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Marché : Sursaut des indices us avant la clôture

vendredi 24 octobre 2008 à 07h32
BFM Bourse

(CercleFinance.com) - La nervosité des échanges s'est amplifiée à Wall Street au fil des heures alors que le 'S&P' et le Nasdaq s'avéraient incapable de préserver leurs planchers annuels, y compris à seulement une demi-heure de la clôture.

Plusieurs tentatives de rebond avaient eu lieu au cours de la séance (le sursaut de +3% de la 1ère heure ne compte pas, c'étaient des rachats techniques après une chute de -6% la veille) mais elles avaient toutes échoué, et notamment celle survenue entre 21H et 21H30.

A 20 minutes de la clôture, le 'S&P-500' lâchait plus de 2,2%, le Nasdaq dévissait de -3% et le Dow Jones chutait de -150Pts... le danger d'un décrochage comparable à la fin de séance catastrophe de mercredi ressurgissait (-3 à -4% en une demi-heure, l'histoire semblait se répéter).

Et puis, dans un sursaut que l'on peut qualifier de quasi miraculeux, Wall Street a repris +3% en ligne droite en un quart d'heure ! Il est difficile de déterminer si les vendeurs à découvert ont été saisis d'un doute sur la capacité des indices US à enfoncer définitivement leurs supports des 10 et 16 octobre (c'était pourtant bel et bien le cas, la partie semblait gagnée) ou si il y a eu une intervention musclée pour soutenir les cours (comme à Tokyo jeudi matin, avec un Nikkei repassant en 2 heures de -7,5 à -2,5%).

Le bilan de cette journée hypervolatile (qui a vu le Dow Jones gagner puis reperdre 3,5% (soit 7% d'écart absolu), c'est une hausse de +2% de l'indices des 'industrielles', un gain de +1,3% du 'S&P'... en revanche, une baisse de -0,7% du Nasdaq n'a pu être évitée pour cause d'effondrement de Level-3 (-39,4%), de Cadence Design (-24,6%), de Millicom (-20%), de Sirius Sat (-19,3%), de NII Holding (-15,5%), de Flextronics (-11,6%), de Sandisk -10% après -35% la veille), de Verisign et Foster Wheeler (-9%).

Microsoft qui a annoncé ses résultats après la clôture faisait un bond de +8,5% après avoir annoncé un résultat trimestriel de 0,48$ par titre (le profit global 2008 est anticipé à 2$ (contre une précédente estimation de 2,05 à 2,11$). Le chiffre d'affaire du 3ème trimestre a dépassé les attentes à 15,06Mds$ (contre 14,8Mds$ estimé) et le CA du 4ème est attendu autour de 17,1Mds$ (contre 17,3Mds$ pour le consensus).

Parmi les plus fortes hausse du jour, Amgen qui annonçait mercredi soir des résultats meilleurs que prévu a pris +12%, Citrix +11%, Dow Chemical +10,5%, Exxon +9%, Boeing +8,4%, Chevron +8,2%, Tellabs +7,7%.

Au sein du Dow Jones, alors que les hausses étaient majoritaires, Hewlett Packard a rechuté de -5,6% et Alcoa de -5%.

Sur le front des statistiques, le seul chiffre officiel concernait les demandes hebdomadaire d'indemnisation pour cause de chômage: elles ont progressé de +15.000 aux USA la semaine passée et la moyenne mensuelle a reculé de -6.500. Compte tenu des réductions d'effectifs dans le secteur financier et automobile, le total semble anodin mais la statistique est faussée par la reprise d'activité de nombreux salariés dans le sud des Etats Unis après le passage des cyclones Gustav et Ike.

L'un des évènement extra-boursiers du jour demeurera l'audition d'Alan Greenspan devant un parterre de membres du Congrès jeudi matin.

Placé en situation d'accusé, l'ex patron de la FED avoue qu'il y avait une 'faille' dans son appréciation du fonctionnement du système financier... lequel avait merveilleusement fonctionné durant 40 ans. Il concède avoir surestimé le bénéfice que l'économie pouvait tirer de la dérégulation, il reconnait ne pas avoir mesuré à quel point la prolifération des dérivés de crédit et notamment des CDS augmentait le risque global au lieu de le neutraliser. En ce qui concerne sa politique d'argent gratuit menée de 2002 à 2005, il estime que c'était la stratégie dont les USA avaient besoin mais il a sous estimé l'impact de la prolifération de la liquidité dans l'expansion de l'industrie des dérivés de crédit.

Il n'a jamais manifesté d'inquiétude -sinon très tardivement- lors du gonflement de la bulle immobilière et n'a pas cherché à contrôler l'expansion de la masse monétaire (la FED avait d'ailleurs décidé de ne plus la rendre public depuis mars 2005) car elle s'avérait globalement non inflationniste (le prix des matières et de l'énergie n'a vraiment explosé qu'après qu'il ait transmis le flambeau à Ben Bernanke).

La véritable flambée des 'commodities' a coïncidé avec l'envol du PIB de la Chine (au-delà de 10% puis 12%) et de l'Inde en 2005, 2006 et 2007... mais il aurait fallu qu'il s'interroge sur l'impact de la demande américaine sur 'l'usine du monde' qu'est devenu l'Empire du Milieu.

Il ne l'a pas fait... tout semblait fonctionner si bien. Il se demande encore à ce jour comme les choses ont pu aussi mal tourner, aussi vite !

PhBéchade.

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