(BFM Bourse) - Le tribunal de commerce d'Orléans a prononcé mercredi 25 février, la cessation définitive de l'activité du spécialiste des énergies renouvelables. La justice commerciale avait déjà placé la société en liquidation judiciaire le 23 janvier dernier.
Vergnet a officiellement rendu son dernier souffle. Le tribunal de commerce d'Orléans a prononcé mercredi 25 février, la cessation définitive de l'activité du spécialiste des énergies renouvelables.
Le tribunal de commerce d'Orléans avait déjà placé la société en liquidation judiciaire le 23 janvier dernier, avec poursuite de l'activité jusqu'au 31 mars afin de permettre de trouver un repreneur. La date limite de dépôt des offres était fixée au 20 février dernier.
Or, manifestement aucun repreneur, ou aucune offre viable n'a fait pencher la balance en faveur de Vergnet. Ce qui a définitivement scellé le destin du groupe connu pour ses éoliennes "rabattables" destinée aux zones cycloniques extrêmes. Ces appareils présentaient la particularité de pouvoir être rabattus en cas de tempêtes et d’être adaptés, du fait de leur dimension et de leur poids, au transport dans des zones d’accès difficile.
La liquidation judiciaire et la cessation d'activité sont par conséquent effectives depuis mercredi.
"C'est une belle aventure qui se termine mal, et c'est idiot car c'est une entreprise qui est passée par les mains de financiers qui n'avaient pas de vision industrielle alors que je crois à ce marché. Ma première pensée va au personnel de l'entreprise" explique à ICI Orléans, Marc Vergnet, son fondateur et ancien dirigeant jusqu'en 2012, qui se dit très affecté par cette nouvelle.
Un échec du modèle
Fondé à la fin des années 80, le groupe d’énergies renouvelables est pourtant entré par la grande porte sur Alternext, l'ancêtre d'Euronext Growth, en juin 2007.
La société s'était présentée en Bourse avec l'ambition d'accélérer sur ce marché en développement d’éoliennes de plus grande puissance capables de résister à des cyclones. La demande des particuliers pour l'entrée en Bourse de ce fabricant d'éoliennes, la plus importante jamais réalisée par son montant depuis la création d'Alternext, a été plus de 22 fois supérieure à l'offre initiale.
Mais quatre mois plus tard, le groupe a fait face à des vents défavorables, et avait révisé ses objectifs pour l'année 2007 en raison d'une activité moins forte que prévu en deuxième partie d'exercice.
Au fil des années, le groupe a enchaîné les déconvenues financières, une situation étant imputable à l’échec commercial de la gamme de ses "GEV HP", soit ses générateurs éolien Vergnet de haute puissance. La société a arrêté la commercialisation des GEV HP 1 MW, ce qui a remis fondamentalement en cause sa stratégie et son plan de développement.
Sous perfusion avec des "equity lines"
Au début des années 2010, la situation financière de Vergnet était plus que précaire. La société se trouvait en effet fin décembre 2011 en situation de capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social et d'importantes difficultés mettaient en cause la poursuite de l'activité du groupe au dernier trimestre 2012.
La société a tenté de tourner la page de son échec de ses éoliennes de grande puissance de conception Vergnet, avec une diversification dans les d’équipements hybrides éolien-Diesel et solaire-Diesel et d’électrification solaire pour des applications rurales (pompage d’eau) ou industrielles et commerciales. Sans grand succès, et ce malgré le soutien financier du Fonds Stratégique d’Investissement qui était entré au capital du Groupe Vergnet début 2011, aux côtés du groupe Nass & Wind.
Au cours de la période de 10 années qui a suivi l’introduction en Bourse, le résultat d’exploitation consolidé annuel du Groupe n’a été positif qu’à deux reprises, en 2014 et en 2015, la société dégageant au final une perte d’exploitation cumulée de près de 50 millions d'euros, rappelle un rapport indépendant établi dans le cadre d'une opération d'augmentation de capital en 2018.
En 2017, la société s'est retrouvée en redressement judiciaire, avant sa reprise en plan de continuation par le consortium Arum International. Mais le groupe n'a survécu que sous la perfusion de contrats en financement en capital, qui permettent à des entreprises en difficultés de trouver des fonds rapidement mais au prix généralement d’une importante dilution pour leurs actionnaires. L’intermédiaire financier ayant vocation à céder sur le marché les actions acquises via ces instruments.
L'action ne s'est jamais extraite de son statut de "penny stock" - ces titres qui cotent sous l'euro symbolique - qui lui a collé à la peau depuis 2012, malgré une opération de regroupement d'actions opérée en début d'année 2026. La cotation des titres qui avait été suspendue le 26 janvier à un cours de 0,12 euro après l'annonce de la liquidation judiciaire, ne devrait pas reprendre.
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