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Comment le dieselgate a rendu le palladium plus cher que l'or

dimanche 10 février 2019 à 08h00
Le palladium est désormais plus cher que l'or

(BFM Bourse) - Notamment utilisé comme catalyseur pour l'industrie chimique ou dans la fabrication de pots catalytiques pour les véhicules à essence, le métal noble qu'est le palladium n'en finit plus de flamber, au point d'être désormais plus cher que le fameux métal jaune. Une première depuis 2002.

Le règne de l'or a pris fin sur le marché des métaux précieux. Début décembre, le palladium a en effet détrôné l'or au titre de métal précieux le plus onéreux, une première depuis le mois de février... 2002. À l'époque, une once -correspondant à 31,1 grammes- de ces deux métaux se négociait autour des 250 euros. 17 ans plus tard, on dépasse dans les deux cas 1.200 euros... Mais l'or et le palladium ont connu des trajectoires opposées entre-temps. Quand l'once d'or s'échangeait à près de 1.000 euros en février 2009, celle de palladium en valait seulement environ 150.

Depuis, le rattrapage du palladium, un métal découvert au début du XIXe siècle, a été pour le moins spectaculaire, sur fond de craintes d'insuffisance de l'offre mondiale face à une demande ascensionnelle depuis que les voitures à essence sont préférées aux diesel. Le palladium est en effet principalement utilisé dans la fabrication de pots catalytiques pour les véhicules à essence.

Après avoir progressé de 22% en 2016 puis flambé en 2017 (+56%), le métal précieux a poursuivi sur sa lancée en 2018 (+24%) -dans le même temps, l'once d'or ne progressait que de 9 % (2016) puis de 13% (2017) et enfin de 5% en 2018- pour atteindre plus de 1.100 euros l'once le 31 décembre dernier.

C'est d'ailleurs courant décembre que l'once de palladium a dépassé celle du célèbre métal jaune, à 1.093 euros contre 1.091. Depuis le 4 de ce mois, l'écart n'a cessé de se creuser, le palladium continuant à s'apprécier à un rythme très soutenu (+10,6% depuis le 1er janvier quand l'once d'or -qui progresse aussi en sa qualité de valeur refuge dans un contexte économique incertain- n'a pris que 2%).

L'offre ne parvient pas à suivre la demande

Si le cours du palladium a presque décuplé au cours des dix dernières années, c'est qu'il est structurellement soutenu, depuis 2012, par un déficit d'offre face à une demande croissante. De fait, l'exploitation minière de palladium ne parvient pas à suivre la progression des immatriculations de véhicules dans le monde et de durcissement de la réglementation sur les émissions polluantes, qui a pour conséquence une augmentation des quantités de platinoïdes par véhicule (le palladium est un platinoïde léger et rare, NDLR). La production mondiale est faible (6,4 millions d'onces en 2017, soit un peu moins de 200 tonnes, contre 3.150 tonnes pour l'or) et assurée, pour près de 80%, par deux pays (l'Afrique du Sud représente 40% de la production et la Russie 38%). La demande, elle, s'est établie à 8,391 millions d’onces en 2017 (dont 1.9 millions d’onces issues du recyclage) et est mondiale (26% en Chine, 24.6% en Amérique du Nord, 19.9% en Europe, 10% pour le Japon et 19.5% pour le reste du monde).

Autre élément déterminant dans la flambée du cours du palladium : la part des véhicules diesel ne cesse de diminuer en Europe depuis 2011, et plus encore depuis le dieselgate, le fameux scandale du logiciel truqueur sur les émissions polluantes des modèles diesel de Volkswagen, qui a incité les acheteurs à privilégier les véhicules essence plutôt que les diesel (dont les pots catalytiques utilisent le platine). Entre 2011 et 2018 sur le Vieux Continent, la part des véhicules diesel a chuté de 55% à 36%. Et depuis que l'affaire Volkswagen a éclaté, le 18 septembre 2015, le palladium s'est apprécié de... 111%.

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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