(BFM Bourse) - L'action du groupe de luxe évolue en forte baisse à la Bourse de Paris ce mardi, alors que la société a tenu une conférence téléphonique en amont de la publication de ses résultats semestriels. Barclays estime que l'objectif d'un retour à la croissance de Gucci semble de plus en plus inatteignable.
Après avoir connu un millésime boursier 2025 remarquable (+26,34%), Kering a été rattrapé par la gravité cette année. L'action chute de 15,5% depuis le 1er janvier, sous-performant largement le CAC 40 (+3,1% sur la même période).
L'euphorie provoquée par la nomination du directeur général Luca de Meo, puis par les premières mesures prises par l'ex-dirigeant de Renault, ont cédé leur place au doute.
L'activité du premier trimestre avait été vivement sanctionnée par les investisseurs, car elle faisait état d'une baisse des revenus plus forte qu'attendu chez Gucci. Rappelons que le redressement des ventes de la griffe italienne constitue la clef de voûte de la reconquête boursière de la société, la marque représentant 40% des revenus de l'entreprise pour 60% de son résultat opérationnel.
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La journée dédiée aux investisseurs qui a suivi, mi-avril, n'a pas dissipé les doutes, quand bien même les analystes ont loué son niveau de détails et son organisation globale.
"Une nouvelle structure organisationnelle, une attention accrue portée à l'attrait de la marque et une rigueur budgétaire favorisent la reprise à long terme, mais le calendrier du redressement de Gucci reste incertain", expliquait Citi.
La plus forte baisse du CAC 40
Le marché s'inquiète quelque peu du rythme de redressement de la marque transalpine. Pour preuve, la chute de l'action, ce mardi 30 juin. Le titre Kering plonge de 7,5% vers 15h35, accusant le plus fort repli du CAC 40.
Cette baisse survient dans la foulée d'une conférence téléphonique tenue par la direction des relations investisseurs du groupe avec les analystes, la veille. Cette réunion a été l'occasion pour le groupe de faire le point sur ses performances en amont de la publication des résultats semestriels, fin juillet.
"Probablement que tous les analystes n'avaient pas forcément bien compris les précédents messages et n'étaient pas en phase avec la reprise seulement très progressive de l'activité, qu'a répété le groupe", commente un intermédiaire financier.
Selon Citi, Kering a réaffirmé "une trajectoire de reprise progressive axée sur la croissance du chiffre d'affaires et l'amélioration des marges pour l'exercice 2026, la qualité des ventes, l'attractivité de la marque, la fermeture nette de plus de 100 magasins et un budget de charges d'exploitation stable à taux de change constants".
La direction a également indiqué que le Moyen-Orient devrait pénaliser la croissance de la société à hauteur de deux points de pourcentage sur le trimestre. L'Amérique du Nord devrait afficher une dynamique solide tandis que la Chine va encore peser sur la croissance, énumère Bernstein.
Barclays juge les objectifs 2026 de plus en plus inatteignables
D'après Jefferies, le consensus (la prévision moyenne des analystes) Visible Alpha, retient une amélioration de la croissance d'un trimestre à l'autre, avec une progression des revenus de 1,7% au deuxième trimestre contre une stabilité au premier.
La baisse des revenus de Gucci se chiffrerait à 4,5% après 8% au premier trimestre. Jefferies note toutefois que ce consensus Visible Alpha ne se base que sur dix analystes, alors qu'une trentaine couvre la valeur.
Surtout Kering a confirmé ses objectifs pour 2026, à savoir un retour de la croissance sur toutes ses marques, y compris Gucci (mais à l'exception d'Alexander McQueen) ainsi qu'une amélioration sur une an de la marge opérationnelle courante.
Or Barclays juge que ces objectifs "paraissent de plus en plus inatteignables". La banque britannique anticipe une chute de 5% des revenus de Gucci en données comparables, "avec une dynamique faible et un environnement de consommation déprimé dans plusieurs marchés clef".
L'établissement estime "qu'il est peu probable que les résultats du premier semestre laissent entrevoir une voie claire vers le redressement".
Kering publiera ses résultats semestriels le 28 juillet prochain après la clôture du marché.
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