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Rallye : Contraint de changer sa politique de dividende, Casino décroche en Bourse

mercredi 29 mai 2019 à 10h17
Le titre Casino redescend d'un cran

(BFM Bourse) - Après avoir rebondi de plus de 16% en trois séances après le placement de sa maison mère en procédure de sauvegarde, l'action Casino accuse le coup. En cause, la dégradation de sa note de crédit par S&P. De plus, la direction qui tenait tête sur ce point aux vendeurs à découvert renonce cette année à verser un acompte sur dividende.

Alors que le groupe avait jusqu'à présent tenu tête à ses détracteurs, en maintenant une politique de rémunération avantageuse pour ses actionnaires, Rallye au premier chef, Casino commence à avaler son chapeau. Le conseil d'administration a décidé mardi de ne pas verser d'acompte sur le dividende de l'exercice en cours, une pratique instituée en 2016 et critiquée par les fonds vendeurs car elle revient à distribuer une partie du cash de l'entreprise avant même de connaître le résultat financier de l'année. Le titre Casino reperdait 3,85% à 31,18 euros mercredi vers 09h25.

Le groupe de distribution, à la tête des chaînes Casino mais aussi Franprix, LeaderPrice ou Monoprix, a pris acte de la décision de Standard & Poor’s d’abaisser directement de deux crans (de BB- à B) sa note de crédit, qui plus est placée sous surveillance négative (suggérant qu'un risque d'abaissement supplémentaire demeure) après l'entrée en procédure de sauvegarde de son principal actionnaire, Rallye.

Plutôt à contre-courant de la réaction majoritaire à cette procédure, globalement considérée comme positive pour la filiale opérationnelle Casino, le raisonnement de l'agence de notation a jeté un froid.

Casino risque de pâtir de la procédure sur Rallye

S&P reconnaît que la sauvegarde a sans doute évité une crise de liquidité imminente chez Rallye. Le paiement de tous les intérêts de la dette de la holding, contrôlée in fine par le PDG de Casino Jean-Charles Naouri, et l'exigibilité des collatéraux (essentiellement les actions Casino hypothéquées par Rallye) sont en effet suspendus jusqu'à ce qu'un accord de rééchelonnement de la dette soit conclu. Mais ses analystes jugent que cela n'en crée pas moins de nouveaux risques significatifs pour Casino et ses propres créditeurs.

L'agence n'exclut pas que l'aboutissement de la procédure se fasse en fin de compte aux dépens de Casino, qui constitue le principal actif et le principal gisement de bénéfices et de flux de trésorerie de la galaxie de holdings de Jean-Charles Naouri. Cette dépendance pourrait potentiellement affecter davantage la flexibilité financière de Casino dont la dette financière brute est d'environ 9 milliards d’euros (y compris les dettes des filiales d'Amérique latine), ce qui nécessite de pouvoir accéder à tout moment aux marchés de capitaux pour refinancer les échéances de cette dette massive. Il est donc primordial pour Casino que la perception de sa solvabilité ne soit pas affectée par la procédure dans laquelle est entrée Rallye, pour une période initiale de six mois mais qui pourrait être prolongée jusqu'à dix-huit mois.

Des divergences d'intérêt avec les créanciers

Jean-Charles Naouri étant l'actionnaire principal et le président du très endetté Rallye, tout en étant également président-directeur général de Casino, ses intérêts en tant qu'actionnaire et membre du conseil d'administration de Rallye et de Casino peuvent donc ne pas être alignés sur ceux des créanciers de Casino, note l'agence. De plus, la procédure de sauvegarde peut être un moyen pour les actionnaires de Rallye (donc M. Naouri) d’éviter que le nantissement de leurs actions Casino auprès des créditeurs de Rallye ne soit déclenché, ce qui aurait pu entraîner la perte de contrôle du groupe par le dirigeant.

"Le choix de Rallye d’opter pour une structure de capital fortement endettée, avec des lignes de crédit garanties par des actions Casino, a créé une faiblesse inhérente pour les deux entités, rendant la liquidité de Rallye dépendante du cours de l’action de Casino et conduisant Casino à remonter systématiquement des dividendes vers Rallye. À notre avis, cette structure tend à favoriser les intérêts de Rallye par rapport à ceux de Casino, de ses actionnaires minoritaires et de ses créanciers", souligne l'agence.

Mieux placé qu'Auchan et Carrefour

Parallèlement, d'un point de vue opérationnel S&P Global Ratings juge Casino plutôt mieux placé que ses concurrents français Auchan et Carrefour, étant donné son positionnement principalement sur le segment des magasins de proximité (à plus forte marge), sa diversification à l'international, et ses partenariats innovants avec Ocado ou Amazon. Mais sa solidité financière reste d'une façon ou d'une autre liée à celle du groupe auquel il appartient, ce qui implique des risques ne justifiant pas une note plus élevée que "B".

De son côté, Casino a assuré que le changement de notation n'avait "pas d’impact sur la disponibilité ou le coût des ressources financières existantes". Confirmant sa stratégie de désendettement -consistant notamment à vendre des murs de magasins pour devenir locataire et en cédant des fonds de commerce à des franchisés- le groupe a surtout décidé de ne pas verser d'acompte sur dividende en 2019. Soit exactement la demande exprimée à l'automne dernier par des fonds représentés par l'avocate Sophie Vermeille. À l'époque, Casino était passé outre. Et le groupe avait versé le solde du dividende la semaine dernière - juste à la veille de l'ouverture de la sauvegarde de Rallye.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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