(BFM Bourse) - L'opérateur de jeux d'argent a livré une publication décevante au titre du troisième trimestre et abaissé ses objectifs de revenus et de marge pour l'année en cours.
Introduit en fanfare (et avec grand succès) en novembre 2019, FDJ United a connu un beau parcours pour ses premières années à la Bourse de Paris. Avant de chuter brutalement à partir de l'été 2021. Par rapport à ses sommets atteints en juin 2021, l'action FDJ United évolue actuellement en baisse de près de 60%.
L'opérateur des jeux d'argent a été rattrapé par la régulation, avec une enquête européenne sur les droits exclusifs liés à son monopole (loterie physique et en ligne ainsi que paris sportifs physiques sur 25 ans) qui a abouti au paiement d'une soulte de 97 millions d'euros.
Puis l'alourdissement de la fiscalité et de la réglementation dans plusieurs pays a pris le relai, plombant de plus belle le titre. En France, la loi de finances de 2025 a acté un alourdissement des prélèvements sociaux sur différents jeux d'argent. FDJ United avait chiffré à 90 millions d'euros l'impact de ces changements fiscaux sur son résultat brut d'exploitation en année pleine.
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Une mue compliquée
Après avoir racheté le groupe suédois Kindred, propriétaire d'Unibet, en 2024, le groupe s'est diversifié géographiquement hors de l'Hexagone. Mais il s'est également exposé à d'autres risques, à savoir des tours de vis sur la régulation et la fiscalité dans les pays où Kindred a une importante présence.
Aux Pays-Bas, le taux des prélèvements publics sur les jeux d'argent en ligne est passé de 30,5% à 34,2% du produit brut des jeux au 1er janvier 2025 puis à 37,8% au 1er janvier 2026. Au Royaume-Uni, les taxes sur les jeux de casino en ligne ont été augmentées le 1er avril dernier à 40% contre 21% précédemment. Enfin, en Roumanie, le taux des prélèvements publics sur les paris sportifs et hippiques a été relevé de 21% à 30% au premier trimestre.
Le bureau d'études indépendant Alphavalue considère que la société connaît une mue délicate. "Le passage d'un monopole français à un statut d'opérateur européen accroît la complexité de la mise en œuvre, l'intégration de Kindred et l'expansion sur des marchés en ligne concurrentiels nécessitant un modèle opérationnel et des capacités différents", juge-t-il.
Le groupe a en sus publié des résultats décevants à plusieurs reprises, notamment dans sa division dite "OBG", c'est-à-dire de paris et jeux en ligne.
Revenus inférieurs aux attentes
FDJ United a encore livré une publication inférieure aux attentes au troisième trimestre, ce qui l'a poussé a abaissé une troisième fois ses prévisions 2026, après les avoir déjà rabotés en avril et en juillet.
L'action recule de 2,1% ce jeudi 22 avril en fin de séance, perdant jusqu'à 6,6% au plus bas de la séance.
Le produit brut des jeux, c'est-à-dire les mises diminuées des gains des joueurs, a chuté de 6,1% à 2,08 milliards d'euros tandis que le chiffre d'affaires (le produit brut des jeux diminué des prélèvements fiscaux et augmenté de certains revenus d'activité non liées directement aux jeux d'argent) a reculé de 8,1% à 794 millions d'euros.
Dans le détail, la loterie en France (environ 70% du chiffre d'affaires) a chuté de 6,8% à 554 millions d'euros. Le directeur financier, Dan Lévy, a estimé que ces performances s'expliquaient par des risques "inhérents" à l'industrie des jeux d'argent.
Il a évoqué le nombre important (et élevé en montant), de gros jackpots survenus au troisième trimestre 2025, notamment dans l'Euro Millions, et qui ne se sont pas reproduits en 2026, ce qui a créé une base de comparaison défavorable.
Les paris et jeux en ligne ont de leur côté accusé une baisse de 10,2% sur le trimestre. Dan Lévy a indiqué que la société avait pâti de résultats sportifs très défavorables à la société (mais donc favorables aux joueurs) ce qui s'est traduit par un important niveau de retour aux joueurs et donc une baisse du chiffre d'affaires.
En sus, un environnement de consommation difficile en France a pesé sur le trafic dans les points de vente de l'entreprise au troisième trimestre, a ajouté le dirigeant.
À l'issue de ce trimestre, FDJ United anticipe désormais une baisse "mid-single digit" (autour de 5%) de ses revenus, contre "low single digit" (entre 1% et 4%) précédemment ainsi qu'une marge brute d'exploitation (Ebitda) autour de 23%, contre une fourchette de 23% à 24% précédemment.
La société a lancé une revue des marchés de sa division "paris et jeux en ligne" (OBG) et de ses actifs non-cœur de métier, notamment au sein de la division paiement et services. Autrement dit, l'entreprise pourrait céder ou stopper certaines de ces activités. Les conclusions doivent être présentées au début de 2027.
"Étant donné que la faiblesse du titre observée depuis le premier semestre et causée par les troubles en France et l'évolution des taux d'intérêt, nous considérons que ces chiffres constituent une mauvaise nouvelle supplémentaire", juge Citi.
"La publication du troisième trimestre est décevante et nous resterons attentifs aux challenges dans la division OBG, particulièrement au Royaume-Uni et au résultat de la revue de portefeuille", abonde Oddo BHF.
Interrogé par les analystes sur les impacts des violences survenues en France les 17 et 18 octobre, Dan Lévy a indiqué qu'environ une centaine de points de ventes avaient été touchés mais que ces évènements n'avaient pas d'effets "significatifs" sur l'activité de la société.
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