(BFM Bourse) - La banque américaine a abaissé son conseil sur le groupe d'électronique et de défense à "neutre" contre "surpondérer". La faiblesse de la division "cyber & digital" handicape le parcours boursier, au point où la banque suggère de vendre cette activité.
Thales a beau évoluer sur un créneau porteur en Bourse - la défense - ses performances ont de quoi laisser un goût doux-amer aux investisseurs. Sur un an, le groupe avance de seulement 9% quand Rheinmetall prend 44,2%, Leonardo 36% et BAE Systems 41,2%.
Le groupe d'électronique et de défense a pâti des incertitudes autour du budget de la défense en France, qui a finalement été préservé pour 2026 après des tractations politiques intenses dans les hémicycles. Environ 37% des revenus de Thales sont générés dans l'Hexagone.
Surtout, la société présidée et dirigée par Patrice Caine est plombée depuis plusieurs trimestres par les contre-performances de sa division "cyber & digital". Cette division regroupe les activités de cybersécurité de Thales, ainsi que celles dites "identité numérique et biométrie" (cartes à puces pour les services bancaires, solutions de connectivité pour l'internet des objets, solutions biométriques).
Les résultats annuels de Thales, publiés mardi, ont encore illustré à quel point ces activités demeurent le talon d'Achille du groupe.
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Perspectives peu reluisantes pour le numérique
L'an passé, la division "cyber & digital" est la seule à avoir affiché une baisse de ses revenus en données comparables, avec un repli de 0,9%. Toutes les autres ont progressé. Les activités à destination de l'aéronautique civile et du spatial ont enregistré une croissance de 8,7% quand la défense a grimpé de 12,2%.
La cybersécurité pèse particulièrement avec un repli de près de 4% sur l'année et de 1,1% sur le seul quatrième trimestre.
L'entreprise a justifié cette baisse du chiffre d'affaires en évoquant la faiblesse du marché en Australie ainsi que des "perturbations" liées à l'intégration d'Imperva, une société rachetée en décembre 2023 pour 3,6 milliards de dollars.
"La division 'cyber et digital' demeure le maillon faible" et les perspectives pour 2026 ne montre pas d'amélioration suffisante, a pointé mardi Barclays.
Dans ses objectifs pour 2026, Thales prévient qu'"au sein de l’activité cyber, la finalisation de l’intégration d’Imperva permet au groupe de bénéficier du plein potentiel de l’activité et de renouer progressivement avec une croissance solide au cours de l’année 2026".
Toutefois "la croissance devrait être plus mesurée au sein des activités digitales, reflétant un marché toujours atone en volume sur les cartes de paiement physiques et une base de comparaison élevée pour les solutions de connectivité mobile", ajoute l'entreprise.
Une cession?
Pour JPMorgan, il n'y a pas plus de raison d'avoir une opinion positive sur l'action. La banque américaine a abaissé son opinion sur l'action à "neutre" contre "surpondérer" (équivalent d'acheter) ce mercredi 4 mars.
À la Bourse de Paris, Thales évolue peu (+0,04%) et sous performe le CAC 40 (+1,2%) après ce changement de recommandation.
"Thales possède l'une des meilleures activités de défense en Europe, et le résultat opérationnel ajusté de l'activité défense de 2025 a été supérieur de 14% aux estimations du consensus (la prévision moyenne des analystes, NDLR) d'il y a deux ans. Mais au cours de la même période, le résultat opérationnel ajusté du groupe n'a pas du tout dépassé le consensus, en raison d'importantes révisions à la baisse dans la division Cyber & Digital", développe JPMorgan.
La banque pointe le repli des revenus des activités de cybersécurité de la société, alors que le groupe pensait voir ses métiers progresser d'environ 10%. Certes, Thales invoque l'intégration d'Imperva, qui ne devrait avoir qu'un impact temporaire. Et JPMorgan "a envie de donner au groupe le bénéfice du doute".
"Cependant, le marché pourrait ne pas se montrer indulgent si l'activité 'cyber' ne parvient pas à afficher une croissance organique solide en 2026", prévient la banque.
Sur les seules activités "digital (cartes Sim, cartes bancaires, cartes d'identités etc…), JPMorgan estime que le résultat opérationnel est en baisse depuis 2023.
"Ce qui est préoccupant ici, c'est que la détérioration n'est pas cyclique, mais structurelle", assène l'établissement.
Au point que la banque américaine pose la question: " Est-il temps de céder la division 'cyber & digital' (en totalité ou en partie) ?"
S'il est établi que la division "cyber et digital" leste les perspectives boursières de la société, certains analystes recommandent de penser outre.
"Bien que nous estimions que la division 'cyber et digital' (environ 15% du chiffre d'affaires) reste à surveiller, les perspectives favorables dans les domaines de la défense et de l'aérospatiale nous incitent à maintenir notre opinion positive et à réitérer notre recommandation d'achat", a écrit Citi mardi.
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