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Eni : L'Italie cherche à épargner à Alitalia une cessation de paiement

L'Italie cherche à épargner à Alitalia une cessation de paiementL'Italie cherche à épargner à Alitalia une cessation de paiement

par Agnieszka Flak et Alberto Sisto

ROME/MILAN (Reuters) - Le gouvernement italien s'efforçait jeudi d'éviter à Alitalia une cessation de paiement humiliante après l'avertissement lancé par les syndicats de la compagnie aérienne et la menace du pétrolier Eni d'interrompre l'approvisionnement en kérosène.

Alitalia a repoussé à vendredi la réunion de son conseil d'administration initialement prévue ce jeudi. Une porte-parole du groupe a refusé de préciser la raison de ce report, qui donne au gouvernement d'Enrico Letta un peu de répit pour tenter de convaincre une autre entreprise italienne de mettre la main au portefeuille.

Déficitaire depuis 2002, Alitalia a besoin d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros et d'une ligne de crédit de 200 millions supplémentaires pour poursuivre ses activités, ont déclaré les syndicats du groupe mercredi après une réunion avec la direction.

Enrico Letta, qui rechigne à voir une entreprise considérée comme un actif national stratégique faire faillite ou tomber entre des mains étrangères, cherche à conclure un accord par lequel une autre société à capitaux publics pourrait venir en aide à Alitalia.

Mais la principale inconnue du dossier porte sur les intentions d'Air France-KLM, qui détient 25% du capital de la compagnie italienne depuis 2008. A l'époque, le président du Conseil d'alors, Silvio Berlusconi, avait fait barrage à une prise de contrôle d'Alitalia par le groupe franco-néerlandais en orchestrant la constitution d'un groupe de 21 investisseurs toujours présents au tour de table.

Depuis cinq ans, Alitalia a perdu en moyenne 700.000 euros par jour et est devenue le symbole du malaise économique italien, conjuguant mauvaise gestion et ingérences politiques.

Désormais, le gouvernement Letta et les autres actionnaires italiens semblent prêts à laisser Air France-KLM monter au capital, voire prendre le contrôle de la compagnie "nationale", mais aucun n'accord n'a été conclu sur les conditions posées par le franco-néerlandais, ni sur la stratégie future.

COMPTE À REBOURS

En attendant, trouver un financement alternatif, même temporaire, semble ardu.

Le président de la compagnie ferroviaire publique italienne Ferrovie della Stato (FS) a déclaré mercredi qu'il n'apporterait qu'une "modeste contribution" à un sauvetage.

La poste italienne, Poste Italiane, a refusé jeudi de commenter des informations de presse selon lesquelles son président avait été convoqué par la présidence du Conseil pour débattre du dossier Alitalia.

Le gouvernement s'est aussi tourné vers la Cassa Depositi et Prestiti (CDP), le bras armé financier de l'Etat, déjà actionnaire d'un certain nombre d'entreprises de la péninsule. Mais une source proche du dossier a déclaré à Reuters cette semaine que l'option CDP était désormais exclue.

"Il existe un risque de défaut de paiement dans quelques jours", a déclaré mercredi Franco Nasso, secrétaire général du syndicat Filt-Cgil après la réunion avec la direction.

Le 26 septembre, la compagnie avait dit disposer de 128 millions d'euros de trésorerie, en incluant des lignes de crédit non utilisées. Or Andrea Giuricin, analyste spécialisé de l'université de Milan-Bicocca, estime que la compagnie a besoin d'au moins 10 millions d'euros par jour pour assurer ses vols.

Une source proche du dossier a déclaré à Reuters mercredi qu'Eni cesserait d'approvisionner la compagnie en kérosène à partir de dimanche si celle-ci n'était pas en mesure d'assurer la continuité de son fonctionnement.

La direction de l'aviation civile italienne, l'Enac, a estimé jeudi que la situation était difficile mais qu'aucun élément ne laissait supposer qu'Alitalia était sur le point de suspendre ses activités.

"Il faut voir s'ils peuvent honorer leurs engagements", a dit à la presse son président, Vito Riggio, ajoutant que ce serait "mauvais pour l'image de l'Italie" qu'Alitalia soit racheté par une entreprise étrangère.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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