(BFM Bourse) - Le groupe suisse a livré une croissance de 20% en données comparables de ses revenus pour le trimestre allant d'avril à fin juin, dépassant largement les prévisions des analystes. La croissance à plus de 10% en Chine rassure par ailleurs sur la demande de produits de luxe dans la région.
La précédente saison des résultats pour le luxe avait donné lieu à de multiples déceptions. Le conflit au Moyen-Orient a pesé sur l'activité des grands noms du secteur ainsi que sur leurs cours de Bourse.
Non seulement la guerre dans la région a supprimé une partie des ventes au Moyen-Orient, mais la baisse du trafic aérien a également obéré les dépenses de la clientèle du Golfe en Europe, a fortiori en France. Rappelons qu'environ 30% des achats de produits de luxe sont réalisés à l'étranger.
Si bien que, depuis le début de l'année, le secteur prend l'eau. L'indice Stoxx Europe Luxury 10 chute de 13% sur l'ensemble de 2026.
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"Une publication très solide"
Reste qu'au regard du pessimisme qui affecte le compartiment, les valorisations évoluent à la casse. Certains analystes, comme UBS, estiment que les publications du deuxième trimestre pourraient "contribuer à rétablir la confiance" et donner un coup de fouet en Bourse au compartiment.
Le cas échéant ce mercredi 15 juillet avec la publication des ventes de Richemont, le propriétaire suisse des marques Cartier, Piaget ou encore Van Cleef & Arpels.
La société helvétique a, sur le trimestre allant d'avril à fin juin, "pulvérisé les attentes", écrit Bernstein. La publication a "dépassé les prévisions les plus optimistes des investisseurs", abonde UBS.
À la Bourse de Zurich, l'action Richemont reprend 5,7% en fin de matinée. L'ensemble du luxe remonte grâce aux chiffres de l'entreprise suisse. À Paris, Kering prend 3,4%, LVMH gagne 2,7% et Hermès s'adjuge 2,4%, signant les trois plus fortes hausses du CAC 40.
"Cette publication devrait être perçue comme un signe positif pour l'ensemble du secteur", considère UBS.
"Nous considérons les résultats (de Richemont, NDLR) comme un signe encourageant pour l'ensemble du secteur du luxe, même s'il reste à déterminer dans quelle mesure cette vigueur est due aux dépenses dans le luxe et à la joaillerie, par opposition à une dynamique propre à Richemont", nuance Deutsche Bank.
Une croissance à deux chiffres en Chine
D'avril à fin juin, période qui correspond au premier trimestre de l'exercice 2026-2027 de Richemont, le groupe a dégagé des revenus de 6,33 milliards d'euros, en hausse de 20% en données comparables, et de 17% hors effets de changes.
L'entreprise a ainsi généré une croissance presque deux fois supérieure au consensus (la prévision moyenne des analystes), calé à 11%, selon Bernstein.
La seule division joaillerie, qui représente un peu moins de 80% du chiffre d'affaires, a vu ses revenus grimper de 24% en données comparables, contre 13% attendu par les analystes.
L'activité de Richemont a surtout été portée le Japon avec une croissance de 36% en données comparables, la zone "Amériques" (+27%) et l'Asie Pacifique (+21%).
Dans cette dernière région, Richemont indique avoir dégagé une croissance de plus de 10% dans la zone "Chine, Hong Kong, Macao" ce qui "doit être considéré comme un signe positif compte tenu des inquiétudes concernant la demande chinoise en produits de luxe", souligne Deutsche Bank.
"Il s'agit d'une publication très solide, qui dépasse largement les attentes et qui, combiné à l'effet favorable sur la marge brute résultant de la baisse des cours de l'or, devrait soutenir aujourd'hui des révisions à la hausse significatives du consensus sur le bénéfice par action", tranche la banque allemande.
