(BFM Bourse) - Le groupe spécialisé dans le petit électroménager bondit vivement à la Bourse de Paris après avoir délivré une publication dépassant les attentes des analystes. Seb a aussi annoncé le plan "Rebond" comprenant un programme d'économies de coûts, et d'importantes suppressions de postes.
Les dernières annonces de Seb séduisent le marché. Le spécialiste du petit électroménager bondit de 10% ce mercredi 25 février, vers 09h40 à la Bourse de Paris en réaction à des résultats supérieurs aux attentes des analystes.
Les investisseurs apprécient notamment l'annonce du plan "Rebond", un programme d'économies de coûts draconien qui vise à "retrouver" une "trajectoire de croissance rentable".
En 2025, le propriétaire d'une trentaine de marques, dont Krups, Moulinex, Rowenta, Calor ou Tefal a été éprouvé par une activité moins soutenue qu’anticipé en Europe, un attentisme des distributeurs grand public et de la clientèle professionnelle aux États-Unis.
Une année marquée par des vents contraires
Oddo BHF remarque qu’au titre de son exercice 2025, le groupe Seb publie des résultats "globalement supérieurs aux attentes".
En 2025, les ventes du groupe ont atteint 8,169 milliards d’euros, soit une baisse de 1,2% en données publiées et une légère croissance organique de 0,3%. Seb dépasse légèrement les prévisions du bureau d’études qui tablait pour sa part sur un chiffre d’affaires annuel de 8,153 milliards d’euros.
Un peu plus bas dans les comptes, le résultat opérationnel d'activité (ROPA) annuel a chuté de 25% en données publiées sur un an, à 601 millions d'euros, "reflet d’un exercice difficile", concède Stanislas de Gramont, le directeur général.
La société a dû faire face à de fortes perturbations conjoncturelles, citant les droits de douane aux Etats-Unis, une volatilité des devises et un effet de comparaison élevé pour son activité café professionnel.
Dans une note publiée en juillet dernier, Berenberg signalait que les poêles et les casseroles représenteraient 70% à 80% des ventes de la société aux États-Unis. Or, ces produits sont directement concernés par les droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium, qui sont passés en juin de 25% à 50% (à l'exception du Royaume-Uni).
Les droits de douane de l’administration Trump ont fait beaucoup du mal à Seb, et ont conduit le groupe à sabrer ses objectifs 2025 à deux reprises au cours de l’année écoulée.
La société avait entre autres abaissé son objectif de ROPA en octobre, l’attendant entre 550 et 600 millions d'euros. Finalement, le principal indicateur de rentabilité du groupe en 2025 a atteint le haut de la fourchette de prévisions et s’avère supérieur aux estimations du consensus (564 millions d’euros), cité par Oddo BHF qui attendait pour sa part 575 millions d'euros pour cet indicateur.
La marge correspondante chute logiquement, à 7,4% en 2025, contre 9,4% à fin décembre 2024. Le résultat net part du groupe est ainsi de 245 millions d’euros contre 232 millions d’euros en 2024.
Une fin d'année plus positive
La génération de cash reflète l’environnement encore heurté, remarque TP ICAP Midcap avec un cash-flow libre annuel d’environ 124 millions d’euros contre 260 millions d’euros en 2024). Il est affecté par une hausse du besoin en fonds de roulement d’exploitation.
Point positif de la publication, le groupe a fait mieux en fin d’année avec une réduction progressive des effets négatifs en fin d’année. Pour le dernier trimestre, le chiffre d’affaires s’est inscrit en en légère progression à périmètre et à taux constants (+0.9%) dont une hausse de 1% pour les produits "grand public" et un léger recul de 0,1% pour les machines à destination des professionnels.
Du côté de la marge opérationnelle d’activité, TP ICAP Midcap note qu’à 13,3% au quatrième trimestre, elle est en amélioration séquentielle par rapport au troisième trimestre (7,7%), "signe tangible du potentiel de redressement opérationnel du groupe".
Plan "Rebond"
En marge de la publication de ces résultats supérieurs aux attentes, Seb anticipe une croissance de son ROPA en 2026, ainsi qu’une génération de cash-flow libre plus normative, sans donner d’objectifs précis, remarque Oddo BHF.
Le bureau d’études retient un ROPA de 650 millions d’euros (consensus 666 millions d’euros) ce qui laisserait apparaitre une progression de +8% pour un free-cash flow de 397 millions d’euros (moyenne 10 ans environ 400 millions d’euros) de sorte qu’il laisse ses estimations inchangées.
Seb a, donc, également annoncé le lancement de son plan "Rebond", visant à retrouver "une trajectoire de croissance rentable". La société compte accélérer le temps de mise sur le marché de ses nouveaux produits, dans un contexte d’accélération des cycles d’innovation, et tirer parti des nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle.
Le plan Rebond intègre également un programme d’économies ciblées de 200 millions d’euros en rythme de croisière d’ici fin 2027, dont Oddo BHF comprend "qu’une partie sera réinvestie dans la croissance". Ce plan s’articule autour de trois axes principaux: la réduction des achats indirects, l’amélioration de l’efficacité industrielle et l’optimisation des frais de structure.
Oddo BHF précise que le résultat net 2026, sera néanmoins lesté par les provisions relatives au plan d’économie de 200 millions d’euros à horizon 2027.
À moyen terme, le groupe vise toujours une croissance organique des ventes de 5% et une marge opérationnelle de 10% qui tendra ensuite vers 11%. Le groupe a pour objectif de ramener son ratio financier (dette/Ebitda) autour de 2 fois en 2027.
"Entre normalisation progressive au quatrième trimestre 2025 et déploiement du plan Rebond, Seb se positionne pour convertir ses atouts", fait valoir TP ICAP Midcap qui maintient son opinion à l’achat sur le titre et son objectif de cours de 78 euros.
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