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Carbios : "Carbios est dans le bon sens de l'histoire"

Jean-Claude LumaretJean-Claude Lumaret

(Tradingsat.com) - La société Carbios s’introduit en bourse. Les investisseurs particuliers et professionnels peuvent souscrire à l’opération (code ISIN : FR0011648716 ‐ code mnémonique : ALCRB) depuis le 29 novembre jusqu’au 12 décembre inclus dans une fourchette de prix indicative comprise entre 11,48 euros et 14,03 euros par action. Le groupe compte ainsi lever plus de 10 millions d’euros afin d’« accélérer la révolution verte de la chimie avec des solutions innovantes pour réinventer le cycle de vie du plastique ». Son président-fondateur, Jean-Claude Lumaret, nous explique comment.

Tradingsat.com : Comment se positionne Carbios dans la chimie verte et la plasturgie ?

Jean-Claude Lumaret : Il y a 280 millions de tonnes de plastiques produites annuellement dans le monde, pour 100 millions de tonnes de déchets plastiques collectés. La lenteur de la dégradation du plastique pose un grave problème en milieu naturel. L’émergence d’un « 7ème continent » constitué de microparticules de plastique dans la partie Nord de l’océan Pacifique, illustre l’ampleur de la menace. A défaut d’interdire l’usage du plastique - dont les propriétés physiques en font un matériau non substituable dans bon nombre de cas-, il faut repenser le cycle de vie des polymères en attaquant le problème sous plusieurs angles. On peut tout d’abord (ré)utiliser ces déchets, en les recylant, ou faire en sorte qu’il y en ait moins, en programmant leur autodestruction. Enfin, un troisième axe consiste à produire du plastique à partir de matières premières renouvelables, non issues du pétrole.

Tradingsat.com : Le recyclage des déchets plastiques n’existe-t-il pas déjà ?

Jean-Claude Lumaret : A l’heure actuelle, le recyclage du plastique s’effectue à partir d’un tri sélectif, contraignant, par couleur, les matières collectées étant ensuite broyées. Mais ce processus se heurte à un inconvénient de taille : les traitements mécaniques dégradent les propriétés physico-chimiques du plastique, qui, au bout du compte, traitement après traitement, devient un déchet ne pouvant être réutilisé. C’est pourquoi le biorecyclage de Carbios marque une rupture technologique. Notre bioprocédé innovant permet, au moyen d’enzymes [protéines jouant le rôle de catalyseur dans les organismes vivants, ndlr], de couper les liaisons spécifiques qui relient les monomères entre eux pour dégrader les polymères qui constituent le plastique, afin de les remettre ensuite à disposition d’industriels qui vont fabriquer de nouveaux plastiques... C’est un recyclage à l’infini, qui garde toute la valeur du plastique sans recours au pétrole, et répond à la fois à un enjeu économique et environnemental. Le biorecyclage est le premier pilier du projet Thanaplast, initié en 2012, dont Carbios est le chef de file. Thanaplast réunit des groupes industriels tels que Limagrain, Barbier, Deinove, et le monde de la recherche académique avec l’INRA, le CNRS et l’Université de Poitiers.

Tradingsat.com : Deuxième pilier du projet Thanaplast, la biodégradation des plastiques est-elle aujourd’hui une réalité ?

Jean-Claude Lumaret : Bon nombre de plastiques sont à usage unique. C’est ainsi souvent le cas des films plastiques souples, tels que les sacs en plastiques ou les films de paillage agricole… Le but est de faire en sorte qu’ils s’autodétruisent. Comme pour le biorecyclage, nous utilisons des enzymes, issue d’un accord de collaboration scientifique avec la société Deinove. Nous avons passé un contrat avec elle qui nous donne accès à plus de 6000 souches extrêmement résistantes. En particulier, ces enzymes ont la particularité de résister à de fortes températures. Nous avons ensuite sélectionné celles permettant de dégrader les 10 polymères les plus utilisés dans l’industrie du plastique. Ils sont introduits au moment au moment de la production, dans le corps du plastique. En quelque sorte, c’est à ce moment là que l’on va « régler » l’activité enzymatique fixant le temps d’usage et le délai avant autodestruction. Des premiers résultats probants ont déjà été obtenus en laboratoire par Carbios grâce à des souches capables de dégrader 5 polymères différents.

Tradingsat.com : Enfin, comment faites vous pour produire des polymères à partir de matières premières renouvelables ?

Jean-Claude Lumaret : La bioproduction de plastique constitue le troisième axe de développement de Thanaplast. Dans ce cadre, nous avons une nouvelle fois identifié des enzymes, qui, cette fois, associent les monomères entre eux pour faire du plastique. Malgré un prix encore élevé (par rapport à celui des polymères conventionnels issus des ressources fossiles), l’acide polylactique (PLA) est actuellement l'un des polymères « biosourcés » parmi les plus prometteurs grâce à ses propriétés remarquables, permettant de satisfaire une large gamme d’applications.

Tradingsat.com : Quel est le modèle économique de la société ?

Jean-Claude Lumaret : Il repose sur la vente de licences à des partenaires industriels. Nous n’avons pas pour ambition de construire nous-mêmes des usines. Notre objectif est de développer nos bioprocédes jusqu’à l’étape préindustrielle, dans des pré-pilotes qui donneront lieu à la rédaction d’un mode opératoire, lequel pourra être transmis au partenaire industriel qui sera le plus à même de valoriser au mieux la technologie. Le fait de travailler, depuis la création de l’entreprise en 2011, avec des industriels de premier plan, est forcément un atout pour identifier les applications commerciales à plus fort potentiel. Par exemple, nous venons d’annoncer la signature d’un accord préliminaire avec Suez Environnement dans le domaine de la valorisation et du recyclage des déchets plastiques. Limagrain, qui a déjà sa gamme de plastiques biodégradables est très intéressé par nos bioprocédés pour améliorer ses produits, tandis que Barbier est un leader européen dans la production de films plastiques souples pour l’emballage, l’agriculture et les sacs pour la distribution. Je rappelle d’ailleurs qu’à compter du 1er janvier 2014, les sacs plastiques distribués par les commerçant devront tous être biodégradables. L’évolution de la réglementation démontre aussi que nous sommes dans le bon sens de l’histoire et des priorités environnementales.

Tradingsat.com : A quoi vont servir les fonds levés en Bourse ?

Jean-Claude Lumaret : Les fonds qui seront levés permettront d’une part à la phase de prépilotage de débuter dès le début 2014. Ils serviront aussi, pour la moitié environ, à accompagner jusqu’au bout le projet Thanaplast, compte tenu des engagements, non couverts à ce jour par le CIR et les aides de BPI France. Enfin, ils nous donneront les moyens de poursuivre l’acquisition de technologies, brevets et licence, et de financer des extensions pour développer et licencier des applications complémentaires à celles développées dans le cadre de Thanaplast.

Tradingsat.com : Vos marchés sont porteurs. Est-il possible de les valoriser ?

Jean-Claude Lumaret : Le marché de l’auto-dégradation programmée des plastiques peut être évalué aujourd’hui à 35 milliards d’euros (sacs plastiques, films de paillage, emballages rigides…), et celui du recyclage biologique des déchets plastiques à 15 milliards d’euros, pour des premières licences envisagées en 2016. Le marché de la production de plastiques sans pétrole concerne uniquement aujourd’hui le PLA ; il est estimé à 2,4 milliards d’euros, pour de premières licences prévues en 2017. C’est justement pour prendre des parts significatives de ces marchés mondiaux que notre intention est de concéder nos bioprocédés à des groupes industriels majeurs.

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