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Lvmh : Avec bulgari, lvmh paie une opération stratégique au prix fort

Avec bulgari, lvmh paie une opération stratégique au prix fortAvec bulgari, lvmh paie une opération stratégique au prix fort

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - En payant une prime élevée pour s'emparer de Bulgari, la pépite italienne convoitée depuis des années par tous les grands groupes de luxe, LVMH signe une opération stratégique majeure qui va lui permettre de doubler de taille dans les montres et la joaillerie et se positionner comme un des leaders mondiaux du secteur.

La transaction amicale, bouclée durant le week-end avec les héritiers du joailler, tranche avec l'intrusion du géant mondial au capital d'Hermès à l'insu de tous, en octobre dernier, et qui a provoqué la colère des actionnaires familiaux.

"LVMH fait coup double. Il s'offre un très beau nom et veut faire la preuve qu'il peut s'entendre avec des actionnaires familiaux", observe un analyste, qui n'a pas souhaité être identifié.

Pour emporter l'adhésion des héritiers de Bulgari, qui depuis des années clamaient leur attachement à leur indépendance, Bernard Arnault, PDG de LVMH, n'a pas hésité à y mettre le prix mais aussi à leur proposer, fait inédit dans l'histoire du groupe, un échange de titres qui leur donnera 3,5% du capital du numéro un mondial du luxe.

En outre, il fait entrer la famille Bulgari au conseil d'administration de LVMH (avec deux sièges) et offre à Francesco Trapani, actuel administrateur délégué du joailler italien, et neveu des héritiers Paolo et Nicola Bulgari, la tête de l'ensemble de son pôle horlogerie-joaillerie.

Les actionnaires minoritaires de Bulgari (49,5% du capital) se verront quant à eux offrir une prime d'environ 60%, valorisant l'ensemble de Bulgari à près de 3,7 milliards d'euros. Le montant de la transaction s'élève au total à 4,3 milliards avec la dette.

TAILLE CRITIQUE

La prestigieuse maison romaine, réputée pour ses bijoux aux pierres multicolores, réalise 1,06 milliard d'euros de chiffre d'affaires et apporte à LVMH la taille critique dans l'horlogerie-joaillerie, un pôle qui compte déjà les montres Tag Heuer ou Hublot, les bijoux Fred et Chaumet, mais qui réalise seulement 985 millions d'euros de ventes.

Les bijoux de Bulgari, qui comptent pour près de la moitié de son chiffre d'affaires, deviendront ainsi la première marque de joaillerie de LVMH, s'ajoutant à un vaste portefeuille comptant le maroquinier Louis Vuitton, les champagne Dom Perignon ou Ruinart, le cognac Hennessy ou la maison Christian Dior.

"Le prix peut paraître excessif, mais il est justifié compte tenu de la qualité de l'actif acquis et de la complémentarité qu'il offre avec les marques de LVMH", commente un analyste qui a souhaité garder l'anonymat.

Le secteur de l'horlogerie-joaillerie est en effet très atomisé et les marques dotées à la fois d'une image forte et d'un réseau international très établi ne sont pas légion.

La transaction valorise l'entreprise 3,1 fois la valeur d'entreprise rapportée au chiffre d'affaires, à comparer à des multiples de 2,3 fois pour l'américain Tiffany.

PRENDRE LES CONCURRENTS DE VITESSE

Les experts du secteur estiment aussi que LVMH devrait mettre tout son savoir-faire opérationnel pour opérer les synergies de coûts nécessaires lui permettant de faire progresser la rentabilité opérationnelle de sa division (13% en 2010).

En s'offrant Bulgari au prix fort, LVMH aura mis à profit sa puissance de feu pour prendre de vitesse ses concurrents, notamment le suisse Richemont ou le français PPR qui ne cache pas ses ambitions de croissance dans l'horlogerie et la joaillerie, mais dont l'endettement limite la marge de manoeuvre.

LVMH dispose d'un ratio d'endettement historiquement bas (15% des fonds propres) et son cash flow disponible, qui dépassait les 3,0 milliards d'euros fin 2010, devrait lui permettre d'absorber aisément le financement du rachat en numéraire, pour 1,85 milliard d'euros, de la participation des actionnaires minoritaires du joailler italien.

Troisième joailler mondial derrière le français Cartier (groupe Richemont) et l'américain Tiffany, Bulgari est un des très grands noms du secteur. La maison fondée en 1884 par une famille d'orfèvres grecs immigrés en Italie avait pris son essor dans les années 1970 avec l'ouverture de son premier magasin à New York.

Sans surprise, ce dernier mouvement dans le secteur du luxe dope les titres des groupes opéables, à commencer par le britannique Burberry, dont le capital est très ouvert, qui grimpe de 4% à la Bourse de Londres lundi, ou le joailler américain Tiffany.

Vers 16h00, le titre LVMH gagnait 2,2% à 114 euros à la Bourse de Paris lundi, à 111,80 euros, alors que Bulgari s'alignait sur l'offre, en grimpant de 59% à 12,04 euros.

Cette annonce intervient aussi après une semaine très mouvementée pour le groupe de Bernard Arnault, avec le licenciement de John Galliano, styliste de Christian Dior pendant 15 ans, pour des propos à caractère antisémite.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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