(BFM Bourse) - Le géant français du petit électroménager livre un chiffre d'affaires annuel historique, à plus de 8 milliards d'euros, et relève légèrement sa perspective de marge opérationnelle. Le marché applaudit notamment la fin d'année plus dynamique qu'anticipé.
La robustesse des comptes dévoilés fin octobre à l'issue du 3e trimestre avait incité le n°1 mondial du petit électroménager domestique à revoir nettement à la hausse ses objectifs annuels, largement dépassés selon son point d'activité. "Le groupe a réalisé en 2021 une année record en dépassant les 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires" se félicite son PDG Thierry de La Tour d'Artaise, qui se dit "particulièrement fier" de la performance réalisée.
SEB livre précisément un chiffre d'affaires 2021 de 8,059 milliards d'euros, en croissance organique de 15,5% et de 16,1% en données publiées, soit bien mieux que l'objectif rehaussé il y a trois mois à "autour de 14%" en publiées.
Le propriétaire des marques Krups, Moulinex, Rowenta ou encore Tefal a de fait fini l'année en boulée de canon, parvenant à faire croître ses revenus de 11,3% sur les trois derniers mois à 2,488 milliards d'euros, traduisant une progression organique de 8,4% sur la période, "largement supérieure au consensus (+5,2%)" pointe Sarah Thirion, analyste chez Midcap Partners, qui souligne que cette performance a été réalisée "avec une base de comparaison devenue plus exigeante".
Belle progression en Europe
"Mises en perspective de 2019, qui constitue une base de comparaison plus normalisée que 2020, très atypique du fait du Covid-19, nos ventes annuelles ont progressé de 9,6%" en données publiées, précise SEB.
Les deux divisions du groupe ont enregistré une croissance organique à deux chiffres en 2021. L'activité grand public, prépondérante au sein du mix (92,2% du chiffre d'affaires), affiche 7,43 milliards d'euros de revenus sur les douze derniers mois (+16,7% en données publiées et +16% périmètre et changes constants), reflétant "un 4e trimestre en progression plus soutenue qu'attendu grâce à des commandes tardives" relève Sarah Thirion.
"La performance de la branche a été largement soutenue par le e-commerce et traduit par ailleurs une amélioration du mix-produit et de belles réalisations par zone avec une croissance des ventes de 18,7% en Europe, Moyen-Orient et Afrique, dont une hausse remarquable de 14,9% en Europe occidentale, zone pourtant hautement mature" détaille l'analyste. La zone Amérique scelle pour sa part un chiffre d'affaires en croissance organique de 19,1% et l'Asie une hausse de 10,7% en année pleine, "dont une progression de 10,7% en Chine qui viendra rassurer les plus sceptiques" juge-t-elle.
L'activité professionnelle (7,8% des revenus) a de son côté confirmé son redressement et délivré 10,2% de croissance organique à 628 millions d'euros.
"Cette croissance exceptionnelle des revenus, supérieure à un milliard d'euros sur l'année, [...] nous permet de nous permet de compenser les vents contraires et d’atteindre une marge opérationnelle d’activité de 10%" se réjouit Thierry de la Tour d'Artaise - contre "proche de 10%" auparavant. Le résultat opérationnel d’activité devrait ainsi légèrement excéder 800 millions d'euros, incluant des surcoûts (matières, composants, fret, devises) estimés autour de 300 millions, comme anticipé.
Un fort "pricing power"
SEB ne se risque en revanche pas encore à annoncer des perspectives pour l'exercice en cours, mais son PDG se dit "confiant dans notre capacité à surperformer le marché mondial sur l’ensemble de nos activités". Compte tenu d'une base de comparaison élevée, Sarah Thirion table sur un ralentissement de la croissance des revenus du groupe en 2022, à +4% en organique contre un taux de croissance annuel moyen de 5,5% entre 2010 et 2019.
"Si le groupe peut être sensible à la perturbation des chaines de production, au ralentissement de l’immobilier en Chine ou encore à l’inflation, il convient de se rappeler que le groupe Seb a traversé absolument toutes les crises y compris celle de 2020 (revenus en repli organique de seulement 3,8% sur l'exercice)" poursuit l'analyste, qui pointe ainsi le "pricing power" dont dispose SEB.
En réaction à cette publication jugée "remarquable", elle relève sa cible de 187 à 192 euros sur le titre SEB, suggérant un potentiel de hausse de 53% à la clôture de mardi. Au sein d'un marché où s'opère un rebond technique prononcé (+1,9% pour le CAC) avant les annonces de la Fed, l'action du champion de l'électroménager signe la meilleure performance du SBF 120 avec un gain de 6,3% à 133 euros, lui permettant d'effacer ses pertes accumulées... lors des trois dernières séances.
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