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Iliad : "devenir opérateur mobile, oui, mais pas à n'importe quelles conditions"

vendredi 6 juillet 2007 à 17h09
BFM Bourse

(BFM Bourse) - Entretien accordé à La Vie Financière par Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad et Olivier Rosenfeld, directeur financier.

Grâce au rachat de Club Internet, Neuf Cegetel vient de vous ravir la deuxième place du marché de l'ADSL. Etes-vous intéressés par Alice, seule cible encore disponible dans le secteur ?

O. R. A notre connaissance, Alice n'est pas à vendre pour le moment. Quand ce sera le cas, nous regarderons ce dossier comme nous l'avons fait pour AOL France ou Club Internet. Mais notre priorité reste la croissance interne. Au deuxième trimestre, nous devrions d'ailleurs maintenir notre place de deuxième opérateur en France par le nombre net d'abonnés recrutés, et notre taux de désabonnement est inférieur à 1 %, le chiffre le plus faible parmi les concurrents. Par ailleurs, la croissance interne crée plus de valeur pour l'actionnaire : nous dépensons 50 euros en marketing pour acquérir un abonné, qui nous rapporte ensuite 20 euros par mois de marge brute. En deux mois et demi, notre nouvel abonné est donc rentabilisé. De toute façon, les dernières opérations de rapprochement dans le secteur nous ont permis de prendre des parts de marché.

Le régulateur des télécoms, l'Arcep, vient encore une fois de pointer du doigt le manque de concurrence dans la téléphonie mobile en France. Etes-vous intéressés par la quatrième licence ?

M. L. Les marges très élevées des opérateurs démontrent en effet que la concurrence n'est pas assez forte dans la téléphonie mobile. On a certes vu apparaître les opérateurs virtuels (MVNO), mais ils restent des faux nez des grands opérateurs mobiles et leur développement demeure limité. Devenir opérateur mobile, pourquoi pas ? D'ailleurs, nous avons déjà manifesté notre intérêt, mais nous ne sommes pas prêts à devenir opérateur mobile aux conditions fixées par les pouvoirs publics. Il se peut toutefois que nous soumettions quand même une offre avec nos conditions. Ce n'est pas tant le prix de la licence en lui-même (619 millions d'euros) qui pose problème, que son paiement d'une traite dès l'attribution de la licence : ce qui serait une formalité pour France Télécom ne l'est pas pour nous. Pour le reste, le déploiement du réseau coûterait environ 1,5 milliard d'euros, ce qui est dans nos moyens. La procédure lancée par l'Arcep ira sans doute à son terme et on verra si le cadre évolue ensuite. Dans le cas contraire, nous disposons d'autres moyens pour aller vers le mobile. Iliad est le seul détenteur d'une licence Wimax nationale, qui deviendra une alternative. De telles technologies sont déjà déployées, notamment aux Etats-Unis. Nous allons faire des tests de validation en France d'ici à la fin de cette année, mais ne vous attendez pas à une offre commerciale avant 2010.

Le départ des équipes de CitéFibre peut laisser penser que vous êtes en retard dans le déploiement de la fibre optique. Tiendrez-vous votre objectif de 30 000 abonnés fin 2007 ?

M. L. Il n'y a pas d'affaire CitéFibre. Nous avons racheté la société plus pour son savoir-faire que pour ses abonnés, très peu nombreux. Elle avait vocation à être fondue au sein d'Iliad. Certains employés ont intégré nos équipes, d'autres ont préféré partir. Il a fallu près d'un siècle pour couvrir le territoire français avec le fil de cuivre. La généralisation de la fibre prendra heureusement moins de temps, mais il faut tout de même trouver des locaux pour implanter les équipements, résoudre les problématiques de génie civil et déployer le réseau dans les immeubles. Nous n'avons pas pris de retard sur notre plan initial. Et les 30 000 abonnés à la fibre optique avant fin 2007 ne sont pas une fin en soi. Parlons plutôt de 400 000 foyers raccordables à cette échéance et de 4 millions d'ici à 2012.

Cet investissement ne sera-t-il pas difficile à rentabiliser ?

M. L. Il n'y a pas d'affaire CitéFibre. Nous avons racheté la société plus pour son savoir-faire que pour ses abonnés, très peu nombreux. Elle avait vocation à être fondue au sein d'Iliad. Certains employés ont intégré nos équipes, d'autres ont préféré partir. Il a fallu près d'un siècle pour couvrir le territoire français avec le fil de cuivre. La généralisation de la fibre prendra heureusement moins de temps, mais il faut tout de même trouver des locaux pour implanter les équipements, résoudre les problématiques de génie civil et déployer le réseau dans les immeubles. Nous n'avons pas pris de retard sur notre plan initial. Et les 30 000 abonnés à la fibre optique avant fin 2007 ne sont pas une fin en soi. Parlons plutôt de 400 000 foyers raccordables à cette échéance et de 4 millions d'ici à 2012.

Propos recueillis par Frédéric Cazenave, Emmanuel Schafroth et Thierry Zakhia

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