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Faute de valorisation satisfaisante, l'introduction en Bourse du fabricant du canon Caesar franco-allemand KNDS a-t-elle du plomb dans l’aile ?

Aujourd'hui à 19:44
KNDS va-t-il reporter son introduction en Bourse

(BFM Bourse) - Le Financial Times a rapporté, ce mardi, que le groupe de défense franco-allemand éprouverait des difficultés pour convaincre les investisseurs d'obtenir une valorisation supérieure à 12 milliards d'euros dans le cadre de sa prochaine entrée en Bourse. Ce qui pourrait l'inciter à reporter son entrée sur la cote.

KNDS, le fabricant franco-allemand du char Leopard, a-t-il mal choisi son moment pour rejoindre la Bourse?

Le spécialiste du militaire terrestre, également connu pour le canon Caesar, s'est mis sur la rampe de lancement pour s'introduire à la fois à la Bourse de Paris et sur celle de Francfort.

Le groupe a officiellement fait part de cette intention le 24 juin dernier, à la suite d'un accord entre les états allemand et français portant sur la répartition du capital, qui les met sur un pied d'égalité.

Cité par l'AFP, le directeur général du groupe, Jean-Paul Alary, avait alors déclaré que l'opération était "attendue dans les prochaines semaines".

Un report peut-il toutefois survenir? Selon les indiscrétions du Financial Times, KNDS peinerait à convaincre les investisseurs de lui accorder une valorisation satisfaisante.

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Une valorisation trop faible?

D'après le quotidien britannique, qui cite des sources proches du dossier, l'entreprise a mené des discussions préliminaires avec des investisseurs, cette semaine. Certains d'entre eux auraient alors dit que le groupe valait moins de 12 milliards d'euros.

Ce qui s'avère bien plus faible que la valorisation de 18 milliards à 20 milliards d'euros qui avait été évoquée en mai par Bloomberg. L'agence de presse américaine expliquait alors que ce chiffre s'inscrivait déjà en baisse par rapport aux 25 milliards d'euros qui avait été précédemment évoqués.

"Les réunions avec les investisseurs devraient se poursuivre la semaine prochaine, mais à moins que la société et ses conseillers ne concluent qu’il existe une demande pour les actions à la valorisation souhaitée, la société pourrait reporter l’introduction en bourse à plus tard dans l’année, voire au-delà", poursuit le Financial Times citant les sources proches du dossier en question.

Le média d'outre-Manche explique que les actionnaires actuels de la société refuseraient d'aller au bout de l'opération si la valorisation s'avère inférieure à 12,5 milliards d'euros. Le quotidien rapporte qu'une décision finale devrait être prise la semaine prochaine, à l'issue de nouvelles discussions avec les investisseurs.

Les mêmes sources anonymes citées par le Financial Times rappellent toutefois que les investisseurs ont tendance à essayer de tirer vers le bas la valorisation lors des discussions préliminaires à une introduction en Bourse et peuvent très bien par la suite s'engager sur des chiffres plus élevés.

Un contexte de marché délicat

Le prix d'introduction est loin d'être anodin. Selon Le Monde et le Financial Times, il servira de référence au rachat par l'État allemand d'une participation de 40% détenue actuellement par la famille Bode-Wegmann. D'après le quotidien britannique, Berlin se serait engagé à payer une prime à la famille par rapport au cours d'introduction, ce à quoi s'ajouterait une soulte qui dépendrait de la performance de l'action après l'introduction en Bourse.

Contactée par BFM Bourse, KNDS n'a pas souhaité faire de commentaire.

KNDS est l'un des principaux groupes européens d'armement terrestre. Le groupe conçoit et produit principalement des chars, des véhicules blindés, des systèmes d'artillerie et des équipements militaires destinés aux armées. Il est né en 2015, de la fusion de Nexter Systems et de KMW (Krauss-Maffei Wegmann).

La société a réalisé 4,4 milliards d'euros de revenus en 2025, en hausse de 15,9% sur un an, avec un résultat opérationnel de 661 millions d'euros, traduisant une marge de 15%. L'entreprise comptait 11.000 employés à fin décembre.

Les récentes introductions en Bourse de groupe de défense ont suscité l'enthousiasme des investisseurs, ces derniers trimestres.

En octobre 2025, TKMS, la filiale de Thyssenkrupp spécialisée dans la construction navale militaire, avait bondi de plus de 30% lors de sa première journée de cotation. En janvier dernier, la société tchèque CSG, spécialiste des radars, des véhicules tout-terrain et des munitions, avait levé 3,8 milliards d'euros lors de son entrée à la Bourse d'Amsterdam, signant la plus importante introduction en Bourse de l'histoire pour un groupe de défense.

Toutefois, la donne s'est récemment inversée pour les groupes de défense en Bourse. Depuis mi-février, l'indice Stoxx Europe Targeted defence, un indice paneuropéen, plonge de 22,4%.

Rheinmetall, fer de lance de la défense européenne, affiche de son côté une baisse de 31,4% sur trois mois. La société a récemment accusé une chute de 18,65% sur une séance, plombé par la perte d'un immense contrat, à savoir le projet de méga-frégate allemande F126.

Or d'après plusieurs médias, Rheinmetall constitue le meilleur comparable en Bourse pour les investisseurs regardant la future introduction en Bourse de KNDS.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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