(Zonebourse.com) - Les marchés ont désormais l'oreille musicale et reconnaissent maintenant la musique trumpienne : menace de frapper "durement" l'Iran, annulation des frappes et... promesse de paix miraculeuse. En Europe, cet énième refrain a provoqué l'envolée des marchés avec 1,5% pour Paris, 1,3% pour Francfort, ou encore 1% pour Londres. Aux Etats-Unis, les intervenants sont un peu plus prudents : selon les futures sur actions, le Nasdaq-100, le S&P 500 et le Dow Jones devraient débuter la séance sur des hausses plus limitées de respectivement 0,3%, 0,4% et 0,6%.
Il se murmure aujourd'hui que les Etats-Unis et l'Iran seraient proches d'un accord : hier Donald Trump a déclaré (une fois de plus) que celui-ci était "presque finalisé". En conséquence, les frappes "dures" qu'il avait prévues contre l'Iran en prenant le monde à témoin ont été annulées.
Le monde, justement, est partagé : faut-il encore prendre au sérieux les déclarations de Donald Trump qui abreuve les marchés d'informations outrancières (souvent), farfelues (parfois) mais aussi quelque fois sérieuses (plus rarement). Il reste néanmoins difficile d'ignorer complètement le narratif du locataire de la Maison-Blanche, les investisseurs étant rattrapés pas l'effet FOMO, soit la peur de de rater le train de la hausse par excès de prudence.
Le scénario des derniers mois, fait de déclaration tonitruantes et de promesses non tenues, appelle pourtant justement à la prudence, d'autant qu'une fois de plus, les autorités iraniennes ont fait savoir qu'aucun accord définitif n'avait été conclu avec l'Oncle Sam.
Nette détente du pétrole
Par ailleurs, difficile de croire à un plan de paix durable tant que les dossiers les plus épineux n'auront pas été évoqués : avenir du programme nucléaire iranien, statut des stocks d'uranium enrichi et des avoirs financiers iraniens gelés, contrôle du détroit d'Ormuz, sanctions internationale contre l'Iran...
Les marchés semblent néanmoins "acheter" ce scénario de désescalade, comme l'illustre la détente du pétrole avec -1% pour le WTI, à 85 USD le baril, et -1,3% pour le Brent à 88 USD.
Dans son rapport mensuel publié aujourd'hui, l'OPEP a légèrement abaissé sa prévision de croissance de la demande pétrolière pour 2026 à 1,0 Mb/j (soit un recul de 0,2 Mb/j), ce qui l'a conduite à réduire sa prévision de hausse de la production de l'OPEP à 0,2 Mb/j.
En revanche, les perspectives pour 2027 ont été relevées, avec une croissance de la demande attendue à 1,7 Mb/j et une augmentation de la production de l'OPEP portée à 1,0 Mb/j. Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient, le cartel conserve ainsi une vision globalement constructive de l'équilibre du marché pétrolier.
SpaceX, nouveau coeur de la planète finance
En dehors de l'aspect géopolitique, les marchés retiennent aussi leur souffle en cette séance historique qui marquera l'entrée de SpaceX dans l'orbite boursière new-yorkaise.
L'opération viserait à lever 75 MdsUSD, sur la base d'une valorisation de 1 750 MdsUSD, malgré la volatilité géopolitique des marchés. La demande atteindrait 3,5 à 4 fois l'offre, selon Reuters, soit plus de 250 MdsUSD d'ordres, avec notamment 5 MdsUSD demandés par BlackRock.
"L'introduction en Bourse de SpaceX constitue un moment important pour l'ensemble du secteur technologique alors que la révolution de l'intelligence artificielle franchit une nouvelle étape", souligne Dan Ives, analyste chez Wedbush.
Outre l'IPO de SpaceX, les marchés prendront connaissance à 16 h de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan. Après être ressorti à 44,8 en mai, il est attendu à 46 en juin.
Enfin, le dollar est stable face à la monnaie unique autour de 0,864 euro.
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