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Engie : L'acquisition du britannique UKPN représente un "game changer" pour Engie, selon JPMorgan qui voit encore l'action grimper

Aujourd'hui à 11:53
Engie monte en Bourse

(BFM Bourse) - La banque américaine a relevé son opinion sur le groupe énergétique à "surpondérer", équivalent d'acheter, jugeant que le rachat du britannique UKPN permettra à la société de changer de dimension, en l'orientant davantage vers les réseaux électriques.

Les "utilities" demeurent un secteur difficile à définir. Et pas forcément très sexy. Derrière ce terme un poil barbare figurent les groupes assurant la distribution d'électricité, de gaz ou d'eau aux collectivités locales et aux entreprises. Dans cet univers, on retrouve par exemple Veolia, les allemands E.ON et RWE, l'espagnol Iberdrola ou encore Engie.

Si les "utilities" ont pu, par le passé, manquer un peu d'attrait boursier, le secteur a le vent en poupe ces deux dernières années. Les conflits géopolitiques ont davantage attiré l'attention des investisseurs sur les enjeux énergétiques et donc sur ce compartiment.

L'activité très "locale" (c'est-à-dire proche des clients) de ces groupes les a protégés de la tempête, lors de l'épisode des droits de douane américains puis du conflit au Moyen-Orient. Ajoutons également que les "utilities" ont peu de chance de voir leur modèle d'activité être perturbé par l'intelligence artificielle (IA), ce qui renforce encore leur qualité de valeur refuge.

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L'effet d'"HALO"

Dans une note sectorielle publiée ce mardi, JPMorgan explique que le secteur a encore gagné de l'attrait car plusieurs noms bénéficieront de la hausse et de la volatilité des cours des matières premières sur certaines activités, comme le trading pour les clients ou la fourniture d'électricité.

"Le conflit en Iran entraîne une hausse structurelle des prix du gaz et de l'électricité à court et à moyen terme", explique sur ce point la banque américaine.

Un autre vent favorable porte le secteur, à savoir l'effet "HALO" ("Hard asset low obsolescence"). Ce phénomène de marché décrit le fait que les investisseurs se sont rués, ces derniers mois, sur les valeurs industrielles avec des actifs lourds (le côté "hard asset") mais qui présentent très peu de risque d'obsolescence avec l'essor de l'IA ("low obsolescence").

Les "utilities" bénéficient d'autant plus de cet effet que ces entreprises jouissent de modèles d'activités défensifs, avec des activités régulées et des contrats de long terme.

"Cela montre bien que le marché est prêt à accorder des primes de valorisation aux actifs réglementés et sous contrat, en plus des facteurs favorables à la croissance liés au contexte des matières premières", souligne JPMorgan.

Comme l'ensemble des groupes du compartiment, Engie surfe sur ces bonnes tendances et son cours de Bourse s'est nettement apprécié.

La société dirigée par Catherine MacGregor a pris 46,37% en Bourse l'an passé, la sixième plus forte progression du CAC 40. Et sur les trois premiers mois de 2026, le titre s'adjuge encore 26,8%, la troisième plus importante hausse de l'indice.

Une acquisition transformante

JPMorgan pense que l'action en a encore sous la pédale. La banque américaine a relevé son conseil à "surpondérer" sur Engie, équivalent d'acheter, contre "pondération en ligne" précédemment. L'établissement a rehaussé son objectif de cours à 31,5 euros contre 24,5 euros, ce qui accorde un potentiel de 14% à l'action au cours de clôture de mardi.

À la Bourse de Paris, Engie prend 2,45% vers 11h35.

JPMorgan écrit que le groupe est l'action de sa couverture qui a connu "le plus grand changement" dans son "equity story", c'est-à-dire l'histoire que l'entreprise raconte au marché pour le séduire.

