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Les actionnaires plébiscitent la fusion de gdf et suez

mercredi 16 juillet 2008 à 19h59
BFM Bourse

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Les actionnaires de Suez et de Gaz de France ont approuvé à la quasi-unanimité la fusion de leurs sociétés, qui doit avoir lieu le 22 juillet et permettra la création d'un géant mondial de l'énergie.

Les résolutions portant sur la fusion absorption de Suez par GDF ont été approuvées par 99,6% des voix des actionnaires présents ou représentés chez Suez et à 99,9% des voix chez GDF.

La fusion se fera selon une parité d'échange de 21 actions Gaz de France pour 22 actions Suez. Parallèlement, 65% du capital de Suez Environnement seront distribués aux actionnaires de Suez à l'occasion de la mise en Bourse de la filiale.

Pour les deux groupes, le vote des actionnaires marque la fin de longues fiançailles - deux ans et demi - jonchées d'obstacles politiques, juridiques et syndicaux, et la conclusion de leur union.

"C'est un moment historique (...), c'est l'aboutissement d'un rêve, d'un projet que nous portons depuis plus de 10 ans dans les deux groupes, dans la discrétion pendant des années, puis en pleine lumière depuis 3 ans", s'est félicité Gérard Mestrallet, P-DG de Suez.

L'Etat, qui contrôlait près de 80% du capital de GDF, détiendra environ 35% de celui du nouveau groupe GDF Suez.

L'Elysée s'est félicité de l'aval des actionnaires en soulignant que "GDF Suez assumera pleinement les missions de service public de Gaz de France".

Parfois chahutés par des actionnaires individuels, qui ont critiqué la parité de fusion retenue ou encore "le mariage du bras droit avec la jambe gauche", Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, P-DG de GDF, ont mis l'accent sur la complémentarité des deux sociétés. Ils ont aussi insisté sur le besoins d'investissements dans des infrastructures énergétiques.

CONVERGENCE GAZ-ÉLECTRICITÉ

"Il est indispensable d'investir dans des centrales électriques pour remplacer les centrales vieillissantes et créer de nouvelles capacités, indispensable de construire de nouveaux réseaux européens d'infrastructures gazières, il est indispensable d'investir dans le gaz naturel liquéfié, dans les méthaniers et les terminaux", a souligné Jean-François Cirelli, futur numéro deux du nouveau groupe.

La fusion doit donner naissance à un géant européen des services aux collectivités avec une capitalisation boursière proche de celle de son rival allemand E.ON, ce dernier pesant environ 81 milliards d'euros en Bourse.

GDF Suez disposera d'une "meilleure position dans le nucléaire" avec "la possibilité de jouer la convergence gaz et électricité" à un niveau supérieur à celui du groupe allemand, a estimé Gérard Mestrallet, qui sera le président de GDF Suez.

Les dirigeants ont souligné que le futur groupe n'aurait pas besoin de réaliser des acquisitions pour atteindre ses objectifs financiers et qu'il ne serait pas candidat à un rachat de British Energy.

Après le feu vert des actionnaires, l'Etat va devoir signer le décret de privatisation du groupe gazier et la fusion pourra être réalisée juridiquement le 22 juillet, date à laquelle le nouveau groupe, ainsi que Suez Environnement, feront leurs débuts en Bourse.

L'opération avait été annoncée en février 2006 par Dominique de Villepin, à l'époque Premier ministre. Elle coïncidait avec l'annonce par le premier groupe italien de services aux collectivités, Enel, qu'il pourrait prendre une participation dans le belge Electrabel et que cette opération n'excluait pas une OPA sur sa maison mère Suez.

CONCURRENCE FRONTALE AVEC EDF

En près de deux ans et demi, les deux groupes ont dû surmonter les enquêtes de la Commission européenne, un débat de longue haleine sur la privatisation de GDF, les demandes d'information supplémentaires des syndicats - parfois appuyées par la justice - ou encore l'évolution des valorisations défavorable à GDF par rapport au projet de fusion initial.

"Les étapes à franchir ont été nombreuses, les obstacles aussi", a souligné Jean-François Cirelli.

GDF Suez sera présent sur l'ensemble de la chaîne énergétique - de l'amont à l'aval, dans le gaz et l'électricité, dans l'énergie et les services - et deviendra un concurrent frontal du français EDF et de l'allemand E.ON.

Avec le pôle Environnement, dont il détiendra 35% environ après l'introduction en Bourse, GDF Suez est le premier groupe mondial des services aux collectivités en termes de chiffre d'affaires (74 milliards d'euros en 2007) devant E.ON (69 milliards) et EDF (60 milliards).

Dans un contexte de consolidation du secteur en Europe, d'une flambée des prix du pétrole et de l'ouverture des marchés de l'énergie en Europe, le nouveau groupe souhaite mettre l'accent sur le nucléaire.

Il pourrait imposer à EDF un premier bras de fer à l'occasion de la construction d'une deuxième réacteur de nouvelle génération EPR en France. Sur ce dossier, GDF Suez a prévu de prendre une décision début 2009 au plus tard.

Avec la contribution de Marie Maitre

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