
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