Ce en raison d'une acquisition transformante annoncée par la société le 26 février dernier. Au même moment que la publication de ces résultats annuels, Engie avait dévoilé le projet d'acquisition du britannique UK Power Networks (UKPN) pour 15,8 milliards de livres, soit environ 18,1 milliards d'euros. En valeur des fonds propres (donc en excluant la dette) le montant s'établit à 10,5 milliards d'euros.

Il s'agit tout simplement de la plus importante acquisition du groupe depuis qu'Engie se nomme Engie, c'est-à-dire depuis 2015.

Malgré la taille de cette cible et le fait que son acquisition sera en partie financée par une augmentation de capital et l'émission de dette hybride, deux facteurs de dilution, l'annonce a été très bien accueillie par le marché. L'action avait alors bondi de plus de 7%.

UKPN est un distributeur d'électricité qui exploite trois licences de distribution d'électricité couvrant Londres, le Sud-Est et l'Est de l'Angleterre, pour un réseau de 192.000 kilomètres. La société revendique 8,5 millions de clients et compte environ 6.500 collaborateurs.

Cette importante acquisition va apporter un surplus de résultats significatifs aux résultats du groupe. Pour donner un ordre d'idée, le résultat opérationnel (hors activités nucléaires en Belgique) d'Engie s'est établi à 8,8 milliards d'euros en 2025. L'entreprise estime qu'UKPN ajoutera entre 2,7 et 3,1 milliards d'euros de résultats opérationnel à l'horizon 2028.

Surtout, cette opération permet à Engie de se renforcer fortement sur les actifs régulés dans l'électricité, une activité appréciée des investisseurs pour la visibilité qu'elle offre.

Citi calculait que via cette acquisition, l'exposition du résultat opérationnel d'Engie aux activités de réseaux régulées s'élèvera à 44% contre 35% à l'heure actuelle, ce qui améliore le "mix d'activité". UKPN constituera "un moteur de croissance important pour l'entreprise, qui était à la traîne par rapport à ses concurrents en raison de sa forte exposition aux infrastructures gazières", ajoutait la banque américaine.

Vers une amélioration des multiples boursiers

D'autant plus que le Sud de l'Angleterre devrait voir la demande d'électricité progresser nettement, avec l'installations de data centers.

Selon JPMorgan, l'acquisition du groupe britannique constitue un "game changer" pour Engie en transformant la société en "pure utility".

"Cette acquisition permet à Engie de se recentrer sur les réseaux d'électricité grâce à une opération unique portant sur un actif de grande qualité (…) Elle donne naissance à une division intégrée de réseaux de gaz et d'électricité qui devrait s'autofinancer et générer une croissance durable à moyen terme", apprécie la banque américaine.

"Il s'agit selon nous d'un facteur clair d'appréciation des multiples boursiers d'Engie au cours des deux prochaines années, car les bénéfices sont devenus plus prévisibles et la stratégie est exposée à des risques de fusion-acquisition nettement moindres", poursuit JPMorgan.

"Même si l'activité réseaux d'Engie devrait afficher une croissance des bénéfices inférieure à celles de ses pairs du secteur, elle permettra au groupe d'allouer son flux de trésorerie disponible et sa capacité d'endettement au financement de la poursuite de la croissance dans les énergies renouvelables et le stockage, offrant ainsi à Engie, selon nous, une combinaison équilibrée et attractive de moteurs de croissance", développe encore la banque.

Au-delà de cette acquisition, JPMorgan note que plusieurs activités d'Engie devraient être soutenues par l'envolées des prix des matières premières, citant le trading, ou la fourniture et gestion des risques d'actifs énergétiques.

"Cela devrait être particulièrement manifeste au second semestre 2026 et en 2027 (plutôt qu'à court terme), car les répercussions de la guerre devraient se faire sentir au moins pendant les prochains trimestres", fait valoir JPMorgan.

La banque explique que ce vent favorable pourrait conduire Engie à dépasser ses prévisions de bénéfices pour les prochaines années.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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