Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

EDF

EDF - FR0010242511 SRD PEA PEA-PME
7.658 € -0.49 % Temps réel Euronext Paris

Edf : L'électricien a multiplié par 4 son bénéfice net en 2019 et accélère son rebond en Bourse

vendredi 14 février 2020 à 13h00
EDF multiplie son bénéfice net par 4,4 sur l'exercice 2019

(BFM Bourse) - Les résultats annuels d'EDF dépassent très largement le consensus des analystes et l'électricien bondit en Bourse, portant sa progression à près de 30% depuis le 1er janvier. Le groupe a notamment profité de conditions de prix favorable et d'une très nette amélioration de ses performances financières.

Au sommet du palmarès de la cote parisienne, EDF décolle de 9,4% à 12,83 euros, dans un marché à l'équilibre (-0,06% pour le CAC) à 12h30. L'électricien porte ainsi son rebond à 29,3% depuis le 1er janvier et sa capitalisation avoisine désormais les 40 milliards d'euros.

Ce bond intervient dans le sillage de sa publication annuelle de très bonne facture, EDF ayant publié vendredi des résultats en forte hausse au titre de 2019, portés par des conditions de prix favorables en France et au Royaume-Uni ainsi, par la montée en puissance des renouvelables et par la forte amélioration de son résultat financier. Le groupe prévoit en outre une nouvelle progression de ses performances en 2020.

L'électricien, dont l'État détient toujours 83% du capital, a dévoilé vendredi matin un bénéfice net multiplié par 4,4 à 5,2 milliards d'euros, gonflé comptablement par des résultats financiers liés à "la bonne performance des marchés actions et obligations" relève EDF. Le groupe indique en effet avoir "bénéficié de la variation positive de juste valeur de ses actifs dédiés, qui sont destinés à couvrir les frais de démantèlement nucléaire et de gestion des déchets". À son bilan, les "autres produits et charges financiers" ressortent à 4,6 milliards d'euros, contre 378 millions d'euros sur l'exercice précédent.

Sur un plan plus opérationnel, son excédent brut d'exploitation (Ebitda) a progressé de 12% à 16,7 milliards d'euros, dans le haut des prévisions du groupe et au-dessus des attentes des analystes, tiré par de bonnes conditions de prix et l'activité renouvelables. Et ce en dépit du recul de la production nucléaire en France et au Royaume-Uni.

"Nos performances en 2019 confortent et prolongent le rebond enregistré en 2018: en effet, tous nos objectifs financiers sont atteints, nous sommes un groupe profitable", s'est félicité le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, lors d'une conférence téléphonique.

Le groupe a par ailleurs enregistré, au titre de 2019, un résultat net courant de 3,9 milliards d'euros (+57,9%), un cash flow positif de 1,8 milliard d'euros -hors projet d'EPR britannique d'Hinkley Point et coûts liés au compteur communicant Linky- et un chiffre d'affaires de 71,3 milliards (+4,0%). Des chiffres nettement supérieurs à ceux du consensus réalisé par Refinitiv puisque les analystes misaient en moyenne un résultat net part du groupe de 3 milliards d'euros, un Ebitda de 16,3 milliards et un chiffre d'affaires de 70,9 milliards. Le consensus établi par Bloomberg anticipait pour sa part des revenus de 70,35 milliards d'euros, là aussi inférieurs aux résultats présentés par EDF. Les analystes de Jefferies ont salué une publication "positive" avec "des perspectives robustes".

De fait, EDF se montre également optimiste pour 2020 et table sur une progression importante de son Ebitda, dans une fourchette de 17,5 à 18 milliards d'euros. Le groupe souligne qu'il dispose d'une bonne visibilité sur ses prix -qui font l'objet d'une couverture avec environ deux ans d'avance- et qu'il va donc bénéficier d'une hausse des tarifs régulés en France de 2,4% au titre de 2020, alors que sa production nucléaire pourrait de nouveau progresser cette année. Concernant la France, cette dernière est attendue dans une fourchette de 375 à 390 TWh, ce qui peut correspondre aussi bien à un léger recul ou une progression par rapport aux 379,5 TWh réalisés en 2019.

La régulation du parc nucléaire creuse la dette d'EDF

L'endettement financier net a pour sa part bondi de 33,4 milliards fin 2018 à 41,1 milliards fin 2019, sous l'effet de l'application de normes comptables mais aussi des investissements dans le nucléaire au Royaume-Uni et pour le déploiement des compteurs communicants Linky. "Nous sommes structurellement dans une situation d'augmentation de notre dette, sauf à prendre des mesures exceptionnelles", comme des cessions ou une augmentation de capital, a souligné Jean-Bernard Lévy.

Le dirigeant a rappelé que la régulation actuelle du parc nucléaire français était responsable de cette situation. "Il est clair que la solution est la modification de cette régulation (...), nous espérons que, dans les mois ou l'année qui vient, une solution va être mise en oeuvre", a-t-il déclaré. EDF réclame en effet un changement du mécanisme actuel, baptisé Arenh ("accès régulé à l'énergie nucléaire historique"), qui le contraint à vendre à ses concurrents une partie de sa production nucléaire française à un prix fixe, plutôt bon marché.

Le gouvernement avait présenté à la mi-janvier un projet de réforme de ce mécanisme, pour mieux garantir à l'avenir des revenus à l'opérateur historique. Ce projet fait l'objet d'une consultation et doit surtout obtenir le feu vert de la Commission européenne.

Cette réforme conditionne notamment l'avancée du projet de réorganisation baptisé "Hercule", qui aurait déjà dû être présenté l'an dernier. Ce plan, redouté par les syndicats, prévoit de scinder les activités nucléaires, hydrauliques et le transport d'électricité d'un côté, et les énergies renouvelables, le commerce et le réseau de distribution Enedis d'autre part. L'idée étant de créer un "EDF bleu" public, comprenant notamment le nucléaire, et un "EDF vert", coté en Bourse à hauteur d'environ 35% du capital, incluant les renouvelables et le réseau de distribution.

"Vers la fin du semestre nous pensons avoir bien davantage peaufiné le projet Hercule et être en mesure de faire des propositions concrètes au gouvernement. Si et seulement si, dans le même temps, le gouvernement en liaison avec la commission de Bruxelles a lui-même pu arrêter ce que sera la future régulation de la production nucléaire française", a insisté Jean-Bernard Lévy.

Enfin, le groupe a confirmé sa politique de dividende avec un taux de distribution représentant 45 à 50% de son résultat net courant pour les deux années à venir, l'Etat ayant opté pour un paiement du dividende en actions du solde du dividende 2019 et s'étant engagé à faire de même au titre du dividende au titre de 2020.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur EDF en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+311.00 % vs -10.63 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat