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Dbv technologies : "Nous sommes sous l'œil des grandes pharmas"

Pierre-Henri BenhamouPierre-Henri Benhamou

(Tradingsat.com) - Après une année 2012 marquée par son introduction en Bourse, la société DBV Technologies, qui a développé une nouvelle approche pour le traitement de l’allergie, aborde 2013 avec un programme de développement soutenu. Le Dr. Pierre-Henri Benhamou, co-fondateur et président directeur général du groupe, nous rappelle l’importance du potentiel des marchés visés.

Tradingsat.com : Vous avez récemment démarré votre programme dans le traitement de l’allergie aux acariens.

Pierre-Henri Benhamou : Après les programmes sur les allergies à l’arachide et au lait, nous avons procédé en novembre au lancement de notre troisième programme, qui sera effectif début janvier 2013, en vue d’aboutir mi-2014 aux premières étapes cliniques. D’ici là, nous devons travailler sur des études in vitro et chez l’animal. Il s’agit de déterminer la meilleure formulation du principe actif pour susciter la réponse immunitaire des patients avec notre patch Viaskin. Nous espérons à la fin du premier trimestre 2014 être à même d’introduire le dossier auprès des agences règlementaires européenne et américaine pour lancer l’étude clinique de phase 1 sur la sécurité d’utilisation.

Tradingsat.com : En quoi Viaskin constitue une technologie de rupture dans le domaine de l’allergie ?

Pierre-Henri Benhamou : Notre système d’administration est totalement original. L’allergène (il s’agit le plus souvent d’une protéine provenant de l’aliment auquel le patient est allergique) pénètre dans la peau où il est pris en charge par des cellules immunitaires présentes en grand nombre à la surface de la peau, les cellules de Langherans. Celles-ci sont très mobiles et peuvent migrer directement vers le système immunitaire afin d’initier le processus de désensibilisation. Il n’y a aucun passage de l’allergène dans la circulation sanguine ce qui évite les risques de réaction allergiques qui peuvent être extrêmement dangereuse. L’innocuité du procédé a été confirmée dans une importante étude clinique approuvée par la FDA sur des patients allergiques à l’arachide. Jusqu’à présent, l’éviction de l’aliment responsable était la seule solution proposée aux patients allergiques alimentaires, la désensibilisation par administration d’allergènes étant réservée aux allergies respiratoires.

Tradingsat.com : L’allergie aux acariens est pourtant une allergie respiratoire.

Pierre-Henri Benhamou : Oui, mais les risques de réactions au traitement par désensibilisation (crise d’asthme) existent chez les jeunes enfants. Pour cela, l’OMS déconseille la désensibilisation par les méthodes actuelles (voie orale ou injection) chez les moins de 6 ans. Or l’âge de la prise en charge est crucial puisque plus de 70% des asthmes débutent avant 6 ans. Il se trouve que notre patch Viaskin, compte tenu de sa facilité d’administration et de son caractère non invasif, constitue une solution adaptée au jeune enfant.

Tradingsat.com : Dans quelle mesure les 5,1 M€ que va vous verser OSEO renforcent votre situation financière ?

Pierre-Henri Benhamou : C’est une aide bienvenue, très substantielle, qui n’était pas intégrée au business plan présenté lors de l’introduction en bourse. Elle va financer les premières étapes du développement de Viaskin HDM (acariens). Au-delà de l’aspect financier, la collaboration avec la société de biotechnologie Genclis et les Hospices civils de Lyon dans le cadre du projet ImmunaAVia, va aussi nous aider à développer notre premier produit dans le domaine de l’allergie respiratoire.

Tradingsat.com : Pour votre produit le plus avancé Viaskin Peanut (Arachide), quel sont les prochaines étapes ?

Pierre-Henri Benhamou : Viaskin Peanut est le premier produit d’immunothérapie que nous souhaitons commercialiser avec comme indication la désensibilisation des sujets allergiques à l’arachide. L’étude VIPES (VIaskin Peanut Efficacy and Safety) de phase IIb en cours est dimensionnée pour « abréger » le développement dans le cadre de la procédure accélérée de « fast track ». C’est la première fois que la FDA américaine accorde ce statut à un produit de désensibilisation. Viaskin Peanut répond en effet à un besoin médical non satisfait. De même, nous demanderons le statut « fast track » pour Viaskin Milk (lait) et Viaskin HDM (acariens). Nous attendons les résultats pour la mi-2014 à quelques mois près.

Tradingsat.com : Où en est le développement de Viaskin Milk ?

Pierre-Henri Benhamou : Le programme a débuté au moment de l’introduction en bourse. Il est encore en phase préclinique. Nous espérons avoir complété le dossier d’ici la fin de cette année pour pouvoir lancer début 2014 une étude clinique de phase II sans réaliser au préalable une étude de phase I.

Tradingsat.com : Quel est le potentiel des marchés visés ?

Pierre-Henri Benhamou : Nous estimons le potentiel du marché visé par nos trois premiers produits à plus de 5 milliards d’euros. Le plus important d’entre eux est le marché de la désensibilisation aux acariens, sachant que 15% des enfants des pays développés y sont allergiques. Or, le principal danger de l’allergie aux acariens est d'évoluer vers un asthme, qui constitue l’un des problèmes de santé publique les plus importants. En termes géographique, le marché du patch de désensibilisation à l’arachide devrait se situer aux deux tiers aux Etats-Unis, contre un tiers en Europe. Ce devrait être l’inverse pour Viaskin Lait.

Tradingsat.com : Quel est le modèle économique, à qui vendrez vous le patch Viaskin ?

Pierre-Henri Benhamou : En France, nous ciblons les allergologues. D’une manière générale, l’Europe est un marché de médecine de spécialité relativement facile à appréhender avec une force de ventes qui n’a pas besoin d’être gigantesque. Aux Etats-Unis en revanche, l’idée sera plutôt d’aller chercher un partenaire ; c’est un marché réputé plus compliqué à pénétrer, en raison notamment de politiques de remboursement différentes selon les états. A cet égard, les résultats de l’étude clinique de phase II VIPES (arachide) qui seront dévoilés en 2014 joueront un rôle crucial. Mais DBV Technologies intéresse d’ores et déjà beaucoup de monde, du fait que nous sommes une petite société qui vise des marchés très importants. Nous sommes sous l’œil des grandes pharmas.

Propos recueillis par François Berthon

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