par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) - Le P-DG de Dassault Aviation Charles Edelstenne a déclaré au quotidien Le Monde que la prise de participation de l'avionneur dans Thales ne signifiait pas qu'il en prenait le contrôle, mais qu'il entendait aussi être un actionnaire très actif.
Dassault Aviation a conclu la reprise pour 1,6 milliard d'euros des 20,8% qu'Alcatel-Lucent détenait dans l'électronicien de défense, dont il devient ainsi, en atteignant près de 26% du capital, le deuxième actionnaire derrière l'Etat (27%).
La part d'Alcatel-Lucent vient s'ajouter aux 5% que possédait la holding de la famille Dassault.
"Nous ne prenons pas le contrôle de Thales, et je n'en serai pas le patron, car nous sommes liés par un pacte avec l'Etat qui en est le premier actionnaire", a déclaré Charles Edelstenne dans une interview au journal Le Monde publiée mardi.
Interrogé sur le fait que Dassault Aviation soit dispensé de lancer une offre publique d'achat (OPA), il a répondu: "Cela n'a rien d'exceptionnel, puisque nous avons repris le pacte d'actionnaires qui liait Alcatel à l'Etat sans pratiquement en changer un iota. A l'époque, Alcatel avait été dispensé de rachat. L'Autorité des marchés financiers (AMF) l'a donc reconduit pour nous."
Charles Edelstenne a précisé cependant qu'il n'entendait pas non plus rester passif dans son rôle de nouveau partenaire industriel au sein de Thales.
"Nous ne serons pas un actionnaire dormant", a-t-il dit. "Nous serons actifs et vigilants."
RENFORCER DASSAULT DANS LA DÉFENSE
Il a plaidé notamment pour une simplification du mode de fonctionnement de l'électronicien de défense, "un groupe compliqué", afin d'en améliorer la rentabilité.
Le P-DG de Dassault Aviation compte également renforcer la stratégie de coopération dans le naval suivie par Denis Ranque, l'ancien président de Thales, mais exclut l'idée d'une fusion entre les deux groupes.
"Mon entrée dans Thales procède d'une autre démarche qui consiste à faire de Dassault Aviation un des grands opérateurs de la défense en Europe", a indiqué Charles Edelstenne.
A une question sur un possible contrat pour l'avion de chasse Rafale aux Émirats arabes-unis, le P-DG du constructeur aéronautique a refusé de faire un commentaire car les négociations sont toujours en cours.
L'avion de combat de Dassault, qui a jusqu'à présent fait l'objet de commandes seulement de l'État français, pourrait par ailleurs revenir en lice dans l'appel d'offres lancé par l'Inde pour l'achat de 126 appareils, a-t-on appris mardi de source militaire indienne, celles-ci expliquant que le groupe aéronautique a clarifié certains détails techniques.
Ce marché, qui pèse 7,5 milliards d'euros, est le plus gros actuellement dans le domaine militaire.
Charles Edelstenne est également revenu sur la décision de Dassault de se renforcer au capital de Thales alors qu'il semblait l'exclure quelques mois plus tôt.
"Lorsque la question m'a été posée, le dossier Thales n'était pas officiellement ouvert. J'ai donc fait cette réponse pour mettre un terme aux rumeurs persistantes sur le sujet (...) Mais quand trois semaines plus tard, le nouveau président d'Alcatel-Lucent, Philippe Camus, a annoncé son intention de vendre sa part (...), nous nous sommes déclarés. C'est aussi simple que cela."
Interrogé aussi sur la nomination de Luc Vigneron à la tête de Thales contre l'avis du comité interne de sélection, il a répondu que cet avis n'était que consultatif. "La première gouvernance d'une société, c'est le respect de la volonté des actionnaires (...) Luc Vigneron est mon choix comme celui de l'État", a-t-il déclaré.
Edité par Jean-Michel Bélot
Copyright (C) 2007-2009 Reuters
Recevez toutes les infos sur DASSAULT AVIATION en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email