Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Après Wirecard, un autre scandale financier pourrait éclabousser la Bourse de Francfort

lundi 8 février 2021 à 18h00
Grenke vacille et rappelle de mauvais souvenirs aux investisseurs allemands

(BFM Bourse) - Le titre du spécialiste allemand du financement locatif Grenke s'est effondré lundi en réaction au départ d'un de ses dirigeants, qui alimente les soupçons de fraude comptable dont l'accuse Fraser Perring. Ce vendeur à découvert est connu pour avoir publié, dès 2016, un rapport incendiaire sur Wirecard.

Huit mois seulement après le plus gros scandale financier de son histoire récente, la Bourse allemande est de nouveau parcourue d'un frisson d'effroi. D'autant que l'affaire présente des similitudes avec celle de l'ancien fleuron des paiements, déclaré en faillite après qu'un trou de près de 2 milliards d'euros a été mis au jour dans ses comptes.

Considéré comme l’un des tombeurs de Wirecard, le spéculateur britannique Fraser Perring -qui avait publié un rapport accusant la fintech allemande de fraude massive en 2016 sous le pseudo "Zatarra Research"- avait jeté un nouveau pavé dans la mare le 15 septembre dernier en publiant un nouveau rapport de 64 pages incriminant cette fois le spécialiste allemand du financement locatif Grenke. À son tour accusé de fraude et de manipulation de bilan, son titre -coté au sein du deuxième indice boursier de Francfort, le MDax- s'effondrait alors de 55 euros à la clôture du 14 septembre, à 26,7 euros deux jours plus tard.

Ce lundi, la démission surprise de l'un de ses dirigeants a de nouveau fait tanguer le titre, celui-ci retombant de 30,9% à 26,6 euros - alors qu'il était remonté à 38,5 euros à la clôture de vendredi.

Le responsable des opérations et membre du directoire de Grenke, Mark Kindermann, a donc demandé lundi à ce que son contrat soit résilié par anticipation, ce que le conseil de surveillance de l'entreprise a accepté, alimentant les soupçons de fraude comptable pesant sur le groupe.

Le départ soudain de ce cadre, entré dans l'entreprise en 1990, est en rapport avec un examen externe déclenché en septembre après les accusations de l'investisseur britannique.

Pris au sérieux depuis l'éclatement du scandale Wirecard, Fraser Perring avait également déclenché une enquête du régulateur allemand sur Grenke, la BaFin précisant contrôler par ailleurs "d'éventuelles manipulations de la part des spéculateurs". Fraude, blanchiment d’argent et manipulation des comptes, les accusations portées par le lanceur d'alertes à l'encontre du groupe qui emploie 1.700 personnes dans 32 pays sont lourdes. Il soupçonne qu’une partie du bilan de l’entreprise est fictif, comme chez Wirecard. Le bilan et la croissance apparente du groupe seraient gonflés artificiellement par des rachats douteux d’entreprises en franchise.

Mark Kindermann a pour sa part signalé au conseil de surveillance que des "évaluations préliminaires" devront être "révisées" une fois cet audit terminé. En décembre, l'entreprise avait publié les résultats d'un rapport préliminaire mené par le cabinet KMPG et tendant à laver les soupçons de fraude pesant sur elle. Le ton a changé lundi, l'entreprise soulignant que les examens ont permis à ce jour d'établir "des évaluations préliminaires critiques des processus internes concernant la conformité aux règles et l'audit interne". Mark Kindermann va rester à la disposition de l'entreprise "pendant une période transitoire", a ajouté lundi l'entreprise.

(avec AFP)

Q. S. - ©2021 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+322.30 % vs +16.87 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat