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REMY COINTREAU

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Remy cointreau : Est-il encore temps de miser sur l'action Rémy Cointreau?

mercredi 21 octobre 2020 à 15h33
Les réponses aux questions des auditeurs sur BFM Business du 20/10

(BFM Bourse) - Perspectives du groupe de spiritueux Rémy Cointreau, marché du luxe, santé économique de Danone... Guillaume Bayre, journaliste pour le site BFM Bourse, a répondu mardi 20 octobre aux questions des auditeurs sur BFM Business.

Guillaume Bayre, journaliste pour le site BFM Bourse, a répondu mardi 20 octobre aux questions des auditeurs sur BFM Business.

Question de Robert : Rémy Cointreau publie ses résultats ce mardi, quelles perspectives pour ce titre ?

Pour l’équipe d’analystes du site BFM Bourse, on est dans une dynamique clairement haussière. Graphiquement l'évolution de Rémy Cointreau est très significative cette année. L’action a subi le crash du mois de mars comme tout le marché (ou presque) mais elle est remontée très vite de 80 à 100 euros. Elle a ensuite consolidé autour de 100 euros pendant quelques semaines. Mais depuis fin mai/début juin le titre est entré dans un canal haussier impressionnant. Et ça peut durer selon nos spécialistes qui visent 175 euros l’action.

Si vous vous placez dans une perspective d’investissement à long terme, vous entendez souvent dire que le titre est très cher. C’est vrai que le consensus des analystes est beaucoup plus prudent que le cours actuel. Les multiples de valorisation sont sans conteste très élevés. Mais Rémy Cointreau a quelque chose d’unique : l’essentiel de ses ventes proviennent du cognac, qui est un marché que rien ne semble déstabiliser (c’est aussi le cas chez LVMH avec Hennessy). Le chiffre d’affaires de Rémy Cointreau au trimestre écoulé est très encourageant. Le consensus pensait voir le repli des ventes s’atténuer à -6% environ. Finalement c’est encore mieux à seulement -4% sur les ventes trimestrielles annoncées mardi matin.

Sur un marché qui est en proie à d’importances incertitudes comme c’est le cas actuellement, visibilité et capacité de résistance sont des qualités que les investisseurs plébiscitent quoi qu’il en coûte. C’est d’ailleurs ce qu’on avait vu en 2009. Une majorité des analystes conseillaient la vente parce que le titre apparaissait déjà très cher face au risque de baisse de la consommation en regard de la crise financière. Sauf que les actionnaires ont fait X fois la culbute ensuite. Aujourd’hui tout porte à croire que le groupe passera outre les obstacles comme la chute réelle des ventes de duty free, qui est réelle, et qu’il repartira de plus belle.

Question d'Alexandra : Quelle valeur du luxe vous semble présenter encore un bon potentiel ?

Rémy Cointreau, dont on vient de parler, c’est aussi du luxe avec un tarif moyen de plus de 120 dollars la bouteille en Chine... Du côté des autres représentants français du secteur, Kering publiera jeudi soir et Hermès le même jour mais avant Bourse. Vu les bons chiffres de la branche mode & maroquinerie de LVMH, on peut s’attendre à une très belle performance en particulier pour Hermès qui est encore plus spécialisé dans la maroquinerie. Les analystes du site BFM Bourse ont récemment recommandé de prendre position sur le titre du sellier avec 849 euros en ligne de mire. Hermès, c’est aussi une valeur dont on entend souvent dire qu’elle est chère. Oui mais... En 1993, l'entrée en Bourse d’Hermes International met à l’époque seulement 4% du capital sur le marché. Proposé à 300 francs, l’action était jugée "un peu chère" d’après les analystes. Mais les investisseurs ne s’y étaient pas trompés, l’offre avait été massivement sursouscrite (demande représentant 30 fois les titres offerts) et il n'est pas besoin de rappeler le fabuleux destin boursier qui s'est ensuivi avec une société qui est aujourd’hui l’une des principales valeurs du CAC 40.

En dehors de ces leaders, si vous voulez une exposition supplémentaire au luxe, il peut être intéressant de s'intéresser aux cibles potentielles. Il ne faut pas se laisser décourager par le récent différend qui met aux prises LVMH et Tiffany. La vague des fusions-acquisitions ne s’arrêtera pas. Dans ce cadre on peut regarder du côté de l’Italie vers les Prada, Salavatore Ferragamo, Tod’s… Ou encore Moncler, le fabriquant de doudounes, qui est candidat presque déclaré à se faire racheter.

Question de Jacques : la crise impacte-t-elle les perspectives d’un groupe comme Danone ?

Il faut d'abord rappeler ce qu’est Danone aujourd’hui parce qu’après tout c’est une entreprise qui a toujours connu des repositionnements. Rappelez-vous, BSN Danone était présent dans la bière, les biscuits, la confiserie, les plats surgelés, etc. Et son portefeuille évoluera sans doute encore à l’avenir. Donc aujourd’hui le point fort ce sont les produits laitiers frais et produits à base de plantes. Là on tient vraiment un groupe français qui est numéro 1 mondial incontesté. On estime qu’il détient un quart du marché mondial en valeur. Ça représente plus de la moitié de ses revenus et globalement c’est une activité qui semble ré-accélérer puisqu’on a eu 3,7% de croissance comparable au 3e trimestre. Et au sein de cette branche, la catégorie de produits à base de plantes croît encore plus vite. Danone pense réaliser 5 milliards d’euros de ventes dans ces catégories d’ici 2025 et il est bien parti pour y arriver.

Ensuite, le groupe est présent dans la nutrition spécialisée (alimentation infantile et nutrition médicale). Danone a de belles marques comme Bledina et il a réalisé des acquisitions ciblées comme Happy Family aux Etats-Unis. Mais depuis qu’il a échoué à racheter les activités nutrition de Pfizer en 2012, on n’a pas d’opération transformante qui permettrait à Danone de se renforcer significativement. Or c’est quelque chose que le marché apprécierait parce que c’est la mieux margée de toutes ses activités. Enfin la troisième branche ce sont les eaux embouteillées. Jusqu’à présent ça restait une activité en légère croissance et assez bien margée. Mais c'est la plus touchée par la crise sanitaire : moins de restauration hors domicile, moins de repas d’affaires, moins de cantines, tout ça veut dire beaucoup moins de bouteilles vendues.

D’où la revue stratégique du portefeuille annoncée lundi. L’idée, c’est de vendre les marques qui ne sont pas assez dynamiques, et une réflexion sur l’ensemble du pôle eaux en bouteilles, où Danone n’est que n°3 mondial, n’est pas à exclure. Avec un recul de près de 30% du titre cette année, ce qui est totalement à contre-courant de Nestlé par exemple, le patron du groupe Emmanuel Faber ne peut pas faire l’économie d’une profonde remise en cause. Le cours de Bourse aujourd’hui est inférieur à celui où se traitait Danone en octobre 2017 lorsqu’il a pris la succession pleine et entière de Franck Riboud. Le dirigeant doit prendre rapidement des décisions pour recréer de la valeur sinon les investisseurs vont vite s’impatienter.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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