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EDENRED

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Edenred : Malmené par la régulation au Brésil et expulsé du CAC 40 l'an passé, Edenred termine fort sur le cash et rassure la Bourse, l'action rebondit de 4,7%

Aujourd'hui à 11:59
Edenred remonte la pente en Bourse

(BFM Bourse) - Le spécialiste des services de paiement dans le monde du travail a livré un résultat brut d'exploitation supérieur aux attentes et un flux de trésorerie robuste. Le PDG, Bertrand Dumazy, a de son côté assuré que les perspectives 2026 intégraient le pire scénario possible sur le Brésil.

Edenred a bu le calice jusqu'à la lie en Bourse l'an passé. Le spécialiste des solutions de paiement pour le monde du travail (titres restaurant, carte carburant, paiements interentreprises) a vu son action plonger de 40%, une chute qui l'a conduit à quitter le CAC 40 en décembre dernier, expulsé par Eiffage.

L'ex-filiale d'Accor a surtout été plombée par les changements réglementaires. En Italie, un plafonnement des commissions prélevées auprès des restaurateurs a été mis en place le 1er septembre. À elle seule, cette mesure a retiré sept points de pourcentage de croissance au quatrième trimestre.

L'entreprise a également été pénalisée par des risques d'évolution de la régulation en France et au Brésil.

Si ces menaces sont pour restées lettre morte en France, cela n'est pas le cas au Brésil.

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Un décret brésilien qui fait mal

Le président Luiz Inacio Lula da Silva a signé en novembre un décret modifiant le "PAT", le programme d'alimentation des travailleurs, qui régit les règles des titres-alimentaires et titres-restaurants au Brésil. Ce qui avait alors fait plonger l'action Edenred.

Ce texte de loi inclut divers éléments défavorables tels qu'un plafonnement des commissions payées par les restaurateurs et marchands à opérateurs de titre-restaurant, un raccourcissement du délai de remboursement maximal ou la mise en œuvre de l'interopérabilité.

Concrètement, ce dernier dispositif doit favoriser la concurrence en permettant à de plus petits opérateurs d'avoir accès aux réseaux des opérateurs historiques.

Edenred a attaqué en justice cette disposition. Dans le cadre d'un jugement en référé, un juge a suspendu en janvier l'application du décret pour Edenred. Le gouvernement a fait appel de cette décision. Huit autres groupes du secteur ont obtenu le même jugement qu'Edenred, à savoir une suspension.

En parallèle, la société attend le jugement sur le fond qui doit être rendu fin 2026 ou début 2027.

Avec tous ces dossiers réglementaires, l'opérationnel d'Edenred est relégué au second plan.

Le cash dépasse largement les attentes

La société vient néanmoins rappeler que ses fondamentaux demeurent solides, en livrant des résultats supérieurs aux attentes.

L'action Edenred reprend 4,7% vers 12h à la Bourse de Paris, signant la plus forte hausse du SBF 120.

Sur le dernier trimestre de 2025, Edenred a affiché une progression de ses revenus de 3,1% en données comparables. En retraitant l'impact du changement réglementaire en Italie, la croissance d'Edenred s'établit à 9,5% en données comparables.

Le groupe a dégagé une croissance du chiffre d'affaires opérationnel en données comparables de 2,7%. Hors impact de la régulation en Italie, le chiffre s'établit à 9,7%.

Les "autres revenus" ont de leur côté progressé de 7,2% en données comparables au quatrième trimestre. Les "autres revenus" constituent les revenus qu'Edenred génère en plaçant l'argent qui leur est confié par les entreprises avant que les salariés de ces mêmes entreprises les dépensent chez les restaurateurs (et que les fonds soient effectivement transférés chez ces mêmes restaurateurs).

Sur l'ensemble de 2025, Edenred a dégagé des revenus totaux de 5,7% en données comparables, et de 7,6% hors impact de la régulation italienne.

Le résultat brut d'exploitation a progressé de 11,2% en données comparables à 1,36 milliard d'euros. Le bénéfice a augmenté de 2,8% à 521 millions d'euros tandis que le flux de trésorerie a grimpé de 34% à 1,11 milliards d'euros.

Oddo BHF remarque que l'Ebitda a dépassé de 1% les attentes, tandis que le flux de trésorerie a été "robuste", supérieur de 25% au consensus (la prévision moyenne des analystes), calé à 881 millions d'euros. La croissance du chiffre d'affaires opérationnel, a, elle, légèrement manqué les prévisions (3,3% en données comparables).

Un rendement du dividende ultra-élevé

"Les attentes des investisseurs étaient faibles avant la publication de ces résultats et, même si nous pensons que les inquiétudes générales concernant l'incertitude réglementaire au Brésil pourraient persister à court terme, nous prévoyons une réaction positive aujourd'hui grâce à un Ebitda supérieur aux prévisions et à un flux de trésorerie disponible solide", conclut Barclays.

"Un ensemble d'éléments expliquent la réaction du titre ce mardi. Ces résultats montrent notamment qu'il y a une forte croissance sous-jacente, une fois qu'on met de côté les éléments exceptionnels", explique à BFM Bourse Julien Richer, analyste chez Kepler Cheuvreux.

"Surtout, la société a confirmé sa politique de dividende, ce qui signifie que le dividende devrait encore progresser l'an prochain. Le rendement du dividende tournerait autour de 7,5%-8% ce qui est très élevé. Sur la base du dividende 2025 et d’un 'yield' de 5%, le cours implicite devrait être de 27 euros", fait-il valoir.

Concernant ses perspectives, Edenred a confirmé ses objectifs pour 2026 précédemment communiqués à la suite de l'annonce du décret au Brésil.

Pour l'année en cours, la société anticipe une baisse de 8 à 12% de son Ebitda en données comparables et une conversion de l'Ebitda en flux de trésorerie d'au moins 35%.

Ces perspectives intègrent à la fois l'évolution réglementaire au Brésil et l'impact en année pleine des changements en Italie.

Lors d'une conférence avec des analystes, Bertrand Dumazy, le PDG du groupe a assuré que ces perspectives intégraient "le pire scénario possible" au Brésil à savoir une application pure et simple du décret. "Nous en saurons plus d'ici à la fin de l'année".

"Sur le Brésil, il n'y a pas de nouveautés. Mon sentiment est que le décret pourrait rester suspendu jusqu'en fin d’année, après l'élection présidentielle et les législatives. Par ailleurs, neuf jugements l'ont suspendu pour neuf entreprises. Je vois mal un juge fédéral invalider ces nombreux jugements", tranche Julien Richer.

Bertrand Dumazy a d'ailleurs expliqué qu'il existait "une voie" parallèle à celle des tribunaux au Brésil qui repose sur le dialogue pour développer les programmes de titres alimentaires.

Dans cette optique, les élections peuvent donner un coup de pouce au groupe. "Les équipes vont changer et quand les équipes changent le dialogue peut-être encore meilleur car vous n'êtes plus prisonnier des décisions passées", a-t-il conclu.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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