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SANOFI

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Sanofi : Le groupe Sanofi enregistre des résultats prometteurs contre le cancer du poumon

lundi 27 avril 2020 à 16h38

(BFM Bourse) - Expérimenté chez des personnes hospitalisées à cause du Covid-19, l'anticorps de Sanofi sarilumab a abouti à des résultats très mitigés au contraire du fameux tocilizumab (un concurrent direct mis au point par Roche) que l'AP-HP considère comme prometteur. En revanche, un autre composé du groupe français, le cemiplimab, semble à même de "changer le paradigme thérapeutique" dans la forme de cancer la plus fréquente et meurtrière: le cancer du poumon.

L'actualité se télescope chez Sanofi en ce début de semaine, avec une (relativement) mauvaise nouvelle et une bonne (voire très bonne) nouvelle. Si son médicament sarilumab (commercialisé sous le nom de Kevzara), semble essuyer un revers dans le traitement des patients touchés par la pneumonie Covid-19, surtout comparé aux résultats de son concurrent direct tocilizumab (l'Actemra de Roche), le groupe français progresse néanmoins significativement lundi en Bourse de Paris. Ceci grâce à des résultats impressionnants pour un autre anticorps développé avec son partenaire américain Regeneron appelé cemiplimab (Libtayo) dans une indication malheureusement trop fréquente, le cancer du poumon "non à petites cellules". Vers 15h00, l'action grimpe de 3,45% à 94,08 euros.

Pour commencer comme il se doit par la mauvaise nouvelle, le sarilumab vient d'obtenir des résultats certainement décevants chez des patients hospitalisés pour le Covid-19, sans pour autant condamner l'utilité de cet anticorps par ailleurs déjà homologué pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, une maladie inflammatoire auto-immune. Tout comme l'Actemra de Roche, qui a le même mode d'action (tous deux agissent contre le récepteur de l’interleukine-6, ou IL-6) ce médicament ne vise pas à lutter directement contre la réplication du virus dans l'organisme, mais à empêcher l'emballement du système immunitaire - cette "tempête de cytokines" sous forme d'inflammation générale pouvant entraîner la défaillance d'organes vitaux.

Vers un ooursuite des essais pour certains patients

Toutefois, le volet de phase 2 d'un essai de phase 2/3 (essais cliniques intermédiaires) en cours n'a pas vraiment permis d'observer de résultats probants, du moins à l'échelle de l'ensemble des patients c'est-à-dire à la fois des personnes présentant une forme "sévère" du Covid-19 (nécessitant une supplémentation en oxygène mais sans ventilation mécanique), une forme "critique" (oxygénation à haut débit ou respirateur) voire en "défaillance multiviscérale". Toutefois, un certain effet semble perceptible sur la fraction des patients dits "critiques". Sur ces bases, le Comité indépendant chargé du suivi des données a recommandé de poursuivre l'essai en phase 3 mais seulement chez ces patients.

"Même en situation de pandémie, il est à la fois essentiel et possible d’obtenir des données contrôlées au moyen d’essais cliniques de taille adéquate pour réunir les preuves nécessaires à l’optimisation des soins médicaux", a souligné George Yancopoulos, co-fondateur, président et directeur scientifique de Regeneron, l'un des chercheurs les plus célébrés de son époque (il est à l'origine des six premiers médicaments mis au point par la biotech américaine dont Sanofi détient 21,6% du capital) "Les données que nous commençons à obtenir sur Kevzara et d’autres médicaments affectés à un nouvel usage dans le cadre de la crise du Covid-19 illustrent combien il est difficile de prendre des décisions sur l’utilisation de médicaments existants sur la base d’études non contrôlées avec des échantillons de petite taille pour lutter contre de nouvelles menaces virales", a-t-il ajouté.

Mais si Regeneron et Sanofi attendent donc les résultats de la phase 3 pour approfondir les connaissances sur le Covid-19 et pouvoir déterminer si le Kevzara peut ou non être utile à certains patients, un autre composé semble pendre de l'avance toujours en suivant la piste d'un effet anti-inflammatoire. Il s'agit du tocilizumab, commercialisé par Roche sous le nom d'Actemra. En effet, un essai mené sous l'égide de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de démontrer que le tocilizumab -également homologué à la base dans la polyarthrite rhumatoïde- "améliore significativement le pronostic des patients avec pneumonie Covid moyenne ou sévère". La molécule du groupe helvète semble donc mieux placée pour s'imposer comme traitement de référence chez ces patients bénéficiant d'un supplément en oxygène ou d'une ventilation mécanique.

Une avancée spectaculaire dans le cancer du poumon

En revanche, dans une tout autre indication -constituant malheureusement à terme un marché beaucoup plus important- Sanofi est beaucoup plus proche d'un succès spectaculaire avec le Libtayo (cemiplimab, également issu du partenariat avec Regeneron) dans un essai sur plus de 700 patients atteints à un stade avancé de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Cette forme représente près de 80% des cancers du poumon - la première cause de mortalité par cancer en France avec un taux de survie tristement bas, de moins de 20% à cinq ans.

Or, malgré l'état de santé particulièrement dégradé de ces patients (qui pouvaient présenter aussi une hépatite B contrôlée, un hépatite C ou une infection à VIH, et/ou certaines métastases), l'administration du Libtayo en plus de la chimiothérapie a réduit le risque de décès de 32,4% comparativement à la chimio seule. Soit un taux d'amélioration de la survie globale si important que le Comité indépendant chargé du suivi des données de l’essai a recommandé d'interrompre l'essai pour administrer sans plus tarder le traitement à tous les patients s'étant portés volontaires au départ (le produit ayant déjà été homologué au préalable dans une autre forme de cancer).

"Malgré la difficulté de démontrer le bénéfice des immunothérapies en termes de survie dans le traitement de première ligne du CPNPC, l’anti-PD-1 approuvé en monothérapie par la FDA (l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, NDLR) a changé le paradigme thérapeutique", a déclaré George Yancopoulos. "Nous sommes très satisfaits des résultats de cet essai qui a démontré une augmentation de la survie globale chez les patients traités par Libtayo et nous espérons que ce médicament pourra devenir une solution thérapeutique potentielle pour les médecins et les patients".

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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