(BFM Bourse) - Le groupe automobile né de la fusion de Fiat Chrysler et Peugeot SA a publié des résultats en nette amélioration au premier trimestre. Le groupe a toutefois encore brûlé près de 2 milliards d'euros de cash.Surtout l'amélioration de sa rentabilité en Amérique du nord est due à des éléments exceptionnels.
En convalescence depuis bientôt deux ans, Stellantis essaie de sortir la tête de l'eau.
Le groupe né de la fusion entre Peugeot SA et Fiat Chrysler en 2021 a été pénalisé pendant de nombreux trimestres par des stocks élevés aux États-Unis qui ont fini par grever ses ventes et ses résultats. L'an passé la société a accusé une perte opérationnelle de 842 millions d'euros et une perte nette de plus de 22 milliards d'euros, lestée par de lourdes dépréciations sur ses actifs industriels dans l'électrique.
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Mais les analystes les plus optimistes sur le dossier pense que l'année 2026 marquera une inflexion, car les résultats commenceront à se redresser grâce à l'offensive produits de la société aux États-Unis et à de moindres coûts liés à l'électrique.
"Le premier rapport trimestriel complet de Stellantis devrait marquer un tournant pour l'importante région Amérique du Nord", prédisait UBS en amont des comptes du premier trimestre de la société. La banque suisse tablait notamment sur un résultat opérationnel courant de 400 millions d'euros pour une marge correspondante de 1,1%.
Redressement en trompe-l'oeil de la marge aux États-Unis
Les comptes trimestriels publiés (pour la première fois de l'histoire de la société) ce jeudi par le groupe automobile sont, a priori, de nature à justifier l'optimisme de la banque suisse.
Sur les trois premiers mois de l'année, Stellantis a vu ses livraisons progresser de 12% à 1,36 millions d'unités.
Les revenus ont grimpé de 6% à 38,1 milliards d'euros. Le résultat opérationnel courant a, lui, été multiplié par près de trois, à 960 millions d'euros, la marge correspondante s'établissant à 2,5% contre 0,9% un an plus tôt.
Le groupe est repassé dans le vert au niveau du résultat net, avec un bénéfice de 377 millions d'euros contre une perte de 387 millions d'euros un an plus tôt.
La société a toutefois continué de brûler du cash (-1,9 milliard d'euros de flux de trésorerie industriel) même si cette consommation de trésorerie est nettement inférieure à celle des trois premiers mois de 2025 (-3 milliards d''euros).
"Les trois premiers mois de 2026 reflètent les premiers résultats des mesures que nous avons prises pour ramener Stellantis sur la voie d'une croissance durable et rentable. Les modèles que nous avons lancés en 2025 ont été bien accueillis et nous sommes convaincus que les dix nouveaux véhicules prévus pour 2026 permettront de poursuivre sur cette lancée", a déclaré le directeur général, Antonio Filosa, cité dans un communiqué.
Et pourtant la copie livrée par la société est sévèrement punie par les investisseurs. À la Bourse de Paris, l'action Stellantis dévisse de 8% dans les premiers échanges, ce jeudi 30 avril.
C'est que le diable se cache dans les détails. En Amérique du Nord, la région la plus importante de la société, les livraisons de la société ont progressé de 17%, grâce aux succès de certains modèles à grosse motorisation (dont les Américains sont friands), avec le Ram 1500 Hemi ou le nouveau Jeep Cherokee.
Surtout la marge opérationnelle courante est, sur le papier repassé en territoire positif (1,6% contre -3,7% un an plus tôt).
Mais il y a un mais. Bernstein remarque que les résultats de la société en Amérique du Nord ont été artificiellement gonflés par des remboursements de droits de douane aux États-Unis à hauteur de 400 millions d'euros.
"Si ce montant n'avait pas été remboursé, la région Amérique du Nord aurait affiché une marge négative de 0,8% au lieu de la marge positive de 1,6% indiquée", constate l'intermédiaire financier.
Rendez-vous en mai
A contrario, en Europe, la marge opérationnelle courante est tombée à 0,1% contre 2,1% au premier trimestre 2025. La rentabilité de la société est surtout tirée par la zone Afrique-Moyen-Orient, avec un taux de 11,8% et par l'Amérique du Sud (10,8%).
"Nous nous attendons à un débat animé, notamment sur la qualité et la viabilité de la marge opérationnelle courante nord-américaine, qui restent faibles, et il va sans dire que la persistance d'un flux de trésorerie disponible négatif reste un sujet de préoccupation", tranche Citi à la lueur de ces résultats.
À l'issue de ce trimestre, Stellantis a confirmé ses objectifs pour l'année en cours, visant une hausse de ses revenus "mid-single digit" (autour de 5%), une marge opérationnelle courante de 1% à 3% et un flux de trésorerie "en amélioration" par rapport à 2026.
Le groupe tiendra le 21 mai une journée dédiée à sa stratégie durant laquelle le directeur général, Antonio Filosa, présentera les ambitions de la société pour les prochaines années.
Comme le souligne Citi, de nombreuses informations de presse ont rapporté que la société pourrait avoir recours à des partenaires chinois pour résoudre le problème de ses surcapacités en Europe. Le groupe automobile pourrait également recentrer ses efforts sur une poignée de marques ou revenir sur le marché chinois.
"Même si aucun de ces éléments n'est une solution miracle, ils offrent néanmoins une feuille de route plus précise pour l'avenir de Stellantis et pourraient servir de base à la présentation journée investisseurs prévue en mai", commente la banque américaine.
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