Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

EDF

EDF - FR0010242511 SRD PEA PEA-PME
7.190 € -7.51 % Temps réel Euronext Paris

Edf : Depuis le début des travaux de Flamanville, EDF a perdu 85% de sa valeur en Bourse

jeudi 20 juin 2019 à 12h25
La mise en service de l'EPR de nouveau reportée, EDF recule en Bourse

(BFM Bourse) - L'Autorité de sûreté nucléaire a de nouveau demandé à l’électricien français la réparation de huit soudures défectueuses de l'EPR de Flamanville, dans la Manche. Prévue pour fin 2019, la mise en service de la centrale dont la construction a démarré en 2007 devrait de nouveau être repoussée. Un énième report, depuis le premier incident en octobre 2012, qui fait reculer l'action EDF.

C'est en décembre 2007 que les travaux sur l'EPR (réacteur européen à eau pressurisée) de Flamanville ont été officiellement lancés. Après bien des débats menés depuis 2002, puis la décision d'augmenter la capacité de la centrale prise en 2004, suivie de manifestations à partir du lancement des travaux de préparation en 2006 et, finalement, la délivrance d'un avis favorable du préfet et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en avril 2007, la mise en chantier effective s'accompagnait d'un élan boursier puisque l'action EDF se traitait aux alentours de 80 euros, au voisinage d'un pic historique. Près de douze ans plus tard ce jeudi 20 juin à la Bourse de Paris, le titre valait moins de 12 euros, en recul de 1%. L'électricien français a donc abandonné 85% de sa capitalisation depuis le lancement des travaux sur l'EPR de Flamanville, dont le terme demeure toujours incertain.

Jeudi, l'ASN a demandé au groupe français de réparer huit soudures défectueuses de l'EPR, tandis qu'EDF avait proposé, début juin, de reporter ces réparations à 2024, soit après la mise en service prévue du réacteur nucléaire.

Si cette solution a été jugée "techniquement réalisable" par l'ASN, l'entité rattachée au ministère de l'Écologie estime que "ce report soulèverait plusieurs difficultés, notamment au regard de la justification de la sûreté du réacteur durant la période transitoire". La réparation des soudures avant la mise en service du réacteur constitue "la solution de référence" aux yeux de l'Autorité.

"Il appartient à EDF de tirer toutes les conséquences de cette recommandation et rapidement", a réagi la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson, au micro de Radio Classique jeudi matin. La ministre a également ajouté que "les scénarios potentiellement pessimistes avaient été anticipés" et que l'État -qui contrôle l'électricien avec 83,7% du capital- "maintient le cap" qu'il s'est fixé, à savoir la fermeture de quatre centrales à charbon d'ici la fin du quinquennat, ainsi qu'un des réacteurs de Fessenheim en 2020.

Dès mardi, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy avait indiqué, dans un communiqué, que le groupe "ferait un point précis sur la suite du projet dans les prochaines semaines", précisant que la reprise des soudures entraînerait un retard dans la mise en service de l'EPR, officiellement prévue pour fin 2019. "EDF analyse actuellement les conséquences de cette décision sur le planning et le coût de l'EPR de Flamanville", a ajouté l'électricien, alors que le chantier a déjà été maintes fois rallongé.

Pour rappel, le premier incident remonte à octobre 2012, quand une fuite radioactive était survenue durant près de 6 heures sur le circuit primaire du réacteur n°1. Puis, en juin 2013, un dégagement de vapeur a été observé sur un transformateur de vapeur qui alimente la turbine de l'unité de production n°2, ce qui sera identifié le lendemain par l’électricien comme étant causé par un défaut de la régulation automatique de la pression. C'est en avril 2015 que l'ASN a rendu public un défaut dans la cuve et le couvercle du réacteur, lié à une anomalie dans l'acier de certaines zones. Enfin, une détonation et un départ de feu au niveau d'un ventilateur situé sous l'alternateur se sont produits dans la zone non nucléaire du réacteur n°1 en février 2017, faisant cinq blessés légers et contraignant EDF à déconnecter le réacteur du réseau à cause d'un problème sur le système d'évacuation. À noter que, selon le Canard enchaîné, l'ASN aurait, en 2017, "mis plus d'un an à s'alarmer officiellement des graves soucis de soudure rencontrés par EDF", en dépit de sa connaissance du problème.

Résultat, ce chantier commencé en 2007 et qui devait coûter 3 milliards d’euros pour un démarrage de la centrale en 2012 a vu son coût exploser. Dernier chiffre avancé par l'électricien, en juillet 2018 après l'annonce d'un nouveau décalage de la mise en service de l'EPR : 10,9 milliards d'euros. Sachant que le président de l'ASN Bernard Doroszczuk vient de déclarer qu'EDF estime pouvoir réparer les soudures du réacteur nucléaire EPR de Flamanville "d'ici fin 2022", ouvrant ainsi la voie à de nouveaux retards importants et coûteux pour le chantier, il y a fort à parier que la facture n'a pas fini de grimper.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur EDF en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+303.10 % vs -12.46 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat