ZURICH (Reuters) - Adecco publie des résultats conformes aux attentes pour son troisième trimestre 2008, faisant toutefois une croix sur ses ambitions de rentabilité opérationnelle.
Le leader mondial du travail temporaire explique dans un communiqué qu'il ne pense plus pouvoir atteindre son objectif de marge Ebita de 5%, ni pour les trimestres à venir ni pour 2009.
Le directeur général Dieter Scheiff s'est refusé à donner un nouvel ordre de grandeur dans le cadre d'une interview avec Reuters mardi matin.
"Nous anticipons un environnement de plus en plus difficile en termes de développement des revenus", avait-il indiqué dans le communiqué de résultats, ajoutant que la tendance négative dans la plupart des pays s'accélérait.
Le déclin en France sera plus marqué qu'ailleurs, a-t-il prévenu sans pouvoir en préciser l'étendue. L'activité en France représente un tiers du chiffre d'affaires d'Adecco.
Dieter Scheiff s'attend en outre à ce que ses grands clients en Allemagne réduisent leurs effectifs en emplois temporaires.
Dans ces conditions, de nouvelles suppressions d'emplois ne sont pas exclues en cas d'aggravation de la situation. Adecco a déjà prévu de supprimer 600 emplois en France en fusionnant 75 agences.
Adecco ressent de plus en plus durement le ralentissement, à l'image de sa marge Ebita qui s'est dégradée à 5% lors de son troisième trimestre 2008 contre 5,3% un an plus tôt.
Le résultat d'exploitation, en baisse de 18% à 244 millions d'euros, a répondu aux attentes des marchés qui le voyaient à 248 millions.
Le bénéfice net a reculé de 27% à 168 millions d'euros, alors que les analystes en avaient attendu 166 millions.
Le chiffre d'affaires a reculé de 6% à 5.101 millions d'euros, légèrement en-deçà des prévisions qui le situaient à 5.134 millions.
Tous les pays accusent un recul organique, qui va de 2% en France à 9% aux Etats-Unis. Si l'Allemagne (-2%) et l'Italie (-5%) n'échappent pas à la tendance générale, le Japon se distingue avec une progression de 1%.
Les analystes se disent positivement surpris, à l'instar de Fabrizio Croce chez Kepler. "Mieux que prévu en France où le groupe a peut-être gagné des parts de marché", explique-t-il en référence à Manpower dont les affaires dans l'Hexagone ont reculé de 8%.
Le titre d'Adecco avance de 1,64% à 42,12 francs suisses alors que l'indice des valeurs vedettes gagne 0,92%.
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