par Benjamin Mallet et Marie Maitre
PARIS (Reuters) - EDF a publié mardi des résultats 2010 plombés par des provisions aux Etats-Unis et en Italie, et a fourni pour 2011 des perspectives basées sur des modalités d'application de la réforme du marché français de l'électricité jugées peu probables par certains analystes.
Pour 2011, EDF vise une croissance organique de son résultat brut d'exploitation (Ebitda) comprise entre 4% et 6%, soit un chiffre compris entre 14,7 et 15 milliards d'euros, un ratio d'endettement financier net/Ebitda compris entre 2 et 2,2 et un dividende au moins équivalent à celui versé au titre de 2010.
Ces objectifs reposent toutefois sur un prix du nucléaire à céder à ses concurrents fixé à 42 euros par mégawatt/heure (MWh) dans le cadre de la réforme du marché français de l'électricité (loi Nome).
Ce prix, dont les concurrents d'EDF réclament qu'il soit autour de 35 euros/MWh seulement, devrait être fixé par le gouvernement au premier semestre.
Le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a expliqué qu'un euro en moins par rapport aux 42 euros réclamés par EDF pénaliserait l'Ebitda du groupe à hauteur de 40 millions au second semestre.
Le P-DG, Henri Proglio, a de son côté estimé lors d'une conférence avec la presse et les analystes que le prix de 42 euros correspondait au "respect de la loi". Prié de dire si l'objectif d'EDF pour 2011 serait "annulé" par un prix inférieur, il a déclaré : "Ça n'annule pas, ça corrige."
A 13h45, le titre EDF perdait 0,16% à 31,225 euros pendant que le CAC 40 gagnait 0,43%.
Dans une note, des analystes basés à Londres ont jugé "faibles" les prévisions pour 2011, notamment parce qu'elles reposent sur une application de la loi Nome conforme aux attentes du groupe alors qu'elle pourrait lui être défavorable.
"INVESTISSEMENTS BIEN CHOISIS"
En France, le groupe compte augmenter ses investissements en 2011 après avoir injecté en 2010 7,9 milliards d'euros dans son outil de production et dans les réseaux de transport et de distribution. Il a cependant souligné que l'endettement de ses activités dans le pays s'était dégradé en 2010.
EDF cherche en outre à sécuriser ses approvisionnements en uranium, ce qui pourrait se traduire par des prises de participation dans certaines mines, a déclaré Henri Proglio.
"Nous n'avons pas vocation (...) à acheter telle ou telle mine, qu'il s'agisse de celles d'Areva ou d'autres. On s'intéresse simplement à l'évolution de notre approvisionnement (...), certaines participations à des mines pourraient être envisagées le cas échéant", a-t-il dit.
Henri Proglio a également dit que la flexibilité financière d'EDF lui servirait à "faire des investissements bien choisis, qu'il s'agisse de croissance interne ou de croissance externe".
Le groupe a enregistré en 2010 un résultat net part du groupe de 1.020 millions d'euros (-73,9%), un résultat net courant de 3.961 millions (+11,3%), un Ebitda de 16.623 millions (+4,4% en brut, +5,2% en organique) et un chiffre d'affaires de 65.165 millions (+10,2%).
EDF a comptabilisé 2,9 milliards d'euros de provisions exceptionnelles pour risques et ajustements de valeur liés à la dégradation des conditions des marchés de l'électricité et du gaz à l'international, dont 1 milliard aux Etats-Unis et 915 millions en Italie.
Selon le consensus réalisé par la rédaction de Reuters, les analystes attendaient en moyenne un résultat net de 2.976 millions d'euros, un Ebitda de 16.446 millions et un chiffre d'affaires de 64.359 millions.
"TOUT EST OUVERT" SUR EDISON
Evoquant les négociations en cours autour du partenariat au sein de l'italien Edison, qu'EDF détient conjointement avec A2A, Henri Proglio a déclaré que les discussions se poursuivaient. "Tout est ouvert", a-t-il dit.
EDF prévoit de verser un dividende de 1,15 euro par action, stable par rapport à celui versé au titre de 2009, et proposera à son assemblée générale un dispositif pour verser un dividende majoré aux actionnaires du groupe détenant leurs titres au nominatif depuis au moins 2 ans.
La dette d'EDF a été ramenée de 42,5 milliards d'euros en 2009 à 34,4 milliards à fin 2010 avant l'encaissement du produit de la cession d'EnBW, prévu dans les prochains jours, pour un ratio ajusté d'endettement de 1,9.
Le groupe vise en outre pour 2011 un taux de disponibilité de son parc nucléaire français au moins égal à celui de 2010, soit un minimum de 78,5%, pour un objectif de 85% à moyen terme.
Edité par Jean-Michel Bélot
Copyright © 2011 Thomson Reuters
Recevez toutes les infos sur EDF en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email