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Vallourec : "très exposé à trois marchés à forte croissance"

mardi 31 août 2010 à 09h51

(BFM Bourse) - Les résultas semestriels d'entreprises semblent toujours aussi solides, mais les craintes d'une rechute de l'économie américaine continuent de hanter les investisseurs. Revenu sous les 3500 pts, le marché recèle néanmoins des opportunités d'investissement pour le moyen terme, comme nous l'explique Vincent Verheyde, gérant du fonds Finance Réaction de Finance SA.

Tradingsat.com : L'environnement macroéconomique plombe les marchés depuis quelques semaines.

Vincent Verheyde : La lecture des statistiques n'incite certes pas à l'optimisme le plus béat. Les derniers chiffres de ventes de logements aux Etats-Unis, par exemple, illustrent bien ce qui se passe généralement lorsque l'on retire à un marché sa perfusion. Tous les marchés soutenus à bout de bras par des incitations fiscales subissent un contrecoup lorsqu'elles s'arrêtent. Un scénario déjà largement observé dans l'automobile. De toute manière, le marché immobilier américain n'est pas encore assaini et il le sera d'autant moins rapidement que le taux de chômage augmente.

Tradingsat.com : La dégradation des statistiques de l'emploi américain vous inquiète-t-elle ?

Vincent Verheyde : Elle ne m'étonne pas ! Le marché a pris conscience tardivement du côté artificiel de l'embellie des chiffres d'avril et mai. Tous les dix ans a lieu aux Etats-Unis le recensement de la population américaine, qui nécessite l'embauche massive d'intérimaires qui retourne ensuite dans les statistiques du chômage. C'est ce quiproquo qui est à l'origine selon moi en partie la différence de jugement des investisseurs à l'égard de l'Europe et des Etats-Unis.

Tradingsat.com : C'est-à-dire ?

Vincent Verheyde : Au moment de la crise sur les dettes souveraines, les investisseurs voyaient tout en noir sur l'Europe, et brossaient à l'inverse un tableau quasi idyllique de la situation américaine. Cette différenciation a tenu tant que les chiffres de l'emploi américain ont été considérés comme bons. Dans les deux cas pourtant, les pouvoir exécutifs ont laissé filé les déficits, ce qui aboutit maintenant, et des deux côtés, à une réflexion sur les niveaux de la dépense publique. Le raisonnement qui a prévalu en Europe, a donc migré vers les Etats-Unis, qui ont affiché l'an dernier un déficit budgétaire de 1500 milliards de dollars, soit 11% du PIB !

Tradingsat.com : Voyez-vous néanmoins des raisons d'espérer pour le marché boursier ?

Vincent Verheyde : Il a tendance à voir la vie en rose ou en noir en fonction des nouvelles macroéconomiques. Le processus global d'ajustement des économies n'est pas achevé, ni aux Etats-Unis ni en Europe – sauf peut être pour l'Allemagne. Et avec les compressions budgétaires, la tentation est grande d'augmenter les taxes sur certains secteurs (nucléaire en Allemagne) ou de réduire les subventions sur d'autres (électricité photovoltaïque en France). Géographiquement, l'espoir se situe donc en Asie émergente, où l'on observe une poussée de la consommation, sachant que les salaires minimums en Chine ont augmenté de 20% depuis le début de l'année. Les entreprises les plus internationalisées profitent de cet essor.

Tradingsat.com : A quelles sociétés pensez-vous en particulier ?

Vincent Verheyde : Seb est un bon exemple. Son parcours est fabuleux, alors que sa valorisation reste relativement raisonnable à 13 fois ses résultats estimés 2010. Le rachat du numéro un chinois d'articles de cuisines Supor en 2006 était un coup de maître. On peut citer aussi Volkswagen, qui a beaucoup misé également sur la Chine. Vallourec, qui est fortement exposé à trois marchés à forte croissance : la Chine, le Brésil, et les Etats-Unis, qui « surfent » sur l'exploitation des gisement de gaz non conventionnel. Mais il est également possible de gagner de l'argent en Bourse sur les marchés matures. A condition que les projets soient novateurs.

Tradingsat.com : Comme celui de Geci Aviation ? Vous avez participé à son augmentation de capital.

Vincent Verheyde : Tout à fait. L'entreprise se positionne sur une niche très porteuse avec son petit biturbopropulseur Skylander. Aucun nouvel avion de ce gabarit n'a été conçu depuis 20 ans. Geci va donc avoir un boulevard pour vendre son appareil, d'autant que sa modularité pour toute sorte d'usage (surveillance, transport de passagers, de marchandises…) est exemplaire. Le tout pour un coût de fabrication très inférieur à celui des avions concurrents. C'est un investissement d'avenir, même si, bien sûr, les contraintes de liquidité de notre fonds obligent à limiter la taille de la position.

Tradingsat.com : Voyez vous d'autres petites valeurs à fort potentiel ?

Vincent Verheyde : Sts Group. La société est positionnée sur le marché en plein essor de la dématérialisation. Elle a doublé son chiffre d'affaires l'an dernier. Malgré les risques il y a aussi des opportunités dans les biotechs, à condition de choisir les dossiers les plus solides. Je pense à Transgene, qui a fait le choix le plus pertinent à moyen terme pour son produit d'immunothérapie TG4010 en accordant une licence exclusive et mondiale à Novartis.

Tradingsat.com : A l'inverse, évitez-vous certains secteurs ?

Vincent Verheyde : Nous sommes absents depuis longtemps des pures players de la construction. Des sociétés comme Bouygues (présente dans les télécommunications), ou comme Vinci (les concessions) peuvent néanmoins figurer dans le portefeuille. Nous restons aussi largement sous investis sur les bancaires. Ce n'est pas parce que l'on a assoupli les règles sur le projet de Bâle III que cela modifie en quoi que ce soit l'opacité des actifs qui sont détenus par les banques, dont on ne sait toujours pas grande chose aujourd'hui. Deux exceptions toutefois : BNP Paribas sur laquelle nous avons récemment reconstitué une ligne, et Boursorama dont nous apprécions la transparence et le modèle de développement.

Tradingsat.com : France Télécom verse aujourd'hui son acompte sur dividende, un placement intéressant ?

Vincent Verheyde : Le « fly to quality », c'est-à-dire l'intérêt du marché pour les titres d'Etat, censés offrir la meilleure qualité de signature, me laisse aujourd'hui perplexe. Je n'irai jamais prêter à 10 ans à l'Etat français à 2,5% alors qu'il y a des sociétés, comme France Telecom, Vinci ou Vivendi, qui donnent une rémunération nettement supérieure alors que leurs signatures valent, de mon point de vue, celles de l'Etat. Les actifs risqués ne sont pas forcément ceux que l'ont croit…

Propos recueillis par François Berthon

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