Bourse > Innate pharma > Innate pharma : "Avec BMS, notre développement a changé de dimension"
INNATE PHARMAINNATE PHARMA IPH - FR0010331421IPH - FR0010331421
11.330 € +0.71 % Temps réel Euronext Paris
11.430 €Ouverture : -0.87 %Perf Ouverture : 11.450 €+ Haut : 11.330 €+ Bas :
11.250 €Clôture veille : 79 343Volume : +0.15 %Capi échangé : 611 M€Capi. :

Innate pharma : "Avec BMS, notre développement a changé de dimension"

Hervé BraillyHervé Brailly

(Tradingsat.com) - Parmi les nombreuses sociétés biopharmaceutiques cotées à Paris, Innate Pharma se distingue par sa spécialisation dans l’ « immunité innée » pour le traitement du cancer et des maladies inflammatoires. Après avoir signé en 2011 avec Bristol Myers Squibb (BMS) l’un des plus gros « deals » de l’histoire de la biotechnologie française pour son candidat médicament IPH2102 (lirilumab), le groupe a enregistré en 2012 des avancées importantes pour ses quatre candidat-médicaments. Le point avec Hervé Brailly, le Président du directoire de la société.

Tradingsat.com : Pouvez vous rappeler ce qu’est l’immunité innée ?

Hervé Brailly : L’immunité innée s’inscrit dans le domaine plus large des approches d’immunologie. Il s’agit de moduler l’activité du système immunitaire des patients afin de contrôler la maladie : soit de le stimuler dans le cadre d’un traitement anticancéreux, soit au contraire de bloquer ou contrôler la réponse immunitaire auto-immune dans le cas de maladies inflammatoires chroniques telles que la maladie de Crohn, la sclérose en plaques ou encore l’arthrite rhumatoïde. Chez Innate Pharma, nous utilisons des anticorps, un type de molécules complexes, pour cibler les cellules immunitaires. A l’heure actuelle, le Yervoy (principe actif Ipilimumab) pour le traitement du mélanome (type de cancer de la peau) de BMS est le premier et le seul produit de cette nouvelle classe thérapeutique sur le marché. Il a généré des ventes de 700 millions de dollars la première année…

Tradingsat.com : Vous avez justement initié un essai clinique de phase I visant à évaluer l’IPH2102 avec le Yervoy.

Hervé Brailly : L’anti-KIR IPH2102, dont la dénomination officielle est lirilumab, a été acquis par BMS. Le produit est maintenant entré dans une phase de développement de plus grande envergure. Il sera évalué en combinaison avec le Yervoy (Ipilimumab), d’une part, et avec l’anticorps anti-PD-1, un autre candidat-médicament phare de Bristol Myers Squibb dans le traitement des cancers par voie immunologique. BMS a prévu de tester ces nouvelles combinaisons sur un large éventail de cancers à tumeurs solides, comme le cancer de la peau, du rein, du poumon, du colon, de la prostate des ovaires… Ces essais élargissent considérablement les indications potentielles puisque lirilumab n’était jusque-là développé que chez les patients âgés atteints de leucémie aigüe myéloïde.

Tradingsat.com : Peut-on dire que le potentiel de marché du produit s’élargit fortement ?

Hervé Brailly : En effet. La leucémie aigüe myéloïde est un marché de niche car nous visons les personnes âgées non éligibles à une greffe de moelle. C’est néanmoins un fort besoin médical non satisfait et nous sommes peut être les seuls à développer sur une étape particulière du traitement : la maintenance de la réponse obtenue par chimiothérapie classique. A présent, en combinant le lirilumab avec le Yervoy et l’anti-PD-1, BMS va conduire des essais cliniques de phase I qui ne sont encore qu’exploratoires. Mais s’il s’avère que le lirilumab renforce le bénéfice thérapeutique de ces deux produits phares, cela pourrait effectivement déboucher sur un programme de développement beaucoup plus important à l’échelle d’un grand groupe comme BMS.

Tradingsat.com : Pouvez vous nous rappeler les termes du partenariat avec Bristol Myers Squibb ?

Hervé Brailly : Nous avons cédé l’ensemble des droits mondiaux, pour toutes les indications, moyennant quoi BMS prend en charge le développement du produit. En termes de contrepartie financière, nous avons perçu un paiement initial de 35 millions de dollars au moment de la signature de l’accord en juillet 2011, soit l’un des montants les plus importants jamais versés pour un anticorps en phase clinique 1. Les versements d’étapes supplémentaires pourront atteindre 430 millions de dollars. Ultérieurement, si le produit arrive sur le marché, des redevances échelonnées d’un pourcentage à deux chiffres assises sur les ventes internationales sont également prévues.

Tradingsat.com : Quand prévoyez vous de passer en phase II avec l’IPH2201, développé en partenariat avec Novo Nordisk ?

Hervé Brailly : L’IPH2201 est un anticorps immuno-modulateur issu de la collaboration entre Innate Pharma et Novo Nordisk développé dans l’inflammation et les maladies auto-immunes. L’étude de phase clinique I débutée fin 2011 devrait normalement s'achever d'ici la fin de l'année 2013. Pour autant, la communication sur les résultats dépend entièrement de notre partenaire. La décision de Novo Nordisk de débuter ou non une phase II constituera une étape importante.

Tradingsat.com : Où en est le développement de vos produits propriétaires ?

Hervé Brailly : Nous avons deux produits propriétaires au stade préclinique, l’IPH33 qui vise au développement d’anticorps dans des indications d’inflammation chronique, et l’IPH41 dans des indications oncologique (anti-cancéreuses). Concernant l’IPH33, l’objectif fixé pour 2012 de sélectionner le candidat-médicament susceptible d’entrer en développement a bien été atteint. Nous commençons donc dès à présent à chercher à un partenaire. Le potentiel d’indication pour ce programme étant très large, visant notamment des pathologies inflammatoires respiratoires, le développement serait en effet beaucoup trop lourd pour être mené en interne. En revanche, nous pourrions tout à fait poursuivre nous même le programme IPH41, qui cible une tumeur hématologique rare touchant quelques milliers de patients sans solution thérapeutique à l’heure actuelle.

Tradingsat.com : Sur le plan financier, vous avez fortement réduit vos pertes en 2012.

Hervé Brailly : Nos dépenses ont tout simplement diminué parce que BMS absorbe désormais des coûts que l’on supportait auparavant en 2011. Notre position de trésorerie de 32,6 millions d’euros au 31 décembre 2012 offre une visibilité financière jusque mi-2015… sans tenir compte de possibles accords de licence ou de bonnes nouvelles sur des produits en développement, qui déclencheraient des paiements d’étape en renforçant nos moyens financiers.

Propos recueillis par François Berthon

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...