(BFM Bourse) - Le groupe de cosmétiques a souffert vendredi après avoir livré un quatrième trimestre inférieur aux attentes. Mais UBS pense que le marché doit prendre en mal sa frustration, avec des moteurs de croissance qui sont en train de rebondir fortement.
L'Oréal aura connu deux publications difficiles coup sur coup. Après un troisième trimestre 2025 terne, le quatrième, dont l'activité a été publiée la semaine dernière par la société, a laissé un goût amer au marché.
L'action L'Oréal a chuté de presque 5% vendredi, après que le groupe a fait part d'une croissance de 6% en données comparables sur les trois derniers mois de 2025,. Ce chiffre s'est avéré inférieur aux attentes des analystes (6,3%) et du marché, qui espérait plutôt une progression aux alentours des 7% selon Jefferies.
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La faute au "travel retail"
Ce "raté" s'explique principalement par l'Asie du Nord (qui inclut la Chine) et le "travel retail" (les ventes dans les aéroports) en particulier.
Pour donner un ordre d'idée, le "travel retail" en Asie a retiré 70 points de base de croissance (0,7 point) au niveau du groupe au quatrième trimestre, selon une présentation partagée par l'entreprise.
Retraité d'impacts liés à la mise en place de nouveaux outils informatiques, la croissance de L'Oréal s'est inscrite à 5% au quatrième trimestre. Hors "travel retail", la croissance aurait grimpé à 5,7%.
Le directeur général Nicolas Hieronimus a expliqué que la principale application de duty free en Chine, Sunrise, a été fermée pendant plusieurs jours, et que plusieurs changements ont eu lieu chez des opérateurs d'aéroports. Ce qui a conduit à des déstockages, a-t-il poursuivi.
Le dirigeant a toutefois évoqué un impact "temporaire" du travel retail en Asie. "Je pense que nous avons atteint le plancher", a-t-il ajouté.
L'Oréal semble reprendre du poil de la bête en Bourse ce lundi 16 février. Le titre regagne 3,44%, signant la plus forte progression du CAC 40.
Dans une note publiée ce lundi 16 février, UBS, à l'achat sur la valeur, reconnaît que le quatrième trimestre a représenté une "autre opportunité manquée" pour L'Oréal.
Mais, "aussi frustrante que fut la réaction du cours de l'action vendredi, nous pensons que le marché devrait rapidement dépasser les résultats décevants des deux derniers trimestres et, dans les faits, accorder davantage d'attention à ce qui constitue un argumentaire convaincant en faveur de l'action L'Oréal", poursuit la banque suisse.
Innovation et gains de parts de marché
UBS constate que la reprise du groupe est en bonne marche et ce, de manière généralisée. En excluant le "travel retail" en Asie, toutes les zones géographiques du groupe ont affiché une croissance en données comparables supérieure à 4% au second semestre.
Par ailleurs, les moteurs de croissance de la société accélèrent. La "beauté dermatologique", qui inclut des marques comme La Roche Posay, CeraVe, a affiché une croissance de 11,5% au quatrième trimestre, le taux le plus élevé depuis près de deux ans. Les pays émergents, comme l'Amérique latine, ont, de leur côté, marqué une accélération entre le troisième et le quatrième trimestre.
Autres points avancés par UBS, L'Oréal est "un pionnier de l'IA parmi les groupes de beauté, ce qui positionne le groupe comme un gagnant clair de la révolution de l'IA".
La banque avance par ailleurs que l'entreprise connaît un "bon début d'année", reprenant les mots de Nicolas Hieronimus.
Le directeur général a expliqué vendredi que le marché enregistrait de bonnes tendances en Asie et aux États-Unis.
"Le marché sera ce qu'il sera mais nous voulons faire mieux" qu'en 2025, a-t-il conclu. Nicolas Hieronimus a, dans cette optique, indiqué que le "stimulus beauté" de L'Oréal aurait davantage d'impact en 2025 qu'en 2026.
Ce plan a été lancé l'an dernier et prévoit un nombre élevé de lancements de produits innovants dans différentes catégories, comme de nouveaux parfums. Citons à titre d'exemple le fond de teint "Skin Ink Infaillible", ou encore, au second semestre 2025, la gamme de soin anti-âge HR "Replasty age recovery" ou encore le lancement d'une ligne de parfums pour homme Prada.
UBS pense pour sa part que L'Oréal tutoiera la barre des 6% (5,9%) de croissance en données comparables. Retraité du "travel retail", la banque estime que le groupe dépassera les 6% à chaque trimestre de 2026.
Outre UBS, Royal Bank of Canada a, dans une note publiée ce lundi, réitéré son conseil à "surperformance", équivalent d'acheter.
"Le plan 'stimulus beauté' a non seulement renforcé la position dominante de L'Oréal sur le marché, mais a également stimulé la croissance du secteur. Grâce à son pipeline d'innovations proactives qui se poursuivra jusqu'en 2026, nous sommes convaincus que L'Oréal pourra accélérer encore davantage la croissance de son chiffre d'affaires pour dépasser les 5%, devançant ainsi ses concurrents cotés en bourse dans le secteur de la beauté", explique la banque canadienne.
"À notre avis, le bouleversement du marché asiatique du 'travel retail' est temporaire, et la stratégie d'innovation de L'Oréal continuera à lui permettre de gagner des parts de marché dans un secteur de la beauté en pleine expansion", jugeait de son côté Bank of America, dans une note publiée vendredi.
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