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Twitter : Les questions en suspens au sujet du rachat de Twitter par Elon Musk

mardi 26 avril 2022 à 09h35
Twitter accepte l'offre de rachat d'Elon Musk

(BFM Bourse) - Réticent au départ, Twitter vient d'accepter l'offre de rachat d'Elon Musk qui est sur le point d'avaler le réseau social pour près de 44 milliards de dollars. Le financement de cette opération repose pour partie sur la santé boursière de Tesla.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Elon Musk n'a pas racheté Twitter - du moins pas encore. Pour l'instant, le fondateur de Tesla a réussi à amadouer le conseil d'administration en recourant au plus vieil argument de la Bourse : une bonne grosse prime (38% de plus que ne valait l'entreprise avant que Musk ne dévoile son intérêt). Le 14 avril, le groupe confirmait avoir reçu d'Elon Musk une proposition non sollicitée et sans engagement à 54,20 dollars par action. La réaction initiale du board a été pour le moins mitigée : à toutes fins utiles, le groupe a annoncé le lendemain 15 avril la mise en place d'un dispositif de type "pilule empoisonnée", lui donnant la possibilité d'émettre de nouvelles actions dans le cas où un acquéreur parviendrait à mettre la main sur au moins 15% du capital dans le cadre d'une opération non approuvée par le conseil (renchérissant potentiellement le coût d'acquisition du solde du capital dans le cadre d'une offre "hostile"). Mais les administrateurs (dont fait partie Jack Dorsey, le fondateur) n'ont mis que dix jours à se ranger aux arguments sonnants et trébuchants d'Elon Musk –ce dernier ayant pris soin de faire miroiter qu'il avait les moyens de ses ambitions– et annoncé ce lundi la conclusion d'un accord définitif en vue d'une vente de la société au célèbre entrepreneur. L'offre que s'apprête à soumettre Elon Musk à l'ensemble des actionnaires est donc recommandée à l'unanimité: "Le conseil d'administration de Twitter a mené un processus réfléchi et approfondi pour évaluer la proposition d'Elon en mettant résolument l'accent sur la valeur, le degré de certitude et le financement. La transaction envisagée représente une prime substantielle en cash, et nous pensons que c'est la meilleure voie à suivre pour les actionnaires de Twitter". En pratique, en recommandant l'offre le groupe s'interdit de rechercher un chevalier blanc (mais un tiers pourrait toujours surenchérir à condition de verser une indemnité de rupture à Elon Musk).

En pratique, les actionnaires ont encore quelques temps avant de pouvoir s'y engager. L'offre doit d'abord recevoir le feu vert des actionnaires, ce qui implique une assemblée générale, obtenir les autorisations réglementaires idoines, et reste conditionnée à des critères d'affaires usuels. Une histoire de quelques semaines à quelques mois, mais a priori l'affaire devrait être bouclée dans le courant de l'année. Et un retrait de la cote aura vraisemblablement lieu dans la foulée compte tenu des facilités qu'offre à cet égard le droit s'appliquant aux entreprises incorporées dans le Delaware… ce qui est le cas de Twitter (bien que son siège opérationnel se trouve à San Francisco).

Est-ce que ce prix fait de Twitter une société intrinsèquement chère ?

Les 54,20 dollars qui seront versés, entièrement en numéraire, valorisent la totalité du capital de Twitter un peu moins de 44 milliards de dollars. Sachant qu'Elon Musk en détient déjà 9%, il lui reste un peu moins de 40 milliards à débourser. Ce prix constitue effectivement une prime coquette pour un titre en perte de vitesse depuis l'été 2021, qui était tombé à près de 30 dollars en février dernier. La valeur de l'actif comptable par action est de moins de 10 dollars, et le titre ne peut même pas s'évaluer en fonction des bénéfices de l'entreprise (PER), puisque l'activité de Twitter est en fait déficitaire, alors que l'entreprise n'a pas encore réussi à capter davantage que 3% de l'immense marché de la publicité digitale. Mais Twitter reste l'un des réseaux sociaux les plus populaires au monde. Si le nombre total d'inscrits n'a guère de signification, le groupe comptait 217 millions d'utilisateurs quotidiens monétisables fin 2021 (dont 38 millions aux Etats-Unis). "Si l'on regarde le prix par utilisateur relativement à Meta ou Snap, Elon Musk semble réaliser une bonne affaire", souligne Benjamin Sacchet, directeur associé et gérant de fortune chez Avant-Garde Investment. En effet, au prix actuel de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) chaque utilisateur est valorisé 139 dollars, et même 163 dollars dans le cas de Snapchat, alors que l'offre valorise "seulement" 92 dollars chaque utilisateur de Twitter. En plus de développer la base d'utilisateur, le premier objectif du nouveau propriétaire sera d'augmenter la création de valeur, ajoute Benjamin Sacchet. " À titre de comparaison, Meta génère presque trois fois plus de chiffre d'affaires par utilisateur, laissant un potentiel d'amélioration subséquent pour Twitter".

L'offre peut-elle échouer ?

Si les échecs sont peu fréquents, il existe bien des exemples d'offres restées sans suite dans le secteur de la tech, qu'il s'agisse d'offre hostiles comme la tentative de rachat d'Illumina par Roche en 2012 ou celle de Yahoo par Microsoft en 2008 (pour 41 milliards de dollars…) ou même amicales avec une proposition de reprise de BlackBerry par la holding canadienne Fairfax Financial Holdings qui n'était pas allée à son terme en 2013. En théorie, si trop peu d'actionnaires sont séduits et qu'Elon Musk ne parvient pas à mettre la main sur au moins la moitié du capital, l'offre échouerait. Mais l'écart entre le prix proposé et le niveau auquel se traînait le titre auparavant n'accrédite pas cette hypothèse.

Y a-t-il des conséquences pour Tesla ?

La particularité de la première fortune mondiale est qu'elle est littéralement bâtie "sur du papier" : Elon Musk a liquidé son patrimoine immobilier et ne détient quasiment pas de cash, la quasi-totalité de son patrimoine est constituée d'une valeur mobilière : ses parts dans Tesla (environ 17% du capital à l'heure actuelle). En aucun cas il n'a sur son compte de quoi financer le premier des 44 milliards de dollars du montant du rachat de Twitter. Le montage financier est donc entièrement "leveragé". D'une part, Elon Musk a convenu avec un consortium bancaire deux groupes de prêts, l'un de 13 milliards de dollars de dette "senior", c'est-à-dire garantie par la cible elle-même, l'autre de 12,5 milliards de dollars, assis sur une fraction du capital de Tesla (un "margin loan" adossé à 62,5 milliards de dollars de titres Tesla). D'autre part, 21 milliards d'euros de fonds propres ("equity") complètent le montage. Musk ne possédant pas cette somme en numéraire, il s'agit a priori des fonds apportés par des tiers avec potentiellement un adossement sous une forme ou une autre au cours de Tesla.

Guillaume Bayre - ©2025 BFM Bourse
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