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Edf : Goldman Sachs juge que la réforme du parc nucléaire va profiter à EDF

mardi 25 février 2020 à 14h07
EDF avance en Bourse depuis le début de l'année

(BFM Bourse) - Goldman Sachs voit la réforme de la régulation du parc nucléaire lancé fin janvier par le gouvernement français d'un bon œil et rehausse son avis et son objectif sur EDF, "qui devrait poursuivre son reclassement" selon le broker.

EDF serait-il le grand gagnant de la réforme de la régulation économique de la production nucléaire lancée par le gouvernement français le 17 janvier dernier? C'est en tout cas l'avis des analystes de Goldman Sachs, qui estiment dans une note publiée mardi que "la nouvelle réglementation du parc nucléaire français aurait l'avantage de protéger EDF contre la baisse des prix de l'électricité, tout en améliorant les multiples de valorisation du groupe".

À rebours d'un marché parisien qui lâche encore plus de 1,5% "intraday" à 11h45 (-0,95% pour le CAC à ce stade), EDF figure parmi les valeurs qui évoluent dans le vert, son titre s'adjugeant 1,3% à 13,47 euros. Depuis le début de l'année 2020, le titre de l’électricien français prend 3%, ce qui en fait "le titre le plus performant du secteur européen des services publics" note Goldman Sachs. "Celui-ci a récemment été réévaluée après que le gouvernement français a lancé (le 17 janvier 2020) une consultation publique proposant une nouvelle régulation économique de la production nucléaire d'EDF, et que le groupe a présenté de bons résultats annuels. Malgré cela, EDF a sous-performe toujours le secteur de 30% sur les 12 derniers mois" relèvent les analystes de Goldman Sachs.

Nouveau mécanisme de prix pour le nucléaire

Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy avait rappelé lors de la présentation des résultats annuels du 14 février dernier que "la régulation actuelle du parc nucléaire français était responsable" de l'envolée de la dette nette du groupe (passée de 33,4 milliards d'euros fin 2018 à 41,1 milliards fin 2019). "Il est clair que la solution est la modification de cette régulation (...), nous espérons que, dans les mois ou l'année qui vient, une solution va être mise en oeuvre", avait-il alors ajouté. EDF réclame en effet un changement du mécanisme actuel, baptisé Arenh ("accès régulé à l'énergie nucléaire historique"), qui le contraint à vendre à ses concurrents un quart de sa production nucléaire française à un prix fixe plutôt bon marché de 42 euros du mégawattheure (MWh).

Et Jean-Bernard Lévy -qui réclame une réforme de ce mécanisme depuis de longues années- a obtenu gain de cause. Le gouvernement français a en effet présenté à la mi-janvier un projet de réforme de ce mécanisme, pour mieux garantir à l'avenir des revenus à l'opérateur historique. Ce projet fait l'objet d'une consultation et doit surtout obtenir le feu vert de la Commission européenne.

Avec le nouveau dispositif (qui n'a pas encore de nom) proposé par le gouvernement, l’électricien aurait l’obligation de mettre à disposition la quasi-totalité de sa production nucléaire (soit 360 térawattheures environ) sur le marché, à un niveau de prix stable et, surtout, encadré puisque l'exécutif souhaite mettre en place un "corridor de prix" dont le plancher couvrirait les coûts du parc nucléaire et le plafond protégerait les consommateurs d'éventuelles flambées des cours. L'écart imaginé entre ces deux prix serait de 6 euros du MWh.

Rénovation du parc

Parmi les objectifs affichés par le gouvernement, celui de permettre à l'électricien d'investir dans une vaste rénovation du parc nucléaire existant, dont le coût est évalué à environ 50 milliards d'euros sur 10 ans. Alors que le mécanisme Arenh va rester en place jusqu’en 2025, le gouvernement veut aboutir à un schéma assez précis pour le futur dispositif dès le premier semestre 2020 pour un démarrage rapide, au plus tard début 2026.

Dans leur note, les analystes de Goldman Sachs prennent comment hypothèse un niveau de prix auquel le nucléaire français pourrait être réglementé et introduisent un scénario de base de 46 euros/MWh (basé sur l'approche de la Commission Champsaur, en avril 2009). Dans celui-ci, chaque augmentation de 2 €/MWh de ce prix réglementé ajoute 15% de plus à notre évaluation" du titre EDF, ajoutent-ils. Ainsi, ils estiment que l'action EDF devrait s'échanger à 14,4 euros pour un prix du mégawattheure fixé à 44 euros, à 16,2 euros dans le scénario de base à 46 euros du MWh et à 18 euros dans le cas où le prix du MWh grimperait à 18 euros.

Goldman Sachs relève son conseil de "neutre" à "achat" sur le titre EDF, avec un nouvel objectif fixé à 16,6 euros contre 10,6 euros précédemment, basé à 50 % sur une évaluation du ratio cours sur bénéfices de 16,9 euros par action et à 50% sur un SOTP (pour "Sum-of-the-part", la somme de l'analyse des pièces, une méthode d'évaluation d'une société multi-divisions, d'une société holding ou d'un conglomérat) de 16,2 euros par action.

Séparer le nucléaire des autres actifs

Les analystes du broker américain utilisent cette dernière méthode d'évaluation car, précisent-ils, "la séparation des actifs à fort coefficient de multiplication d'EDF en une nouvelle entité, comme évoquée dans nos recherches précédentes, pourrait permettre de lever des fonds pour accélérer la croissance ou aider à la réparation du bilan". Reconduit pour 4 ans, Jean-Bernard Lévy doit en effet réorganiser le groupe pour le rendre plus compétitif et ce chantier pourrait aboutir à la séparation du nucléaire des autres actifs du groupe.

L’idée sous-jacente est donc de séparer le groupe en deux entités distinctes. La première intégrerait le nucléaire (avec potentiellement les actifs hydrauliques) et serait renationalisée (après être devenu un établissement public à caractère industriel en août 2004). L'opération nécessiterait de trouver 8 milliards d’euros pour indemniser les actionnaires privés. La seconde entité comprendrait les énergies renouvelables, les réseaux, le commerce ainsi que les services énergétiques et serait, juridiquement parlant, une filiale de la première. Délestée du risque nucléaire et alors que ses activités seraient régulées, la filiale serait introduite en Bourse avec la perspective de "dégager une valorisation supérieure à celle d'EDF (de l'ordre de 38 milliards d’euros lorsque Jean-Bernard Lévy expliquait son projet le 16 mai dernier dans une entretien au Figaro, NDLR). Baptisé Hercule, ce plan doit être bouclé avant la présidentielle de 2022.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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