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Courtisé par l'américain Castlelake, Easyjet a rejeté pas moins de trois offres (avec une prime de plus de 20%) du fonds, l'action grimpe à Londres

Aujourd'hui à 11:47
Easyjet grimpe en Bourse.

(BFM Bourse) - L'entreprise considère que les propositions du fonds ne représentent pas sa véritable valeur intrinsèque alors que son action a pâti du conflit au Moyen-Orient.

EasyJet refuse les avances de Castlelake. Le groupe a rejeté au cours des dix derniers jours trois "propositions indicatives non contraignantes" de rachat, a annoncé lundi la société d'investissement américaine Castlelake, candidate à la reprise de la compagnie aérienne, dont la dernière proposition valorise le groupe britannique à presque 5 milliards de livres (5,7 milliards d'euros).

La troisième offre de Castlelake, datée du 20 juin, a été formulée "à un prix de 625 pence par action", a précisé dans un communiqué la société américaine. Cette dernière explique qu'elle a décidé de rendre cette offre publique "à la suite du rejet des trois propositions par le conseil d'administration d'EasyJet" afin de permettre aux actionnaires de la compagnie aérienne "d'en examiner les mérites".

Le cours de l'action EasyJet s'était envolé au début du mois après que la société d'investissement américaine avait annoncé qu'elle envisageait un rachat. Castlelake doit signaler son intention ferme de faire une offre ou de renoncer au plus tard le 26 juin.

Ce lundi, le titre Easyjet prend 2,7% à la Bourse de Londres en fin de matinée.

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Une offre "opportune"

Quelques jours plus tard, Air France-KLM avait dit n'être pas impliqué dans les discussions autour de cet éventuel rachat, mais le directeur général du groupe franco-néerlandais, Benjamin Smith, avait toutefois indiqué qu'il pourrait y être attentif.

Castlelake estime lundi dans son communiqué que sa troisième offre "se compare favorablement à la valeur actuelle" du cours de l'action EasyJet (la clôture de vendredi à Londres était de 504 pence), "même en supposant que la compagnie atteigne son objectif ambitieux de générer plus de 1 milliard de livres de bénéfice avant impôts à moyen terme".

Selon son communiqué, la société américaine veut proposer une "participation partielle au capital, afin de permettre aux actionnaires d'EasyJet de rester investis" dans la compagnie après le rachat, "en partenariat avec Castlelake", mais ce dernier précise qu'il n'est à ce stade "nullement certain qu'une offre ferme sera faite".

Dans les faits, Castlelake, un groupe américain, peut difficilement prendre le contrôle d’Easyjet, dont un peu plus de 15,7% est détenu par le fondateur Stelios Haji-Ioannou.

Le droit européen stipule que la majorité du capital d’une compagnie aérienne opérant sur le Vieux continent doit être détenu par des investisseurs européens, faute de quoi le groupe peut perdre sa licence.

Mais il est possible de contourner ce problème en créant un véhicule d'investissement lui-même détenu par une majorité d'investisseurs européens. Ce qui est le schéma retenu par Castlelake.

L'approche de Castlelake s'avère opportune. Dans son communiqué motivant ses refus successifs, Easyjet ne se prive pas de le souligner.

"Le conseil d’administration d’easyJet a examiné attentivement la troisième proposition avec ses conseillers et a conclu qu’elle revêtait un caractère hautement opportuniste, qu’elle s’inscrivait dans un contexte de baisse temporaire du cours de l’action easyJet, et qu’elle sous-évaluait toujours fondamentalement easyJet et ses perspectives", clame l'entreprise britannique.

"Les analyses de la prime, des multiples et de l’évolution future du cours de l’action présentées par Castlelake reposent principalement sur des cours de bourse affectés par le conflit au Moyen-Orient, sur des résultats à court terme et sur des rapports d’analystes.

Lourd impact du conflit en Iran

Elles ne reflètent pas les perspectives à moyen terme d’easyJet, ni la solidité de son bilan et de sa structure financière, et ne prévoient pas non plus de prime de contrôle adéquate à cet égard", développe encore la société.

L'éclatement du conflit contre l'Iran a en effet plombé les groupes aériens en Bourse. Malgré la récente flambée de son action (+40% sur un mois), le titre Easyjet ne prend que 1,5% sur 2026.

La guerre au Moyen-Orient a entraîné une envolée des cours du pétrole et par ricochet des prix du kérosène, un produit raffiné du pétrole. Or le carburant représente entre 20% et 30% du coût d'exploitation des compagnies aériennes.

Castlelake n'est pas un néophyte dans le domaine du transport aérien. La société d'investissement avait participé à la restructuration financière de la société suédoise SAS avant de céder ses parts (32%) dans la compagnie scandinave à Air France-KLM l'an dernier.

Bloomberg note que le fonds d'investissement a également octroyé des prêts à Virgin Atlantic Airways et Abra Group, maison-mère des compagnies Gol et Avianca, respectivement brésilienne et colombienne. L'an dernier, Castlelake a également mis en place une plateforme de financement spécialisée dans l'aviation et dotée de 1,8 milliard de dollars, ajoute l'agence.

L'intérêt du fonds survient dans un contexte de récente consolidation et de fragilité du secteur aérien en Europe. SAS a été repris par Air France-KLM, la portugaise TAP fait l'objet de plusieurs offres (Air France-KLM, Lufthansa) tandis que l'ex-Alitalia Ita Airways a été rachetée par Lufthansa. Turkish Airlines a, elle, repris fin 2025 l'espagnole Air Europa.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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