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16/05/2008 17:35:00
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> Plus Europe : Finmeccanica et la difficile équation de DRS
Mercredi 14 mai 2008 à 16:01 Imprimer Imprimer
LONDON (Dow Jones)--Le conglomérat italien d'aéronautique et de défense Finmeccanica a montré la valeur qu'il attachait aux actifs rares en mettant sur la table 3,4 milliards d'euros pour l'acquisition de DRS Technologies.

Le prix proposé représente une prime de 27% par rapport au dernier cours coté de DRS avant l'offre, soit une valeur d'entreprise de 14 fois le résultat opérationnel estimé de DRS pour 2008, au-dessus des douze fois que Meggitt a accepté de payer l'an dernier afin d'acquérir K&F Industries pour un montant de 1,8 milliard de dollars.

L'acquisition de DRS présente certes des avantages stratégiques manifestes pour Finmeccanica, en lui permettant d'avoir un plus large accès au marché lucratif de la défense américain. Mais la vraie question est de savoir si la société parviendra à réaliser un retour sur investissement satisfaisant.

Si l'on se fie au taux de rendement interne de 11% que Finmeccanica s'est fixé sur la base du coût moyen pondéré du capital en fonction du secteur et d'une barrière supplémentaire minimale, le conglomérat italien devrait réaliser un rendement annuel de 374 millions d'euros pour un investissement de 3,6 milliards d'euros. Or les analystes estiment que le bénéfice net de DRS pour chacune des trois prochaines années ne dépassera pas les 200 millions d'euros.

Finmeccanica pourrait tenter de réaliser des économies sur les coûts pour compenser le manque à gagner. La marge de manoeuvre dans ce domaine devrait être importante puisque les deux sociétés sont présentes dans le secteur des systèmes électroniques de défense. Mais compte tenu des estimations de coûts futurs des deux sociétés après l'acquisition, Finmeccanica devrait réaliser plus de 5% d'économies sur les dépenses en 2009 pour atteindre son objectif de taux de rendement interne.

Or, le groupe risque d'avoir du mal à réduire ses coûts.

Pour que l'opération soit approuvée par les autorités américaines, Finmeccanica pourrait conserver l'actuelle direction et le siège de DRS aux Etats-Unis, et compartimenter les activités sensibles. Cette approche pourrait déboucher sur la perte partielle de contrôle managérial de Finmeccanica et des difficultés accrues dans la réalisation de synergies entre les deux sociétés.

Finmeccanica devra, en outre, s'endetter pour l'opération, ce qui l'obligera, afin de se conformer à la limite d'endettement qu'il s'est fixé, à lever jusqu'à 1 milliard d'euros en actions pour financer l'acquision de DRS, promettant aux investisseurs une dilution des bénéfices d'environ 11%.

Il est vrai néanmoins que le prix de l'offre proposé par Finmeccanica reflète la rareté des actifs américains que peuvent s'offrir les sociétés européennes pour s'assurer de l'obtention de contrats de défense aux Etats-Unis. Le concurrent direct de DRS, Harris Corp., pourrait certes être bientôt mis en vente mais ses activités sont bien trop sensibles pour que les autorités américaines autorisent le rachat de la société par une entreprise européenne.

Il y a dans cette affaire une ironie qui n'a pas échappé aux investisseurs: Finmeccanica est prêt à investir aux Etats-Unis alors qu'en théorie, les possibilités de consolidation sont bien loin d'être épuisées dans le secteur aéronautique et de défense européen, si des questions épineuses de politique nationale ne venaient contrecarrer les opérations transfrontalières.

Le cours de Finmeccanica a perdu 2,5% en séance mardi après avoir reculé de 7% l'an dernier. Le titre se négocie à 14 fois les bénéfices attendus pour 2008, en ligne avec la moyenne du secteur et au-dessus du multiple de 12 fois affiché par son rival français Thales, qui pourrait désormais se retrouver dans la ligne de mire de la compagnie italienne.

-Sean Walters, Dow Jones Newswires

(END) Dow Jones Newswires

May 14, 2008 10:01 ET (14:01 GMT)

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