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STMICROELECTRONICS

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Stmicroelectronics : L'appel du patron d'Anthropic à calmer le jeu sur l'IA provoque une chute en Bourse de STMicro et de Schneider Electric, tandis que Capgemini et Dassault Systèmes grimpent

Aujourd'hui à 10:51
Dario Amodei, le patron d'Anthropic

(BFM Bourse) - La séance boursière de ce lundi 14 septembre est marquée par la baisse des valeurs IA, lestées par les appels du pied des patrons de la tech à ralentir le développement des grands modèles d'IA. Les groupes de semi-conducteurs chutent tandis que les entreprises perçues comme des perdantes de l'IA remontent la pente.

Les interrogations autour de la trajectoire des dépenses dans l'intelligence artificielle (IA) font une nouvelle fois la pluie et le beau temps en Bourse ce lundi 14 septembre.

Les actions des groupes de semi-conducteurs, des entreprises étroitement liées à cette thématique en raison des nombreuses puces qu'ils développent pour équiper les centres de données (data centers), souffrent.

Les coréens SK Hynix et Samsung Electronics, tous deux très présents dans les puces mémoire, ont respectivement abandonné 6,4% et 4% à Séoul. Le japonais Kioxia, autre spécialiste de la mémoire, a chuté de 6,4%.

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En Europe, ASML, la plus importante entreprise européenne en Bourse en termes de capitalisation (la valeur de la totalité des actions), abandonne 5,6% vers 11h20.

À la Bourse de Paris, les deux grands groupes de semi-conducteurs Soitec et STMicroelectronics chutent respectivement de 14,5% et 6%. Ces deux titres ont bondi (+437% pour Soitec, +89%) depuis le début de l'année, portés notamment par le développement de leurs produits pour la connectivité interne des data centers.

Au-delà des semi-conducteurs, l'ensemble des valeurs IA tanguent. Les spécialistes des équipements électriques Legrand et Schneider Electric perdent respectivement 5,5% et 5,4%.

Interrogations sur la course à l'IA

Ces deux groupes ont, ces récentes années, vu leurs cours de Bourse dopés par les ventes de leurs nombreux produits onduleurs, suites logicielles, systèmes de refroidissement…) destinés à la gestion de l'efficacité énergétique des centres de données.

Ce mouvement de baisse sur les "valeurs IA" trouve sa source dans des déclarations survenues ce week-end.

Le directeur général de la start-up d'IA Anthropic, Dario Amodei, a écrit samedi sur son site personnel un message appelant à "temporiser" l'amélioration de l'IA pour "que la prévention des risques soit en mesure de suivre le rythme".

Dans la foulée, Elon Musk, directeur général de Tesla et de SpaceX, a posté sur X un message pour signifier que Dario "(avait) raison". Sam Altman, directeur général d'OpenAI, société rivale d'Anthropic, a lui assuré, également sur X, être "d'accord" avec Dario Amodei.

"Qu’un responsable de l’IA évoque la sécurité, le marché peut facilement le classer dans la catégorie de la philosophie de la Silicon Valley. Mais lorsque les dirigeants de ces laboratoires de pointe se mettent à parler, à peu près au même moment, de ralentir la course, les traders vont se demander ce que cela signifie pour la course (à l'IA, NDLR) elle-même", juge Stephen Innes, de Spi AM. "C’est là que le bouton 'vendre' entre en jeu", ajoute le gérant.

Dario Amodei n'a, certes, pas explicitement appelé à diminuer ni même ralentir les dépenses d'investissements (les "capex") dans l'IA.

"Amodei lui-même ne réclame pas l’arrêt du développement des modèles. Il souhaite simplement que l’on prenne davantage de temps entre chaque étape, que l’on procède à des évaluations plus indépendantes et que l’on examine de plus près les rouages du système avant que le secteur ne se lance à nouveau à toute vitesse", note Stephen Innes.

"Mais la Bourse n’a pas payé les multiples de valorisation actuels (sur les valeurs IA, NDLR) pour jouer la prudence. Elle mise sur la rapidité", poursuit-il.

"Pour les marchés, la question centrale est de savoir s’il s’agit là d’un premier signe indiquant que le cycle d’investissement exceptionnel dans l’IA pourrait finir par s’atténuer", tranche de son côté Jim Reid de Deutsche Bank.

La fin de l'humanité?

"Pour l’instant, cela semble peu probable. La course à la compétitivité entre les entreprises et les pays reste intense, et il est difficile d’imaginer que des entreprises prennent volontairement du recul alors que leurs concurrents continuent d’aller de l’avant. Il est difficile d’envisager que la Chine reste les bras croisés. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré hier le président Trump en réaction aux informations parues ce week-end. Il ne semblait pas favorable à une quelconque pause", développe le spécialiste de marché.

Jim Reid juge toutefois que ces déclarations pourraient changer la répartition des "capex".

"Plutôt que d'indiquer une baisse des dépenses, cela pourrait simplement signifier qu'une part plus importante des investissements dans l'IA est consacrée à la sécurité, à la surveillance et à la gouvernance, parallèlement à la poursuite du développement de l'infrastructure informatique", tranche-t-il.

À noter que si les "valeurs IA" souffrent donc à la Bourse de Paris, les actions de groupes considérés comme des "perdants" du boom de l'intelligence artificielle surnagent.

Capgemini prend 4,5%. En janvier, Morgan Stanley estimait que l'essor de l'IA créerait une "disruption" sur le modèle d'affaires du groupe (et plus généralement des entreprises de services numériques), ce qui empêchera la croissance de la société de dépasser 3% à moyen terme.

L'éditeurs de logiciels de gestion du cycle de vie de produits Dassault Systèmes s'adjuge 2,7%, tandis que Publicis, autre valeur plombée par l'essor de l'IA, gagne 2,6%.

Les déclarations des grands patrons des groupes d'IA font écho à des avertissements retentissants sur les risques posés par l'IA.

La semaine dernière, Jacob Coxon, un chercheur de 27 ans, a démissionné de son poste chez Anthropic, clamant sur les réseaux sociaux qu'à terme l'IA pourrait détruire l'humanité.

Ce chercheur travaillait depuis trois ans sur le pré-entraînement, l'étape où les modèles absorbent d'immenses quantités de données, d'abord chez OpenAI puis, cette année, chez son grand rival Anthropic. Jacob Coxon affirmait notamment qu'"aucune autre activité humaine ne pose un tel niveau de danger" et allait jusqu'à déclarer qu'Anthropic et OpenAI "(jouaient) avec nos vies".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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