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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Pour soutenir les prix du pétrole, l'Opep+ va nettement diminuer la production

mercredi 5 octobre 2022 à 17h01
L'Opep+ baisse fortement ses quotas

(BFM Bourse) - Les membres de l'Opep+ ont validé une baisse significative des quotas de production de pétrole pour soutenir des prix affectés par les craintes de récession. Il s'agit de la diminution la plus importante depuis mars 2020, au plus fort de la pandémie de Covid-19.

Une coupe franche. Les membres de l'Opep+ ont décidé de baisser leur production de 2 millions de barils par jour pour le mois de novembre, selon un membre de la délégation iranienne, afin de soutenir des prix affectés par les craintes de récession.

Les représentants des treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés ont convenu d'une baisse de "deux millions" de barils par jour pour le mois de novembre, a déclaré à la sortie de la rencontre Amir Hossein Zamaninia, représentant de l'Iran au sein du cartel. Déjà en septembre, le groupe avait légèrement abaissé son objectif (de 100.000 barils) et s'était dit prêt à faire plus.

La production acmondiale dépasse les 100 millions de barils par jour, selon les derniers chiffres de l'AIE pour le mois de septembre.

Plus forte réduction depuis mars 2020

"C'est la réduction la plus importante depuis le début de la pandémie", a réagi dans une note Srijan Katyal, de la société de courtage ADSS. Elle va probablement "doper les prix", a-t-il ajouté, à l'encontre des efforts des Occidentaux pour enrayer la flambée des coûts de l'énergie pesant sur la croissance mondiale.

Cette décision intervient "juste au moment où les consommateurs poussaient un soupir de soulagement", les prix à la pompe ayant fortement reculé depuis cet été, rappelle Craig Erlam, d'Oanda.

Les deux références mondiales du brut ont perdu du terrain ces dernières semaines, évoluant autour de 90 dollars le baril, bien loin des sommets enregistrés en mars au début de la guerre en Ukraine (près de 140 dollars).

Une annonce probablement mal accueillie par Washington

Une telle annonce "ne sera pas bien accueillie par la Maison Blanche à l'approche des élections de mi-mandat du mois prochain", avait averti avant la réunion Tamas Varga, chez PV Energy.

Le président américain Joe Biden s'échine depuis des mois à tenter d'endiguer l'envolée des prix qui érode le pouvoir d'achat des ménages, allant même jusqu'à se rendre à Ryad en juillet lors d'une visite très controversée. A la Maison Blanche, on tentait de relativiser mercredi cette rencontre, un haut responsable soulignant que l'Opep+ se réunit "chaque mois avec une précision d'horloge".

La veille, la porte-parole Karine Jean-Pierre avait décliné tout commentaire prématuré, tout en rappelant que Washington "continue à prendre des mesures pour protéger les consommateurs américains (...) et s'assurer d'une offre suffisante pour répondre à la demande".

Une organisation "technique" et non "politique"

Interrogé à son arrivée sur la réaction à attendre de Washington, le ministre émirati de l'Energie, Souhail ben Mohammed Al-Mazrouei, avait botté en touche, affirmant qu'il s'agissait d'une "organisation technique" ne se mêlant pas d'enjeux politiques.

Egalement présents, le prince saoudien Abdel Aziz ben Salmane et le vice-Premier ministre russe chargé des questions énergétiques, Alexandre Novak, doivent s'exprimer lors d'une conférence de presse.

Une nette baisse des volumes de brut arrange Moscou, "et pourrait donc être perçue comme une nouvelle escalade des tensions géopolitiques", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.

Créée en 1960 avec le but de réguler la production et le prix du brut, en instaurant des quotas, l'Opep s'est étendue en 2006 à la Russie et d'autres partenaires pour former l'Opep+.

Dans un geste historique, les membres de l'alliance avaient décidé au printemps 2020 des coupes de près de 10 millions devant l'effondrement de la demande liée à la pandémie de Covid-19. Une recette qui avait marché. Cette fois, ils veulent "avoir une longueur d'avance sur une éventuelle récession grâce à des mesures proactives", explique Bjarne Schieldrop, de Seb. "Ce qui leur permettrait d'éviter une éventuelle accumulation de stocks et donc des prix du pétrole bas".

Après avoir bondi en début de semaine, les cours ont à peine réagi, mercredi vers 13H00 GMT, à 91,84 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, et 86,36 dollars pour le baril de WTI, son homologue américain.

(Avec AFP)

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