par Pascale Denis
PARIS (Reuters) - Swiss Life France, filiale du numéro un de l'assurance-vie en Suisse, Swiss Life, anticipe de faire mieux que le marché en 2009 et reste à la recherche d'opportunités de croissance externe pour asseoir ses activités de banque privée dans l'Hexagone.
L'assureur a développé un modèle d'assurance haut de gamme, en parallèle avec une activité de banque privée, avec notamment le rachat, fin 2007, des activités bancaires et de gestion de Banque Privée Fideuram Wargny.
Les encours de sa banque privée totalisaient 1,67 milliard d'euros à la fin de l'an dernier, contre 1,37 milliard un an plus tôt.
"Nous restons à la recherche d'opportunités pour poursuivre la construction de la banque", a déclaré à Reuters Charles Relecom, président de Swiss Life France, lors d'une interview.
"Nous souhaiterions avoir un milliard de plus sous gestion, pour avoir la taille critique et être économiquement efficients", a-t-il ajouté, précisant viser des acquisitions de portefeuilles ou de petites entités de banque privée.
Aujourd'hui, l'activité de banque privée du groupe, en France, est toujours en phase d'investissement et reste déficitaire.
Swiss Life France a réalisé, en 2008, un chiffre d'affaires de global de 3.630 millions d'euros, en progression de 8,1% dans un marché en recul de 6%, pour un résultat opérationnel en chute à 20 millions d'euros (110 millions un an plus tôt), lié aux moins values financières provoquées par l'effondrement des marchés.
RÉSISTANCE
"Swiss Life France a bien résisté à la crise en 2008 grâce à la diversification de ses activités et à ses multiples canaux de distribution", a ajouté Charles Relecom, mettant en avant le positionnement historique du groupe sur la retraite, son "image de qualité et son développement auprès des CGPI (conseillers indépendants en gestion de patrimoine)".
"Nous faisons mieux que le marché de l'assurance-vie depuis plusieurs années et les besoins de retraite vont croître avec la crise", a-t-il poursuivi.
Il a précisé que la crise avait eu pour effet de drainer beaucoup plus de primes périodiques, liées à la recherche de la sécurité, qui ont eu un effet de stabilisation sur la collecte.
"Pour 2009, nous conservons nos hypothèses de toujours faire mieux que le marché français", a-t-il dit.
Swiss Life France a conquis plus de 14.000 clients l'an dernier, pour un total de 1,350 millions à la fin 2008.
Pour la seule assurance vie, son chiffre d'affaires a progressé de 10,6% à 2.056 millions d'euros, à comparer à une baisse de 11% pour le marché français. La collecte nette du groupe a reculé de 23%.
En santé et prévoyance, les primes ont progressé de 5,1% à 1.294 millions d'euros.
La société a mis l'accent, en 2008, sur ses réseaux de multidistribution et a pris une participation majoritaire dans la société de conseil en gestion de patrimoine Financière du Capitole. Elle s'est également développée dans internet avec l'acquisition de Placement Direct, spécialisée dans la distribution de produits financiers en ligne.
Les encours de Swiss Life France, intégralement gérés par la société de gestion d'actifs interne au groupe, étaient de 14,6 milliards d'euros à la fin 2008, contre 3,15 milliards fin 2007, une progression liée à un changement de périmètre provenant du transfert de la gestion des actifs généraux des compagnies d'assurances vers Swiss Life Asset Management.
Swiss Life France employait 2.300 personnes fin 2008, un effectif stable par rapport à 2007.
La capitalisation boursière du groupe Swiss Life était d'environ 2,4 milliards de francs suisses (environ 1,6 milliard d'euros), sur la base du cours de clôture du titre lundi.
Edité par Jacques Poznanski
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