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Edf : L'aventure américaine d'edf risque de tourner court

lundi 11 octobre 2010 à 15h15
L'aventure américaine d'edf risque de tourner court

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Les conflits à répétition entre EDF et son partenaire américain Constellation risquent de contraindre l'électricien public français à renoncer à ses ambitions dans le nucléaire aux Etats-Unis, estiment des analystes interrogés lundi par Reuters.

Dernier épisode en date, Constellation Energy Group vient d'annoncer qu'il se retirait d'un accord portant sur la construction d'un réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR dans l'Etat du Maryland avec EDF, ce qui devrait mettre un terme à ce projet de plusieurs milliards de dollars.

Prévu sur le site de Calvert Cliffs, ce projet était le seul en cours de développement dans le cadre de la société Unistar, qu'EDF et Constellation détiennent conjointement, alors que le français visait l'an dernier quatre réacteurs de nouvelle génération EPR aux Etats-Unis, avec une première mise en service fin 2015.

Selon certains analystes, un terme à l'aventure américaine d'EDF pourrait finalement constituer un moindre mal pour le groupe français dans la mesure où la chute des prix du gaz aux Etats-Unis a rendu le nouveau nucléaire moins rentable qu'il ne l'était il y a encore deux ans.

"Avec les niveaux actuels des prix du gaz, les nouvelles constructions nucléaires sont loin d'atteindre un retour sur capitaux employés convenable et la construction de Calvert Cliffs 3 dans les conditions actuelles aurait été perçue comme destructrice de valeur", estime Eric Lopez, analyste chez BofA Merrill Lynch.

Selon un autre analyste, basé à Paris, "on est plutôt proches d'une sortie d'EDF des Etats-Unis car le groupe a passé beaucoup de temps à vouloir faire de Constellation un partenaire fiable et risque de ne pas pouvoir relancer l'aventure avec un nouveau partenaire".

"DESTRUCTION DE VALEUR"

Sofia Savvantidou, analyste chez Citigroup, estime pour sa part qu'une sortie pure et simple des Etats-Unis serait "une meilleure option pour EDF que de continuer à investir dans des sociétés qui ont peu de chances de rapporter beaucoup en retour, au moins à moyen terme".

Selon certains analystes, le groupe français risque cependant d'enregistrer des dépréciations d'actifs - bien que relativement modestes - s'il se retire des Etats-Unis, après avoir déjà annoncé fin juillet une provision de 1,1 milliard d'euros liée aux risques sur la rentabilité de Constellation.

La société américaine pourrait quant à elle être tentée d'exercer une option qui a envenimé les relations entre les deux partenaires ces dernières semaines. Cette option l'autorise en effet à vendre à l'électricien français jusqu'à deux milliards de dollars d'actifs qui, de l'avis d'analystes, valent beaucoup moins.

"Une sortie d'EDF augmente la probabilité d'un exercice du 'put' de la part de Constellation. Si le groupe américain se délie du projet nucléaire (de Calvert Cliffs), il n'a plus aucune raison de rester associé à EDF", estime Benjamin Leyre, analyste chez Exane BNP Paribas.

"Le 'put' serait exercé au prix fort, ce qui signifierait à peu près 2% de destruction de valeur de marché pour EDF", ajoute-t-il.

L'EPR, VICTIME COLLATÉRALE ?

Le réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR qui était en projet à Calvert Cliffs risque de subir un nouveau revers, neuf mois après l'échec de la filière française dans le cadre d'un appel d'offres gigantesque à Abou Dhabi.

Le concepteur et fabricant de l'EPR, Areva, se veut de son côté optimiste en soulignant que les négociations se poursuivent entre EDF, Constellation et l'administration américaine.

Selon certains analystes, l'électricien public français pourrait en outre tenter d'accélérer son développement en Europe de l'est s'il finit par quitter le marché américain, notamment en intensifiant son partenariat avec le groupe russe Rosatom.

EDF a investi près de 6,5 milliards de dollars aux Etats-Unis depuis 2007, ces investissements ayant été pour la plupart engagés par Pierre Gadonneix, le prédécesseur de Henri Proglio à la tête d'EDF.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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