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Renault : Nissan accède à la demande de Renault d'être mieux représenté dans les instances du groupe nippon

vendredi 21 juin 2019 à 10h00
Renault parvient à placer Bolloré dans les comités de Nissan, le titre grimpe

(BFM Bourse) - Après plusieurs jours de bras de fer, Renault a finalement réussi à placer son directeur exécutif Thierry Bolloré dans l'un des nouveaux comités de Nissan, dans le cadre de la réforme de gouvernance entreprise par le partenaire nippon. Ce qui rassure les investisseurs alors que le sujet menaçait d'empoisonner la prochaine AG de Nissan.

Le constructeur au losange progresse nettement vendredi à la Bourse de Paris, dans le sillage de l'accord conclue entre Renault et Nissan sur la représentation du constructeur français au sein des puissants comités du conseil d'administration du constructeur japonais. Vers 9h40, l'action Renault signe la plus forte hausse du baromètre parisien avec un gain de 2,2% à 56,06 euros, au lendemain d'une légère avance de 0,5%.

Le marché accueille en effet avec un soulagement certain la clôture d'un nouvel épisode dans les tensions récurrentes au sein de l'alliance automobile franco-nippone, depuis l'arrestation de l'ancien PDG du groupe au losange -et de l'alliance- Carlos Ghosn en novembre dernier pour des malversations présumées.

Début juin, le nouveau président de Renault, Jean-Dominique Senard, avait envoyé une lettre au patron de Nissan, Hiroto Saikawa, pour le prévenir qu'il n'approuverait pas la réforme de la gouvernance du constructeur japonais lors de la prochaine AG le 25 juin si le groupe au losange n'était pas mieux représenté dans les nouvelles instances. Le dirigeant nippon avait alors fustigé une façon de procéder "extrêmement regrettable".

La réforme en question, approuvée par Jean-Dominique Senard en conseil d'administration, prévoit la mise en place de trois comités (nominations, audit et rémunérations). Mais l'intention de Nissan était d'accorder un seul siège dans un des comités au successeur de Carlos Ghosn et de laisser de côté le directeur exécutif de Renault, Thierry Bolloré. D'où la protestation de Renault.

Avec ses 43% du capital de Nissan, le constructeur français ne compte que deux représentants (Senard et Thierry Bolloré) au sein du conseil d'administration du partenaire japonais sur un total de 11 membres. Parallèlement, avec ses 15% de Renault, Nissan dispose lui de deux représentants au conseil d'administration du groupe au losange et ils siègent bien tous deux dans les comités du constructeur français.

La direction de Nissan était hostile à Thierry Bolloré, notamment en raison du soutien qu'il a longuement manifesté envers Carlos Ghosn après son arrestation. Mais Nissan a besoin d'un vote favorable de son principal actionnaire pour faire approuver la réforme de sa gouvernance. D'autant plus qu'Hiroto Saikawa est lui-même très fragilisé par les résultats médiocres du groupe lors du dernier exercice (également critiqué pour son manque de vision et de projets) et ne peut se passer du soutien de Renault pour être reconduit à la tête de Nissan. Deux influentes sociétés de conseil aux actionnaires, Glass Lewis et Institutional Shareholder Services (ISS), ont appelé la semaine dernière à voter contre sa nomination au conseil d'administration.

"Satisfaction" côté français

Nissan aura donc fini par proposer un compromis : Jean-Dominique Senard siégera, comme prévu initialement, au comité des nominations, mais Thierry Bolloré disposera en plus d'un siège au comité d'audit, a précisé le constructeur japonais dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi à Tokyo, sans aucun autre commentaire sur l'accord trouvé. De son côté, Renault a dit accueillir "avec satisfaction la décision de Nissan d'accorder (à ses) deux représentants (...) un siège dans les comités du Conseil de Nissan, qui seront présentés à l'assemblée générale des actionnaires". "L'accord ainsi trouvé sur la présence de Renault dans la nouvelle gouvernance de Nissan, confirme l'esprit de dialogue et de respect mutuel qui existe au sein de l'Alliance", affirme le constructeur nippon qui donnera donc son feu vert.

Il n'y aura en revanche aucun représentant de Renault dans le comité des rémunérations, selon la composition annoncée par Nissan qui a donné la priorité aux administrateurs indépendants. C'est également un membre extérieur qui présidera les séances du conseil d'administration: Yasushi Kimura, issu de la compagnie pétrolière JXTG Holdings, tandis que Jean-Dominique Senard se contentera de la vice-présidence comme indiqué en mars.

L'Etat français, qui détient 15% de Renault, avait fait pression pour un accord ces derniers jours. "Je souhaite que Renault soit en mesure de voter positivement sur la réforme des statuts de Nissan parce que ce sera un signe positif de ce renforcement de l'alliance" déjà vieille de vingt ans, avait déclaré mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Ce dernier avait également défendu Nissan dans le projet de fusion envisagé par Renault avec le groupe Fiat Chrysler. Les garanties réclamées par l'Etat français avaient fait échouer le mariage franco-italien, 11 jours après son annonce aux médias. Bercy avait insisté pour prendre en compte les réticences japonaises.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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