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Les armateurs évitent le détroit d'Ormuz pour le cap de Bonne-Espérance, ce qui va renchérir les tarifs de Maersk et Hapag-Lloyd qui bondissent en Bourse

Aujourd'hui à 11:57
Le trafic maritime est perturbé

(BFM Bourse) - Les actions du danois Maersk et de l'allemand Hapag-Lloyd, progressent vivement lundi 2 mars, après les frappes américaines en Iran ce week-end, ce qui a pour conséquence de paralyser le fret maritime dans la région. La durée du temps de transport des conteneurs va être augmentée, ce qui va mécaniquement renchérir le taux de fret, c'est-à-dire les tarifs.

Les incertitudes causées par le conflit au Moyen-Orient pèsent sur la tendance des Bourses européennes ce lundi 2 mars. À la Bourse de Paris, le CAC 40 a lâché jusqu'à 2% dans les premiers échanges en réaction aux frappes en Iran du week-end.

Les États-Unis et Israël ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi l'opération "fureur épique" contre le pays, avec notamment la mort du guide suprême iranien Ali Khameini, samedi. L'Iran de son côté enchaîne plusieurs frappes contre ses voisins du Golfe en réponse aux raids américano-israéliens.

Perturbation du trafic maritime

Cette montée des tensions dans la région désorganisent, en conséquence, le trafic maritime mondial. Au moins trois navires ont été attaqués dans cette zone maritime du détroit d'Ormuz, explique Le Marin, un média spécialisé dans l'économie maritime.

"La situation reste très instable et la durée du conflit est incertaine, avec des risques potentiels pour l'approvisionnement énergétique, le fret maritime dans le détroit d'Ormuz, le transport aérien et le tourisme", explique Deutsche Bank dans un commentaire de marché publié ce lundi matin.

Or, le détroit d'Ormuz est un goulet d'étranglement pour le transport du pétrole au Moyen-Orient, par lequel transite environ 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole, précise Janus Henderson.

"On a une soixantaine de nos navires qui sont bloqués dans le Golfe persique, car ils ont passé le détroit d'Ormuz", a déclaré dimanche au micro de France Inter Édouard Louis-Dreyfus, président d'Armateurs de France, alors que depuis samedi, Israël et les États-Unis frappent l'Iran qui a répliqué sur plusieurs pays du Golfe.

Une alternative coûteuse

Les principaux armateurs, le danois Maersk, l'allemand Hapag-Lloyd, le français CMA CGM (propriétaire de BFMTV et BFM Business) ont donc été contraints de suspendre leur trafic dans le détroit d'Ormuz.

Hapag-Lloyd a indiqué ce lundi appliquer à compter de ce jour, une surcharge pour risque de guerre aux marchandises à destination et en provenance du Haut-Golfe, du Golfe Persique et du Golfe Arabique. La veille, l'armateur allemand avait pris la décision de dérouter les navires "par le cap de Bonne-Espérance", au Sud de l'Afrique, pour relier l'Europe à l'Asie.

Le danois Maersk a aussi annoncé ce week-end suspendre "jusqu’à nouvel ordre" tous les passages de navires par le détroit d’Ormuz et par le canal de Suez, qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge. Ses navires seront aussi détournés par le cap de Bonne-Espérance, et ce jusqu'à nouvel ordre.

L'armateur français CMA CGM, non coté en Bourse, a aussi demandé samedi à tous ses navires dans le Golfe de "se mettre à l'abri". Il a également expliqué que le passage par le canal de Suez qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge "est suspendu jusqu'à nouvel ordre, et les navires seront déroutés par le cap de Bonne-Espérance".

Cette voie maritime alternative, rallonge la durée d'un voyage aller-retour d'environ dix jours et peut donc augmenter les coûts tout en réduisant réduire l'offre de navires disponibles. Cette augmentation s'explique par le fait qu'un grand nombre de navires choisissent d'éviter la zone de conflit, où les coûts d'assurance augmentent fortement, explique Bloomberg.

Les actions des armateurs progressent nettement ce lundi 2 mars. Les investisseurs tablent sur une augmentation du taux de fret, c'est-à-dire, pour simplifier les tarifs, en raison des surcoûts liés à l'allongement de la durée des voyages.

À Copenhague, le géant danois du secteur Maersk grimpe de 4% tandis qu'à Francfort, l'allemand Hapag-Lloyd gagne 5%, en fin de matinée. L'indice Solactive Global Shipment, qui compile les performances boursières de 47 groupes de transport maritime cotés, gagne 2% ce lundi 2 mars, ce qui porte sa hausse à 20% sur un mois.

Fin 2023, une série d'attaques de drones sur des navires porte-conteneurs avait perturbé le transit en mer Rouge. Les principaux armateurs avaient déjà été contraints à l'époque de suspendre leur trafic en mer Rouge et de passer par le Cap de Bonne Espérance.

Le géant mondial de la logistique Kuehne+Nagel, avait par exemple dû dérouter 103 porte-conteneurs en direction de l'Afrique en décembre 2023.

Le bureau d'études Stifel avait expliqué à l'époque que "les taux ont augmenté d'environ 55 % chez les principaux fournisseurs" entre mi-octobre et décembre 2023. La recherche de voies alternatives ont aussi provoqué une augmentation constante des taux de fret aérien. Ils avaient augmenté de 20% sur les dernières semaines de 2023 et même de près de 75% entre l'été et la fin d'année 2023.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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