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Guide Boursier

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Tout sur les introductions en bourse

Pourquoi participer à une introduction en Bourse ?

Participer à une introduction en bourse (en anglais "Initial Public Offering", représenté par l'acronyme "IPO") est presque un investissement boursier comme un autre. Cela suppose d’accepter le risque inhérent à l’acquisition d’une fraction du capital d’une entreprise cotée. Vous devenez partie prenante d’une aventure qui, en fonction de la façon dont la société sera gérée, pourra s’avérer rémunératrice ou vous faire perdre une partie de votre mise.

Le temps de la bulle technologique de la fin des années 1990, où les introductions en Bourse étaient systématiquement synonymes de plus-values rapides, est révolu. D’une façon générale, il vaut mieux ne pas considérer une introduction comme une opération permettant de réaliser sans risque une plus-value importante en un temps très court – même si cela peut se produire - mais l’envisager plutôt comme un investissement de moyen ou de long terme.

Dans cette optique, accompagner les débuts en bourse de sociétés aux modèles économiques solides, bien positionnées sur des marchés porteurs, peut ainsi se révéler extrêmement payant. Par exemple, Iliad a vu son cours de bourse multiplié par plus de 10 depuis son introduction en bourse en 2004. Plus près de nous, la société Carmat, qui a conçu un cœur artificiel révolutionnaire, s’échange à plus de 100 euros, contre moins de 20 euros à sa mise en bourse à l’été 2010.

Les précautions à prendre

Comme pour les entreprises déjà cotées, il est fortement conseillé de mener au préalable une analyse détaillée de l’entreprise. On peut s’appuyer pour cela sur le document de base, dont l’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers (AMF) marque la première étape de tout projet d'introduction en Bourse. Dans ce document, consultable sur le site de l’AMF ou au sein de notre rubrique Introduction en bourse, la société décrit ses activités, sa situation financière, ses résultats, sa stratégie, ses perspectives, et les différents facteurs de risques (liés à la concurrence, réglementaires et juridiques, financiers…) auxquels elle peut se retrouver confrontée.

Aussi belles soient les perspectives d’une entreprise qui s’introduit en bourse, il faut aussi veiller à ce qu’elles ne soient pas surévaluées au moment de l’introduction et se méfier des opérations très (trop) attendues. Le cas de Facebook, introduite le 18 mai 2012 à 38 dollars – soit une valorisation de plus de 100 milliards de dollars - et valant moins de 25 dollars un an plus tard, est à ce titre emblématique. En l’occurrence, il valait mieux attendre un peu avant d’acheter des actions du premier réseau social du monde.

Il peut être intéressant aussi de se renseigner sur les intentions des actionnaires historiques. Le fait qu’ils profitent de l’introduction en bourse pour sortir à bon compte du capital et matérialiser leurs plus-values n’est pas forcément un mauvais signe en soi. Mais il est toujours plus rassurant de savoir qu’ils s’engagent à demeurer au capital pendant encore une période significative, ce qui montre qu’ils continuent de miser sur le potentiel de création de valeur de l’entreprise.

Comment participer ?

Pour s’introduire en bourse, une société mandate en premier lieu un syndicat bancaire qui sera chargé de placer auprès d'institutionnels une part importante de son capital (80 à 90%), dans le cadre d’une procédure dite de Placement Global. Ensuite, la société en question a le choix entre 4 méthodes pour faire souscrire les particuliers à son opération : l’Offre à Prix Ferme (OPF), l’Offre à Prix Ouvert (OPO), l’Offre à Prix Minimal (OPM) et la Cotation Directe.

Dans les faits, l’Offre à Prix Ouvert est aujourd’hui très majoritairement utilisée, tandis que la procédure de Cotation Directe s’observe le plus souvent lors d'un transfert de titres d'un marché à un autre. Elle peut être aussi utilisée par certaines entreprises qui privilégient une procédure de cotation directe ne nécessitant ni visée de l’AMF ni publication de prospectus, mais seuls les investisseurs dits «qualifiés» sont autorisés à participer dans ce cas.

Inaugurée en juillet 1998 lors de l’opération de cession d’actions France Télécom, l'OPO s’est rapidement imposée comme la norme au cours des années suivantes. Sa caractéristique première est que le prix d’introduction n’est pas connu à l’avance, alors qu’une fourchette de prix est donnée à titre indicatif.

L’investisseur particulier indique à son intermédiaire financier (banque, courtier) la quantité de titres qu’il désire, ainsi que le prix maximum auquel il souhaite les acquérir à l’intérieur de cette fourchette. Le cours coté est fixé à l'issue de l'offre ; il résulte de la lecture conjointe du livre d'ordres qui rassemble les demandes exprimées dans le cadre du Placement global et du carnet d'ordres tenu par Euronext qui centralise les demandes de l'OPO.

C’est une procédure plus souple que l'Offre à Prix Ferme, qui consiste à fixer de façon prédéterminée un prix de première cotation, et moins déroutante que l’Offre à Prix Minimal, sorte de mise aux enchères des titres avec un prix de réserve dit « prix minimal ». Un souscripteur non institutionnel pourra en effet éprouver des difficultés à valoriser l’entreprise qui s’introduit.

Dans son principe, l’Offre à Prix Ouvert, permet d'ajuster les demandes partiellement par le prix dans la fourchette définie et partiellement par la réduction des quantités. Pour avoir plus de chances d'obtenir des titres, l’investisseur devra passer des ordres d'achat au seuil maximal de la fourchette de prix proposée.

Les catégories d’ordres

En cas de très grand succès de l’opération, le total des demandes de souscription va dépasser le nombre d’actions offertes. Les investisseurs ne pourront donc être intégralement servis. La réduction de la quantité de titres pour chaque investisseur sera soit linéaire (le même pourcentage sera appliqué à tous les ordres), soit différenciée selon la catégorie de l'ordre A, B, C.

Ces catégories peuvent être établies en fonction des quantités (ordres A jusqu'à 50 (ou x) titres, ordres B toutes quantités au-dessus), des donneurs d'ordres (ordres A personnes physiques, ordres C personnes morales), ou bien encore en fonction à la fois des quantités et des donneurs d'ordres (A1 personnes physiques jusqu'à 50 titres (ou x titres), A2 personnes physiques au-dessus de 50 titres, C personnes morales). Cette catégorisation des ordres vise à servir les personnes physiques mieux que les personnes morales et les petits ordres mieux que les gros ordres.

Pour répondre à une forte demande, la société peut mettre en œuvre une clause dite de surrallocation : celle-ci permet d’augmenter la quotité de titres mis sur le marché, par cession ou augmentation de capital, dans la limite de 15 % de l’offre initiale.

Un investisseur particulier sera bien avisé de ne jamais préjuger du nombre de titres qui seront alloués. Une introduction peut ne susciter qu’un taux de réponse très limité (quelques %), tandis qu’une autre se verra sur-souscrite plusieurs fois. Il vaut donc mieux ne pas souscrire à plus d’actions que ce que l’on peut payer. A l’inverse, dans le cas d’une allocation très faible de titres, il peut être de bonne gestion de compléter sa position dès les premières cotations afin de constituer une position suffisamment significative au regard des frais de transaction (en vue de la revente future).